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La chasse aux sorcières ou lorsque la détraction en série devient une mode

Cela revient à donner une sentence avant même qu'il n'y ait eu procès et, dans mon livre à moi, c'est tout à fait inacceptable.

26/11/2017 08:00 EST
Getty Images
Je n'ai pas la prétention d'être assez parfaite pour juger les autres.

Je suis bouche bée. Je n'en reviens tout simplement pas de constater ce qui est en train d'arriver à notre belle société qui donne plein pouvoir aux réseaux sociaux afin de dénoncer facilement, superficiellement et injustement tout ce qui ne semble pas acceptable.

Et honte aux médias qui encouragent et participent à ce jeu tout à fait inintéressant et stupide qui nous fait faire un bond de plusieurs siècles en arrière, nous ramenant à l'époque où tout le monde avait le droit de lapider le pécheur ou la pécheresse sur la place publique! Avons-nous perdu le sens du mot «justice »?

L'image que j'en ai est celle d'une personne qui entrerait dans un restaurant avec sa mitraillette, sous prétexte de faire sa propre justice. C'est un geste impulsif et irréfléchi. Un geste qui met souvent à mort des personnes qui n'auraient pas dû se trouver là et qui n'auraient probablement pas mérité d'attraper une balle.

Mais notre tireur n'en sait trop rien puisqu'il est tellement aveuglé par l'idée de vouloir faire du ménage dans tout ce qui le dérange ou le perturbe. Alors il s'en donne à cœur joie et tire à gauche et à droite. Il n'a aucun remords à le faire puisqu'il a l'impression d'être encouragé par la masse. En réalité, la détraction est presque in; elle devient une mode.

Cela revient à donner une sentence avant même qu'il n'y ait eu procès et, dans mon livre à moi, c'est tout à fait inacceptable.

Mais vous ne voulez surtout pas savoir ce que je pense des personnes qui osent accuser publiquement tout ce qui aurait dû être adressé de façon privée... Cela revient à donner une sentence avant même qu'il n'y ait eu procès et, dans mon livre à moi, c'est tout à fait inacceptable. Peu importe qui est la personne visée et le crime commis.

Une vraie farce

Sans vouloir sortir un passage de la bible, qui sommes-nous pour juger les autres?

Très franchement, je remercie le ciel de ne pas être un personnage public et, surtout, de ne pas avoir dérogé à une des règles que l'on condamne ces jours-ci, quoique celles-ci semblent vouloir changer constamment alors qui sait qui seront les prochaines cibles.

Je plains ceux qui sont en train d'être scrutés à la loupe, mais je plains encore plus ceux qui n'auront pas assez de discernement pour comprendre la gravité de leurs accusations et, surtout, pas assez d'humanité pour réaliser tout le mal qui sera fait à la personne visée, mais aussi à sa famille. Car ces êtres humains que l'on porte sur le bûcher ont des gens qui les aiment et qui souffriront pendant longtemps des répercussions de la dénonciation publique.

Dénoncer, oui, mais dans la règle de l'art

Je ne connais pas toutes les histoires qui sont portées à notre attention depuis quelques semaines, mais je sais une chose, c'est que si quelqu'un nous a porté préjudice, c'est avec cette personne et elle seule qu'il faut régler les choses. Si cela implique de mêler la justice, que celle-ci y soit mêlée.

Mais quel est donc le but à vouloir rendre public (par le fait même à contribuer au grossissement et à la déformation de la vérité) tout ce qui est du domaine privé?

Devient-il notre propriété et nous avons droit de vie et de mort sur celui-ci?

Doit-on en comprendre que si quelqu'un a le malheur d'être le moindrement connu et célèbre, il n'a plus le droit d'exister en tant que personne? Devient-il notre propriété et nous avons droit de vie et de mort sur celui-ci?

Personnellement, je refuse de participer à la chasse aux sorcières. Je n'ai pas la prétention d'être assez parfaite pour juger les autres.

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