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Comment notre diaspora a atteint les plus hauts sommets (partie 2)

Notre diaspora atteint les plus hauts niveaux. Hélas on en est complètement coupé.

10/09/2017 08:00 EDT | Actualisé 15/09/2017 14:10 EDT
Kevork Djansezian / Reuters
Angelina, qui tient son célèbre prénom de son arrière-grand-mère québécoise, Angélina Leduc.

Jean Bertrand (1652-1709) épouse en 1685 Marguerite Tessier, une fille de Charlesbourg, 16 ans à peine. La famille passe près d'un siècle à Québec avant que François (1750-1813), l'arrière-petit-fils, n'aille s'établir à L'Assomption. Quatre autres générations plus tard, Léon (1823-1893) et son frère Eusèbe partent pour l'Illinois. Aglaé Perrault, la femme de Léon, va les rejoindre un peu plus tard avec les six marmots (le couple aura 17 enfants!).

Après cinq ans de durs labeurs, c'est la catastrophe: Léon apprend que la terre sur laquelle il survit ne lui appartient pas. Il devra tout recommencer à zéro. Épuisé, Eusèbe rentre au Québec, à St-Jacques-de-Montcalm (rappelons qu'un tiers des Québécois qui ont émigré aux É.U. sont revenus). Mais Léon reste. Son petit-fils Georges (1889-1962) est le grand-père de Marcheline Bertrand (1950-2007), la mère d'Angelina Jolie, la plus grande star d'Hollywood en ce début de 21e.

Angelina, qui tient son célèbre prénom de son arrière-grand-mère québécoise, Angélina Leduc (1894-1981) de Sainte-Anne-de-la-Pérade (la femme de Georges qu'elle a connue), a appelé son dernier fils, né en France, Leon George du nom de ses papys québécois. Et comme Madonna, ses nombreux enfants parlent tous français.

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Maître de forges dans les Vosges, Pierre-François Olivier débarque à Québec en 1735 avec le mandat d'examiner l'état des forges du Saint-Maurice qui sont à l'abandon depuis la mort du premier propriétaire, François Poulin. Il croit pouvoir rendre le projet viable en utilisant un nouveau procédé de réduction du minerai de fer.

Olivier a de gros projets, mais de p'tits moyens. Les travaux avancent lentement et coûtent plus cher que prévu (nos ingénieurs n'ont rien inventé, Mme Charbonneau!). Le tout se termine dans la faillite en 1741. Bien connecté à la cour royale, il est nommé grand voyer en Louisiane (les Libéraux n'ont rien inventé, Mme Charbonneau).

Véritable étalon, le Vézin aura 29 enfants de quatre femmes différentes. Starbuck, c'est lui.

Il part pour le sud avec sa femme, Joseph Gatineau Duplessis (1720-1776?), une Trifluvienne de la troisième génération, leur fille Charlotte et leur fils Hugues (1748-1815) dit le Vézin. Véritable étalon, le Vézin aura 29 enfants de quatre femmes différentes. Starbuck, c'est lui.

Son fils Pierre-Louis (1783-1840) en aura neuf de sa première femme qui mourra à 29 ans; son petit-fils Charles (1816-1876) seize avec Charlotte Bérard, dont Charles (1850-), le père de Marie Olivier qui épousera, en 1900, à Abbeville, Louisiane, Alexandre Beyincé, l'arrière-grand-père de BEYONCÉ GISELLE KNOWLES, la reine du R&B, l'une des plus grandes stars de la planète présentement.

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Charles Gilbert Dupuy dit Braman débarque à Québec, avec son frère Jean Dupuy dit Braman, le 8 août 1737, à bord du Jason, parti de Rochefort deux mois plus tôt, malades comme des chiens après une dure traversée. Ils ont dû être hospitalisés à l'Hôtel-Dieu quelque temps pour reprendre leurs forces.

Les Dupuy traînent un dossier criminel : ils ont été condamnés à l'exil -là où les hivers sont vraiment longs- pour cause de faux saunage. Le sauna... qui n'a absolument rien à avoir avec quelque forme que se soit d'homosexualité. C'est une banale histoire d'évasion fiscale, vieille comme le monde.

Le sel, essentiel pour conserver les aliments, était taxé. Mais la taxe, appelée gabelle, variait d'une région à l'autre. Le faux saunage consistait à acheter du sel dans un endroit moins taxé et à le revendre dans un autre plus taxé. Marché noir 101. Comme le Berry faisait partie du « Grand Party » (les régions les plus taxées du royaume), les Dupuy faisaient le lucratif trafic du sel.

En 1741, Gilbert Charles dit Dupuis (le nom de Braman a sauté; le nom de Dupuis sautera à la troisième génération si bien que c'est le prénom de Gilbert qui deviendra le nom de la famille) épouse, à Sainte-Foy, Marie-Angélique Brunet, une Canadienne de la quatrième génération.

Le couple part pour St-Joseph-de-Beauce la même année. En 1749, Gilbert est marguillier; faut croire que Dieu lui a pardonné... Le faux-saunier mourra en 1767.

Ses descendants, qui garderont le nom de Gilbert, prospéreront au pays des Jarrets noirs jusqu'au départ d'André Gilbert pour Winnipeg. Partie peaufiner son anglais là où les nuits sont longues, Andrée rencontre Brian Toews, un modeste électricien, un homme branché s'il en est sur ses Prairies profondes. Andrée n'est jamais revenue dans sa Chaudière natale, sauf pour les Fêtes et les vacances en été. Leur fils, Jonathan Toews, sacré le meilleur joueur de hockey au monde en 2012, est toujours l'un des meilleurs aujourd'hui, et parle français couramment.

Jacques Noël est l'auteur du livre La Diaspora québécoise (Édition GID).

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