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Célébrons la victoire de Charlie Hebdo et la liberté d'expression (Partie 2)

08/01/2016 10:46 EST | Actualisé 08/01/2017 05:12 EST

PARTIE 1Célébrons la victoire de Charlie Hebdo et la liberté d'expression

PARTIE 2

«Mettez le bonheur dans la liberté et la liberté dans la vaillance» (Thucydide).

Les intégristes et théocrates musulmans ont voulu introduire à l'ONU le crime de sacrilège (crime que Charlie Hebdo paya de 12 vies). Ils auraient ainsi abrogé ou amputé l'article 19 de la Déclaration des droits de l'homme de l'ONU de 1948, ainsi que l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme de 1950. Ils échouèrent. En plus, le tirage de Charlie Hebdo passa 10 000 à 220 000 abonnés. Hélas, la crainte crée l'autocensure et de nombreux caricaturistes, tel le québécois Chapleau, n'osent rien dessiner contre l'Islam en donnant un visage à Mahomet ou à Allah. La terreur crée l'autocensure et la peur. Il faut donc les combattre, publier des critiques contre les religions, et contre l'Islam en particulier, car cette religion, dictatoriale dans ses textes et en de si nombreux pays, égorge sur trois continents. À la différence de l'histoire occidentale, les «bons» musulmans n'ont jamais été capables de vaincre le fascisme religieux. Tout repli est donc une régression, une défaite. Comme disait Churchill à l'endroit des temporisateurs face à Hitler: «Vous voulez sauver la paix en sacrifiant votre honneur. Bientôt, vous aurez perdu les deux».

Au Québec, on laisse, sans soutien public, des défenseurs de la liberté d'expression (Mmes Benhabib, Mailloux et M. Cristea et d'autres) subir des procès-bâillons pour avoir dénoncé les tartufferies de certains musulmans ou pour avoir simplement signalé leur présence dans un marché. $70 000 de frais judiciaires pour l'un d'entre eux et pour l'autre $7000 en dommages et intérêts. Pourtant, la jurisprudence européenne du 7 décembre 1976, no 5493/72, Handyside vs Royaume-Uni) affirme:

«La liberté d'expression vaut non seulement pour les «informations» ou «idées» accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent: ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de «société démocratique». (Wikipédia).

La liberté d'expression est menacée par notre compromission avec les credo. Ils veulent figer, geler notre caractère que le poète Gilles Vigneault a si bien défini: «Gens de parole et gens de causerie». Qu'est notre identité sans notre voix, notre voix impertinente, dérangeante et sacrilège? À l'Université Laval un jour, un conférencier invité et fort couru car la salle était comble affirma: «Dieu est étron. Il est l'exécré». La salle en était assommée!

Il est faux de penser qu'on va vaincre le fascisme religieux islamiste uniquement par des drones et des frappes aériennes. Il faut le vaincre par la liberté d'expression, par le sacrilège envers les credo religieux. Pourquoi? Pour démontrer que la liberté occidentale n'est pas veule. Ensuite, pour affirmer que l'option métaphysique religieuse n'est qu'une opinion, et une opinion fausse aux yeux de la science moderne (cf. les ouvrages du biologiste darwinien Richard Dawkins). Elle n'a droit à aucun respect. C'est la personne qui a droit au respect le plus scrupuleux. Attaquer la religion musulmane n'est donc ni du racisme, ni de l'intolérance, ni de la xénophobie, ni du repli sur soi. C'est affirmer que le Coran est plein d'immondices misogynes, violentes et homicides et qu'il est incompatible avec la philosophie des Lumières, fondatrices de la modernité et de nos États démocratiques. Ce n'est pas dans le cours ECR que nos enfants l'apprendront. Pour être restés aussi ignorants que ces pauvres enfants, nos députés de l'Assemblée nationale du Québec votèrent le 2 octobre 2015 une motion unanime «contre l'islamophobie». Ce Québec officiel ignorant est indigne de sa jeunesse plus instruite que lui.

