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Le Canada, un «corps étranger»? C'est pire que vous pensez!

18/12/2013 12:52 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Pour tout vous dire, ça m'est venu comme ça, l'expression voulant que le Canada apparaissait «de plus en plus comme un corps étranger» dans l'expérience québécoise.

Les journalistes tentaient de me faire tirer des conclusions de cause à effet entre l'appui des Québécois à notre proposition de Charte des valeurs et de la laïcité et le bond, de 33 % à 44 %, de l'intention de vote souverainiste entre deux récents sondages.

Je m'y suis refusé, affirmant comme c'est mon habitude que la volatilité de l'intention de vote souverainiste d'un sondage à l'autre n'est pas significative. J'estime beaucoup plus importante la tendance lourde qui fait en sorte que l'attachement des Québécois envers le Canada s'amenuise, notamment chez les jeunes Québécois. On est en présence d'une «décanadianisation» du Québec et, chez nos voisins, d'une «déquébécisation» du Canada.

Dans son édito du Devoir de samedi, Antoine Robitaille me reproche l'utilisation des mots «corps étranger» pour décrire l'action récente du Canada. Il estime qu'il s'agit d'une «provocation inutile pouvant occulter des réalités qui méritent d'être soulignées et critiquées». Il ajoute qu'il ne faut pas faire la souveraineté «contre le Canada».

J'en suis. La raison de faire la souveraineté est positive: devenir maître de son destin. Mais affirmer qu'elle ne doit être que positive serait, pour reprendre ses propres termes, «occulter une réalité».

Quelle est-elle? Sans revenir au passé - crise d'octobre, imposition d'une constitution contre notre gré, pratiques antidémocratiques pendant les référendums de 1980, puis de 1995, scandale des commandites, etc. - la simple revue des dossiers courants est accablante pour notre voisin canadien.

> La suite et la fin de ce billet sur le blogue personnel de Jean-François Lisée.

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