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Avec autant de décrochage scolaire, qui paiera nos rentes dans le futur?

14/02/2014 01:23 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

À peine 50 % de nos enfants réussissent leur 5e secondaire dans le nombre minimal d'années. Notre système scolaire actuel, avec sa pédagogie éclatée, ne peut arriver à faire mieux, car la relation d'éducation est déficiente à la base et se rétrécit comme peau de chagrin avec le temps.

Les études démontrent que les gens n'ayant pas de 5e secondaire ont généralement une espérance de vie plus courte, gagnent moins d'argent et paient moins ou pas d'impôt. En fait, la majorité de ces derniers vont aussi retirer une rente de «survie», car leur peu de scolarité les met dans des positions précaires. Ils ne peuvent lire et comprendre les instructions pour leur médicament, ne peuvent s'informer par des documents ou des imprimés, ou alors, tout simplement, ils n'arrivent pas à bien comprendre ce qu'ils lisent. Ils se replient sur eux-mêmes et évitent les situations problématiques. À l'école, ils se faisaient dire que lire plus souvent les aiderait à s'améliorer. Ils vont avoir des enfants qui n'ont pas beaucoup d'espoir de faire mieux que leurs parents. Nous entrons dans un cycle destructeur de notre avenir: l'analphabétisation de nos enfants.

Les enseignants et leurs syndicats devraient s'engager dans une nouvelle réorientation de leurs obligations: être efficient dans l'apprentissage de leurs élèves en enseignant comment apprendre à apprendre. Ce thème du MELS date du début des années 80 et est très documenté. Nous reprochons aux élèves de ne pas lire beaucoup, mais que penser des enseignants qui ne connaissent peu ou prou les courants pédagogiques, car ils ne lisent pas, ne s'intéresse pas à l'outil de leur travail... Pourtant, les exemples foisonnent.

Qui n'a pas entendu dire: « J'ai rencontré un enseignant extraordinaire qui m'a fait débloquer»? À l'opposé, combien de fois ai-je entendu: «L'enseignant ne veut rien savoir et il punit tout le temps»? Un mauvais enseignant va diriger combien d'enfants vers l'abandon scolaire, alors qu'il aurait pu continuer et faire son secondaire, gagner plus d'argent et payer notre future retraite. Il y a un vice de procédure dans le système et il cause un tort irréparable. On garde un mauvais enseignant qui va nous empêcher d'avoir le droit à une rente.

Tous les discours nous racontent l'importance des parents pour l'éducation et l'instruction de nos enfants. Comme notre système produit deux personnes analphabètes fonctionnelles sur cinq (40% des enfants), alors comment penser qu'ils seront des acteurs positifs dans l'apprentissage de leurs enfants. Ils ont vécu «l'enfer et le rejet» à l'école et ils n'attendent rien ou peu de l'école par rapport à l'instruction de leurs enfants.

Dans le cadre de son doctorat, Marc St-Pierre, DG adjoint à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord, a instauré une méthode pédagogique efficiente en apprentissage de la lecture à la maternelle et 1ère année primaire. Le taux de prévision d'échec à la fin de la 1ère année est passé de 38% à 9 %. Et pourtant, ce sont les mêmes élèves et les mêmes enseignants. Nous pouvons sans l'ombre d'un doute dire que les enseignants n'avaient pas en leur possession les outils nécessaires à faire réussir leurs élèves: leur formation universitaire ne répond pas aux besoins de réussite de leurs élèves.

En 2011, le MELS a changé un règlement pour la durée de passation des examens. Plus besoin de l'avis d'un orthopédagogue ou d'un psychologue pour dire qu'un enfant à une «...lexie» quelconque et qu'il a besoin de plus de temps pour passer son examen. Tout enseignant qui se rend compte que si un enfant à plus de temps et qu'il aura un meilleur résultat, alors l'enfant a droit à 1/3 de plus de temps pour passer son test. Mais cela n'est pas accepté partout, même si la loi a été changée. Pas facile de travailler pour la réussite de nos enfants.

Je termine en parlant de la Conception universelle de l'apprentissage. Dans un texte tiré de la revue Rendez-vous Congrès 2013, AQETA, je vous cite un passage que je trouve éclairant:

Simplifions plutôt l'accès à nos services. Développons sans attendre un modèle qui encourage une pédagogie riche et accessible à tous. Encourageons nos clients à se voir comme des êtres autonomes et fonctionnels n'ayant pas besoin d'avoir recours à de l'assistance. Devenons des «facilitateurs» d'accès et non les cerbères de systèmes complexes et assujettissants. Faisons de la sensibilisation et la transformation du milieu notre mission première.

Le classement des écoliers qui lisent le plus, selon le Programme international de recherche en lecture scolaire (PIRLS)


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