Bien évidemment existent des musulmans dits modérés, dits démocrates, dits gens de bon cœur et de bon sens. Ils ont parfaitement le droit de vivre, comme les Juifs et comme les chrétiens, leur foi discrète, intériorisée et existentielle, dans leurs lieux de culte respectifs. Ce droit-là est une légitime liberté d'expression de la croyance. En tant qu'athée, je la défendrai, car la religion, disaient déjà les anciens Grecs si lucides et si brillants, naît de la crainte de la mort. Or, l'athéisme constate que notre vie humaine, si brève, est coincée entre deux néants indépassables. Le croyant pense le contraire, espère une vie plus heureuse que celle d'ici-bas. Grand bien lui fasse s'il a raison. Et ce n'est pas à l'athée que je suis de lui enlever cette espérance sans fondement. Elle fait partie de sa liberté et imagination intimes, de sa liberté d'expression personnelle et respectable.

Cependant, un pays vit d'une culture commune. Elle ne peut d'évidence être religieuse à cause de l'irréductible diversité des choix métaphysiques humains. Le Liban éclaté le prouve, de même que la montée du Front national en France et les graves troubles du vivre ensemble en Europe. Voilà pourquoi les religions doivent renoncer à toute forme de communautarisme et les lois veiller à l'empêcher comme on le fait contre le tabagisme ou la malbouffe.

Les croyants doivent adhérer à la culture démocratique commune et, dans le cadre citoyen, uniquement humaniste. Nous devons affirmer haut et fort que la loi des hommes et des femmes libres, égaux et démocratiques a préséance sur la loi de Dieu, quels que soient ses représentants traditionnels ou autoproclamés. Nous vivons dans un pays avant d'aller au Ciel. Un pays moderne a ses lois qui ne sont pas celles du Ciel. Que ceux pour qui le Ciel prévaut s'abstiennent d'aspirer à gérer nos pays et se contentent de gérer leur vie. La liberté confinée des croyants protège les libertés de tous puisque la mal nommée liberté de religion est largement utilisée à des fins liberticides. En outre, elle n'est qu'une sous-catégorie de la liberté d'expression, modulable par la loi comme le sont toutes les libertés.

Voici les moyens désastreux qui limitent la liberté d'expression: «la limitation de circulation des personnes qui veulent en rencontrer d'autres, le blocage ou la destruction de moyens de communication, le blocage des circuits de diffusion commerciale de la pensée, le harcèlement juridique (ou procès bâillons), le harcèlement policier, le piratage informatique, les blocages de financements de la publicité ou des gouvernements, les arrestations arbitraires, les assassinats, les enlèvements et les chantages de toute nature» (Wikipédia). En revanche, la liberté d'expression ne doit être interdite qu'en cas de diffamation (calomnie), appel à la haine et au crime, la violation du secret professionnel et de la vie privée, l'exposition antipédagogique devant des mineurs. Sur sa frange, licite, mais problématique: l'appel à la désobéissance civile.

Les solutions favorisant les progrès de la liberté d'expression seraient :

  1. Ériger l'Information au même rang, statut, importance et privilège que la Justice. Ériger donc le journalisme au même niveau constitutionnel que la Magistrature, avec pouvoir d'enquête en toute entreprise privée et institution publique sur tous les aspects de leur activité touchant l'intérêt public.
  2. Lever le «devoir de réserve» pour tout fonctionnaire, employé d'entreprises, à l'égard de toute irrégularité, malversation ou dysfonctionnement, voire sur d'autres choix alternatifs d'action ou de travail.
  3. Affirmer le principe que la vie privée doit être respectée en même temps que rendus publics les actes des citoyens qui ont un intérêt public.
  4. Affirmer le principe que seul le citoyen a droit au respect, non son opinion ou sa croyance.
  5. Obliger toute municipalité à se doter d'un MIM (mensuel d'information municipale) doté d'une libre tribune d'opinion libre sur la gestion de la vie municipale et les activités sur son territoire.

Vive la liberté d'expression étendue, renforcée et indomptée!

HOMMAGE SUR LES BLOGUES À CHARLIE HEBDO

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