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Résister aux épidémies, c'est possible

La peur d'une nouvelle épidémie fait partie de notre condition humaine.

09/09/2017 08:00 EDT
Getty Images/iStockphoto
Plusieurs pensent que les moyens les plus efficaces pour enrayer une épidémie sont la vaccination ou l'antibiotique et ils ont raison.

La peur d'une nouvelle épidémie fait partie de notre condition humaine. L'histoire est fertile en exemples tous plus horrifiants les uns que les autres. On n'a qu'à se rappeler les épidémies de peste, de variole, de grippe espagnole, de lèpre, de l'arrivée du SIDA à la fin des années 1970, et plus récemment du SRAS. Puis aux débuts des années 2003, on nous annonçait l'apparition d'un nouveau virus aux États-Unis. Il s'agirait d'un virus de la variole du singe (orthopoxvirose simienne ou orthopox monkey). Heureusement, ce virus surtout confiné dans le bassin du Congo et en Afrique de l'Ouest. (http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs161/fr/), n'a pas réussi à provoquer d'épidémies. Que faire ? Il semble que de rester à la maison, barricader portes et fenêtres et n'entrer en contact avec aucun humain, aucun volatile et aucun insecte n'est pas la meilleure solution.

Première consigne: connaître l'ennemi

On les appelle aujourd'hui : micro-organismes. Anciennement, on parlait de microbes. Il en existe de plusieurs types, des bactéries (exemple : la pneumonie par pneumocoques), des virus (exemple : la grippe), des prions (exemple : la maladie de la vache folle), etc. Ces micro-organismes invisibles à l'œil nu ont ceci en commun qu'ils peuvent nous rendre malade. Ils sont donc pathogènes. Tous les micro-organismes ne sont pas pathogènes. Certains sont très utiles, voire essentiels à notre vie. Ainsi, une bactérie de type E.Coli (abréviation de Escheria Coli) se retrouve en abondance dans notre gros intestin. Ce type de E.Coli récupère une grande partie de l'eau présente dans nos selles. Sans ces bactéries, les selles seraient liquides et nous mourrions complètement déshydratés. Par contre, un autre type d'E. Coli va produire l'effet inverse. Si on ingère une viande qui en contient, c'est une gastro-entérite assurée! C'est ce qu'on appelle la maladie du hamburger. Comme vous voyez, il y a donc de bons et mauvais micro-organismes et certains peuvent être bons à un endroit (exemple : les E.Coli dans les intestins) et mauvais à un autre (exemple : les E.Coli dans l'assiette). Comment donc se prémunir contre les pathogènes ?

Première règle: être en bonne condition physique

Notre organisme est normalement équipé pour lutter assez efficacement contre les micro-organismes. Sauf exception, nous avons tous un système immunitaire qui, dans de bonnes conditions, détruira ces envahisseurs dès leur apparition. Mais si nous sommes épuisés ou mal alimentés (trop ou pas assez de nourriture), ce système sera moins efficace et les pathogènes ne seront pas détruits. Supposons 10 personnes dans une pièce, entre un onzième visiteur qui souffre d'une forte grippe. Il tousse et éternue durant toute la soirée. Toutes les 10 personnes auront donc été en contact avec le virus de la grippe. Pourtant, toutes ne contracteront pas la maladie. Ceux qui sont en bonne forme physique et bien reposés ont un maximum de chance de bien résister au virus et de ne pas contracter la maladie.

Deuxième règle: la vaccination

Un calendrier de vaccination à jour demeure un moyen des plus efficaces pour se prémunir des maladies pour lesquelles il existe un vaccin (exemple : la variole, la rougeole, la diphtérie, etc.) et même contre les maladies pour lesquelles il n'existe pas de vaccins. En effet, les micro-organismes ont cette particularité de souvent s'avérer opportunistes. Par exemple, une personne souffrant de la grippe sera plus vulnérable et un pneumocoque peut tirer profit de cette faiblesse pour s'introduire dans le système respiratoire de cette personne et lui infliger une pneumonie qui pourra lui être fatale. Il semble aussi que certains vaccins prévus pour un micro-organisme donné soient aussi efficaces contre d'autres pathogènes. Par exemple, on croit que les vaccinations extrêmement efficaces contre la variole humaine aient empêché le virus de la variole du singe, dont nous parlions en début de cet article, (orthopoxvirose simienne) de provoquer des épidémies meurtrières chez les humains. Ces deux virus sont différents, mais la protection accordée par la vaccination contre le virus de la variole humaine protégerait à 85% contre le virus de la variole du singe.

Troisième règle: l'hygiène

Plusieurs pensent que les moyens les plus efficaces pour enrayer une épidémie sont la vaccination ou l'antibiotique et ils ont raison. Pourtant si les épidémies font de nos jours beaucoup moins de victimes qu'il y a un siècle, c'est aussi que le niveau d'hygiène s'est grandement amélioré. Nous n'utilisons plus les crachoirs, comme à l'époque. Les gens (du moins la majorité) ne crachent plus par terre dans les endroits publics. La vaste majorité de la population dispose d'eau chaude et on peut se laver plus régulièrement. La gestion des eaux de consommation et des égouts fait en sorte que les puisards d'antan qui fréquemment se taillaient un chemin jusqu'aux puits n'existent plus, éliminant ainsi bien des risques d'infection.

Quatrième règle: encore plus d'hygiène

Avant de blâmer le ministère de la Santé, le gouvernement, et qui sais-je encore, il existe une façon simple et économique de courir le moins de risque possible de contracter une maladie infectieuse : de l'eau et du savon. Combien de fois vais-je dans une toilette publique et en me lavant les mains, j'aperçois des personnes sortant du cabinet qui se dirigent tout droit vers la sortie ? Se laver les mains le plus souvent possible est une mesure aussi simple qu'efficace. Quand se laver les mains ? La meilleure habitude à prendre est : le plus souvent possible.

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