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Avis aux patients: le système de santé a besoin de votre aide

Avec un organigramme digne de figurer dans les livres des records, notre système de santé a pensé à tout, sauf aux patients.

30/09/2017 08:00 EDT | Actualisé 30/09/2017 08:41 EDT
Getty Images
La seule façon par laquelle nous pourrons espérer faire bouger les choses est par une volonté ferme des patients de cesser d'accepter l'inacceptable.

Nous avons un système de santé dont les principaux attributs devraient être la gratuité, l'universalité et l'accessibilité. En réalité, sa plus grande qualité n'est ni l'une ni l'autre de celles-ci. Elle réside essentiellement dans son organisation qui a atteint des niveaux d'enchevêtrement et de régulation frôlant la perfection. Avec un organigramme digne de figurer dans les livres des records, notre système de santé a pensé à tout, sauf aux patients.

Le système repose sur les épaules d'un ministre qui détient un pouvoir digne des plus illustres dictateurs. Voilà l'apparence. En réalité, s'il veut continuer à jouir de cette puissance, il doit se plier aux dictats des grandes fédérations syndicales et à un nombre incalculable de hauts et petits fonctionnaires qui bénéficient du privilège unique et incontestable de pouvoir rester en fonction alors même que les ministres se succèderont.

C'est ainsi que le système demeure irrémédiablement en place, entièrement sclérosé et pratiquement totalement indifférent à l'objet même de son existence : les patients.

Pour changer les choses

La seule façon par laquelle nous pourrons espérer faire bouger les choses est par une volonté ferme des patients de cesser d'accepter l'inacceptable. Alors que même nos voisins du sud se moquent ouvertement des piètres performances du Canada en matière d'accessibilité aux soins (Mike Pence déplore les «lacunes» du système de santé canadien), nous sommes les derniers des pays industrialisés à ne pas réaliser à quel point notre système ne tient pas compte de ses patients.

Pour constater combien cet immobilisme est ancré dans nos mœurs politiques, il suffit de proposer à n'importe quel des partis politiques des mesures pour impliquer le patient dans le système de santé. J'ai personnellement tenté l'expérience auprès du ministre et des porte-parole en santé des deux grands partis d'opposition. Je peux vous l'assurer : toute modification impliquant la participation des patients a été rejetée par ces trois partis susceptibles de diriger le prochain ministère de la Santé. Il ne suffira certainement pas de donner plus de pouvoirs aux infirmières comme le souhaite le Parti Québécois ou encore d'organiser quelques assemblées de cuisine comme l'espère la Coalition Avenir Québec pour régler les problèmes du système de santé. Encore moins suffira-t-il de la valse-hésitation du gouvernement actuel pour espérer un système qui prend vraiment le patient en considération. Il faut un réel virage, et ce, seuls les patients pourront le forcer.

Il faudra bien que le patient mette un jour son pied à terre et exige des soins pour lesquels il paie déjà très cher.

Un célèbre orateur romain répétait sans cesse : « Jusqu'à quand Catalina abusera-tu de notre patience ? Usque tandem Catalina abutere patientia nostra ? » Ici, nous n'avons qu'à changer le nom de Catalina par celui du ministre actuel, ou par celui ou celle qui succédera, pour formuler la même question. Et pourtant il existe une réponse : tous ces ministres de la santé présents et futurs continueront à abuser de notre patience tant et aussi longtemps que nous l'accepterons. Il faudra bien que le patient mette un jour son pied à terre et exige des soins pour lesquels il paie déjà très cher.

Lancement du Journal Le patient du Québec

Dans cet esprit, en octobre cette année, je lancerai personnellement un mensuel électronique unique en son genre : le Journal le patient du Québec. Il s'agira d'une plateforme où tous les intervenants de ce merveilleux monde de la santé ont été et seront appelés à émettre leurs opinions et commentaires. Et, bonne nouvelle, nous aussi : les patients du Québec pourront y faire publier leurs commentaires bons ou mauvais, leurs expériences, bonnes ou mauvaises, et nos idées sur notre système de santé. Il est important si nous désirons enfin avoir notre place dans ce système que le plus grand nombre de personnes possible répondent à cette demande de texte. Plus nous serons nombreux, meilleures sont les chances que nos voix soient entendues.

Rien de plus simple : envoyez-nous un texte au :

patient@journallepatientduquebec.com

C'est seulement ainsi que nous pourrons cesser d'accepter l'inacceptable et innover un système de santé digne de ce nom.

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