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Bâillonner un député, c'est ordonner un silence aux citoyens qu'il représente

24/09/2014 02:34 EDT | Actualisé 24/11/2014 05:12 EST

La préoccupation première des citoyens et des citoyennes de ma circonscription, c'est d'être entendu, d'être bien défendu et de savoir que leur député parle en leur nom à Ottawa et non pas au nom d'un quelconque parti politique. Imposer des structures centralisatrices est, selon moi, un affront à la démocratie représentative et enlève le pouvoir aux citoyen(ne)s.

Depuis que je siège à la Chambre, à plusieurs reprises, je me suis senti bâillonné et frustré de voir les structures imposées par mon parti venir limiter les députés dans leur travail. Rapidement, j'ai constaté que tous les partis présents à Ottawa avaient la même ligne de conduite réductrice et néfaste pour la crédibilité de nos institutions.

Sous le couvert de la ligne de parti et de la discipline, les chefs et leur garde rapprochée qui sont non élues ont un pouvoir disproportionné sur les activités des parlementaires. Comme le dit mon collègue Jean-François Fortin, «Alors que nous sommes élus pour représenter les citoyennes et citoyens de notre circonscription respective, le pouvoir est de plus en plus concentré au sein de «l'establishment» des partis politiques, d'une clique qui entoure les chefs». Cette situation donne lieu à du chantage en ce qui concerne les prises de parole en chambre. Les députés qui ne sont pas dans les bonnes grâces ou qui ne font pas partie du calcul politique sont intentionnellement laissés de côté. Il en résulte que le député ne peut plus servir pleinement les intérêts des citoyens qu'il représente. Cette situation qui met à mal nos institutions démocratiques et qui brime le bon fonctionnement de notre système démocratique ne peut plus durer.

Il faut remettre les pendules à l'heure et retirer à «l'establishment» des partis le pouvoir arbitraire que ces derniers ont de tasser les député(e)s pour des raisons de calculs politique qui contribue au désengagement du citoyen dans les affaires politiques.

Il faut trouver une nouvelle façon d'attribuer les prises de paroles en chambre, les présences sur les comités, les votes, les façons de déposer des projets de loi et les motions afin de donner la capacité au parlementaire d'agir selon les aspirations de leurs populations et non pas selon les humeurs et les ambitions des chefs et de leur garde rapprochée.

Ma volonté est de travailler et de me battre pour les citoyen(e)s de Repentigny. De trouver des solutions à leurs problèmes même si cela veut dire d'aller à l'encontre des lignes de mon parti. La dissidence devient assurément une option devant l'injustice.

C'est donc pour ces raisons que j'ai décidé d'appuyer la motion de Jean-François Fortin, afin que la voix de mes citoyens soit finalement entendue à sa juste valeur à Ottawa.

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