LES BLOGUES

Le coût de l’arrogance à Québec

Le maire Labeaume semble cynique face à ses propres citoyens et mérite peut-être des vacances prolongées afin de se remettre les idées en place.

03/08/2017 09:00 EDT | Actualisé 03/08/2017 09:00 EDT
AFP/Getty Images
Après une dizaine d'années comme premier magistrat de la ville, le maire sortant tombe aujourd'hui dans la facilité de l'arrogance et du mépris pour régler ses dossiers.

L'un des aspects que je préfère dans la course à la mairie actuelle est de rencontrer mes concitoyens et discuter avec eux de la ville dans laquelle ils souhaitent vivre. J'entends plusieurs bonnes idées, passant du petit changement de signalisation au coin de la rue à de grands projets sollicitant la ville entière. On pense parfois à tort que le porte-à-porte est une corvée, mais pour moi c'est un moment de ressourcement complet et un retour à la base stimulant.

Dans cet exercice, l'argument qui revient le plus souvent est une volonté marquée d'un retour du respect à l'Hôtel de Ville de Québec. Après une dizaine d'années comme premier magistrat de la ville, le maire sortant tombe aujourd'hui dans la facilité de l'arrogance et du mépris pour régler ses dossiers. Terminée l'époque du maire gouvernant pour sa population, on vit maintenant les soubresauts d'une administration usée qui se cherche une raison d'être depuis quelques mois déjà.

Un échec qui laisse des traces

J'y reviendrai dans un prochain texte, mais la chute du projet de Service Rapide par Bus (SRB) a donné un grand coup dans la motivation apparente de l'administration Labeaume. Il semblerait qu'aujourd'hui, toute contestation se conclut par des grognements du maire, des réponses courtes et agressives, ainsi qu'une fermeture nette aux avis contraires. Malgré des consultations bidon, supposément destinées à revoir l'avenir du transport en commun dans la ville, les citoyens voient clair dans le jeu du maire. L'écran de fumée a assez duré, surtout qu'il est clair que le SRB verra le jour suivant une hypothétique réélection du maire sortant.

Or, cette culture du mépris a un coût pour les citoyens de la ville. Les coûts apparents sont facilement identifiables, comme lors de coûteuses batailles judiciaires contre nos propres pompiers ou cols blancs par exemple. On se rappellera aussi de l'attitude dégradante du maire envers un groupe d'entrepreneur dans le dossier de la vente du Concorde, l'un desquels Régis Labeaume traitait de criminel sur la place publique sans preuve à l'appui. La liste est longue et débute dès 2007, mais je vous en épargnerai la liste complète, puisque je risquerais de manquer de papier virtuel!

Ce qu'on ne voit pas

Toutefois, ce qu'on ne considère pas suffisamment est le coût caché de cette attitude arrogante pour les citoyens de la ville. Il est impossible d'en avoir la réponse exacte, mais combien de projets de qualité auront échoppé sur l'autel de la suffisance du maire sortant? Combien de partenariats foncièrement positifs ne verront jamais le jour parce que Régis Labeaume n'en avait simplement pas envie? Regardons quelques exemples pour mieux en saisir l'ampleur.

Dans le dossier du SRB jadis si cher au maire sortant, la clé de voûte était clairement une collaboration quotidienne avec la ville de Lévis, qui était de prime abord positive face au projet. Quelques mois plus tard, le projet échoppe et une douche froide coule sur la région. Depuis, la collaboration régionale en prend pour son rhume.

Dans le dossier du pont de Québec, le maire a tenté en vain de forcer le Canadien National (CN) à peinturer cette infrastructure en manipulant l'opinion publique contre elle. Après des années à en parler, rien n'avance dans le dossier et le CN est échaudé, lui qui est un partenaire majeur pour l'économie de la ville.

Dans ses relations avec les médias, le maire est allé très loin dans le passé et s'est attiré la foudre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Cette relation parfois tendue a créé un climat malsain dans lequel la méfiance s'est installée à travers le temps. Ce climat s'est aussi répandu dans la classe des gens d'affaires de la ville qui, eux aussi, hésitent à critiquer le maire sortant publiquement sous peur de représailles.

Je crois à une ville gérée sainement, avec fermeté, respect et justice. J'aspire à redonner à tous les citoyens la place qu'ils méritent dans la gestion de la ville.

Vers une ère nouvelle

Laissez-moi vous présenter une version alternative du futur sous une administration Gosselin. J'ai grandi dans le sport et l'entrepreneuriat et il est dans ma nature propre de travailler en équipe. Une ville aussi grande et dynamique que Québec ne peut pas être contrôlée d'une main de fer en tout temps. La négociation d'égal à égal, l'écoute et le respect sont de mise.

Si je suis élu en novembre prochain, je réinstaurerai à la mairie un climat propice à la collaboration. Les employés municipaux ne seront jamais la cible d'insultes ou de critiques injustes sur la place publique. Les entrepreneurs de la ville auront une oreille attentive et l'heure juste avec mon équipe. Les membres de mon administration auront comme tâche première de garder un dialogue ouvert et positif avec leurs concitoyens en tout temps, quel que soit l'enjeu.

Le maire sortant semble cynique face à ses propres citoyens et mérite peut-être des vacances prolongées afin de se remettre les idées en place. De mon côté, je suis chargé à bloc et j'aspire à relever les défis de notre belle ville dans un modèle de gestion moderne orienté sur les résultats.

Je crois à une ville gérée sainement, avec fermeté et justice. J'aspire à redonner à tous les citoyens la place qu'ils méritent dans la gestion de la ville. Certaines négociations seront ardues, des débats auront lieu et tout ne sera pas toujours rose. Par contre, mon attitude face à l'adversité restera positive et constructive, c'est une promesse inébranlable que je fais aux citoyens de la ville.

Lors de l'élection, donnons-nous le choix d'une administration respectueuse et efficace. Fini la peur, la méfiance et l'arrogance, il est temps de retrouver le sourire et abattre le travail avec courage et fierté!

LIRE AUSSI
»
BLOGUE Pourquoi un troisième lien est incontournable à Québec