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Mike Gravel, producteur de pot à 87 ans

Depuis deux ans, Gravel est le PDG de Cannabis Sativa, une cie cotée en bourse qui se donne pour mission de produire la meilleure qualité possible de cannabis.

12/11/2017 08:00 EST
Brian Snyder / Reuters
Maurice Robert Gravel, alias Mike Gravel, a été candidat à l'investiture du Parti démocrate. On l'a vu débattre avec Barrack Obama et Hillary Clinton

En 2008, à 78 ans bien sonnés, Maurice Robert Gravel, alias Mike Gravel, a été candidat à l'investiture du Parti démocrate. On l'a vu débattre avec Barrack Obama et Hillary Clinton. Bien avant cette élection historique, il avait été sénateur de l'Alaska, de 1969 à 1981 (eh oui, he saw Russia long before Sarah...).

Sa longue carrière politique a été lancée sur les chapeaux de roues, dans les années 70, avec les révélations sur «les papiers du Pentagone», les mensonges de l'administration Nixon sur la Guerre au Vietnam.

Pacifiste convaincu, il s'est attaqué au complexe militaro-industriel. Il soutient la création d'un État palestinien indépendant, était contre l'invasion de l'Irak et il veut une nouvelle enquête sur le 11 septembre.

Écolo de la première heure, il est pour Kyoto (ou ce qu'il en reste!) et une taxe sur le carbone comme notre p'tit rat vert de Sillery, disparu depuis à Berlin, pays de son beau-père, ancien soldat nazi.

Gravel rêve d'un programme universel de soins de santé (comme le modèle canadien? ) et, comme notre ami Drainville anciennement, il est pour la tenue de référendums d'initiative populaire.

Ardent défenseur de l'avortement et du mariage gai, sujets toujours problématiques dans l'Amérique profonde, il est, à 87 ans bien sonnés, en faveur de la légalisation de la marijuana « qui n'est pas différente du gin et du whisky».

Depuis deux ans, Gravel est le PDG de Cannabis Sativa, une cie cotée en bourse qui se donne pour mission de produire la meilleure qualité possible de cannabis. Trudeau peut aller se r'habiller.

Maurice Robert Gravel est né le 13 mai 1930 à Springfield, Massachusetts, dans une famille franco-américaine, troisième de cinq enfants. Son père Alphonse (1897-1966) était peintre en bâtiment.

« Mes deux parents ont migré séparément au Massachusetts au début des années 1920, où les perspectives d'emploi semblaient brillantes. Ils se sont rencontrés, courtisés et mariés à South Bridge, Massachusetts.»

« J'ai fréquenté une école catholique de langue française et j'ai doublé ma troisième année en raison de problèmes de lecture ». Jusqu'à l'âge de 7 ans, Mike n'a parlé que français. Comme Jack Kerouac. Et il a parlé français toute sa vie avec sa mère. Comme Kerouac avec sa mémé.

«Mon père a reçu une éducation très modeste au Québec, au Canada, où la culture catholique agraire dictait de grandes familles. Les enfants devaient contribuer très tôt au bien-être économique de l'unité familiale. Mes frères et sœurs et moi devons notre éthique de travail à l'incitation et à l'adhésion de notre père à cette culture canadienne.

«Ma mère, Maria, aussi canadienne-française, a eu la chance de compléter son secondaire et, avec une grande fierté et un grand sacrifice, elle avait l'intention de donner une éducation adéquate à ses enfants.

Après son service militaire en Allemagne, Mike réussit péniblement un baccalauréat en économie à Columbia. Pas évident pour un dyslexique.

Sans emploi, il met le cap sur l'Alaska. Il est serre-frein sur les chemins de fer, puis connaît un peu de succès dans l'immobilier. En 1959, il épouse Rita Jeannette Martin, Miss Fur Rendevous of 1958, qui lui donnera deux enfants. S'amorce alors sa vie politique qui le mènera au Sénat et à candidature pour la présidence en 2008.

De Macé au Massachusetts

Normand ou Breton, on ne connait pas le lieu de naissance de l'ancêtre, Joseph Masse Gravel dit Brindeliere, (1616-1686), arrivé à Québec en 1641, au moment où la Nouvelle-France ne comptait que 241 colons (les colonies anglaises de la Nouvelle-Angleterre en comptaient déjà 50,000; ce chiffre ne sera atteint pour la Nouvelle-France qu'à la fin de son histoire, vers la moitié du 18e).

L'ancêtre, Joseph-Macé Gravelle dit Brindelière (1616-1686), arrive sur la Côte-de-Beaupré vers 1641. Il venait de Bretagne, de Normandie ou du Perche? On ne sait pas vraiment. Mais c'était plus nord-ouest que Corse ou Provence. Le gros des hommes venait du nord-ouest alors que la majorité des femmes venaient de Paris ce qui explique que, très tôt dans la colonie, tout le monde a parlé français alors qu'en France, il y a fallu attendre la Guerre de 14, pour faire de la langue de Molière la véritable langue nationale. Et Sarko pour faire de l'anglais la langue des Parigos...

On ne connaît pas non plus la date de naissance de Gravel. Quant à son surnom, on devine que Joseph-Macé devait être assez mince, voire gros comme un brin d'herbe.

En 1644, il épouse Madeleine Tavernier (1625-1697), âgée de 17 ans, qui lui donnera 12 enfants, dont le premier couple de jumeaux en Nouvelle-France; des jumelles en fait : Elisabeth et Marguerite. L'aîné mourra étouffé dans son lit, mais les 11 autres se rendront à l'âge adulte.

Le sénateur américain descend de Claude (1662-1724) dont le fils Jean-Baptiste (1691-1733) est allé s'établir à l'île Jésus. Par la suite, les Gravel se sont déplacés vers Berthier avant de partir pour le Massachusetts au début du 20e siècle.

Lignée paternelle de Mike Gravel

GRAVEL, Alphonse (1897-1966)

BOURASSA, Maria (1901-1974)

Mariés 1925, Southbridge, Massachusetts

GRAVEL, Alfred (1864-?)

LAFOND, Georgiana

m. 10 novembre 1882, Berthier

GRAVEL, Bernard (1823-?)

LAFONTAINE, Henriette

m. 24 octobre 1848, Berthier

GRAVEL, Vincent (1795-? )

LA FOURNEL, Marie Adelaide

m. 20 mai 1817, Ste-Rose, Ile Jésus

GRAVEL, Pierre-Marie (1762-1834)

HOGUE, Marie-Josèphe (1765-1813)

m. 21 octobre 1782, St-Vincent-de-Paul, Montréal

Pierre-Marie a eu 8 enfants avec Mariè-Josephte, et 8 autres avec sa seconde épouse)

GRAVEL, Joseph (1723-1799)

VANDANDAIGUE, Marie-Anne

m. 26 novembre 1753, St-François-de-Sales, Ile Jésus

(Le couple aura 11 enfants, dont 4 morts-nés)

GRAVEL, Jean-Baptiste (1691-1733)

GRATON, Dorothée (1700-1724)

m. 7 novembre 1718, St François-de-Sales, Ile Jésus

GRAVEL, Claude (1662-1724)

CLOUTIER, Jeanne (1668-1744)

m. 4 février 1687, Château-Richer

(Le couple a eu au moins 9 enfants)

GRAVEL dit Brindeliere, Joseph Masse (1616-1686)

TAVERNIER, Marguerite (1625-1697)

m. 1 mai 1644, Québec

Jacques Noël est l'auteur du livre La Diaspora québécoise (Édition GID).