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Avec Tauriel, Peter Jackson a osé! Noooon!

12/06/2013 12:20 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

Bon, il fallait bien que cela arrive un jour. Peter Jackson a senti le besoin de créer de toutes pièces un personnage inédit que l'on verra bientôt dans le deuxième épisode des aventures du Hobbit, la désolation de Smaug. C'est l'actrice canadienne Evangeline Lilly qui interprétera le rôle de Tauriel, une guerrière elfique mentionnée nulle part dans les écrits de J. R. R. Tolkien. Quelle hérésie!

La comédienne découverte dans la série à succès Lost a récemment donné une entrevue à Entertainment Weekly où elle a précisé quelques détails sur son rôle. «C'est un elfe de la forêt. Elle n'est pas d'un haut rang comme Arwen, Galadriel ou Legolas. En plus, elle entre un peu en rébellion contre l'ordre établi au sein de son peuple.»

La photo mise en ligne par le magazine américain montre en effet l'actrice aux oreilles pointues et en habit d'elfe sylvestre, braquant fièrement son arc sur une cible non identifiée. À en croire EW, Tauriel serait une archère aguerrie et imprudente, mais plutôt jeune par rapport à ses congénères. Eh oui! Elle n'a que 600 ans, alors que son père Thranduil en a 3000. Même Légolas avec qui on lui prédit une petite amourette possède l'âge vénérable de 1900 ans.

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Crédit photo: James Fisher

Evangeline Lilly a conscience que son personnage ne fait pas l'unanimité, surtout parmi les amateurs. Toujours en entrevue, elle leur demande pourtant de faire confiance au réalisateur et aux deux coscénaristes Fran Walsh et Philippa Boyens. «Ils ont toujours fait preuve d'un énorme respect envers les livres de Tolkien. L'elfe Tauriel s'inscrit parfaitement dans l'univers de l'écrivain. Malgré tout, je sais qu'il y aura des gens qui vont la haïr, parce qu'ils penseront qu'elle n'a rien à faire dans le film. Quoi que je dise, ils la verront toujours comme une trahison envers Tolkien. Mais d'un autre côté, je suis certaine que d'autres personnes vont l'adorer», a-t-elle ajouté.

Rassuré? Pas du tout, car une question demeure. Pourquoi donc Peter Jackson s'immisce-t-il ainsi dans une œuvre littéraire qui possède déjà une multitude d'elfes, de nains, de trolls et autres espèces de toutes sortes? Surtout qu'il avait jusqu'à présent réussi à se retenir le bougre. Durant la longue réalisation de la trilogie du Seigneur des Anneaux commencée en 1999, les aficionados à travers le globe avaient retenu leur souffle puisqu'ils craignaient que le cinéaste néozélandais puisse franchement rater sa rencontre avec Tolkien dont les œuvres ont longtemps été jugées inadaptables au grand écran.

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Ainsi le défi cinématographique était de taille. L'auteur a conçu un monde d'une grande complexité où se côtoie à des époques différentes une pléiade de personnages. Il est même allé jusqu'à inventer plusieurs langues. Toute une grammaire sortie de sa propre imagination. Même si le réalisateur n'avait qu'à se servir dans cet incroyable univers, les choix n'étaient au départ pas si évidents.

Finalement, il s'en était sorti avec les honneurs. Certes, Jackson s'était tout de même permis quelques libertés en changeant ici et là le cours des évènements. Mais rien de bien méchant. Car au bout du compte, en plus de signer trois merveilleux films au souffle épique, le cinéaste avait réussi un pari risqué, celui de garder intacts le récit et l'âme de la Terre du Milieu.

Tauriel arrive donc comme un cheveu sur la soupe. Du côté de la production, on se défend. Si Peter Jackson l'a imaginé, c'est surtout pour compenser la présence trop envahissante des personnages masculins, nous dit-on. Toutefois, sous ses allures d'héroïne de jeu vidéo, permettez-moi de croire que sa soudaine apparition semble davantage guidée par des besoins marketing d'une grosse machine hollywoodienne que par une véritable création artistique.

D'ailleurs, des personnages elfiques féminins, l'écrivain en a auparavant imaginé plusieurs. On a qu'à penser à Lúthien, Eldalótë, Amarië, Eärwen, Findis ou Tatië, autant d'héroïnes que le réalisateur aurait pu reprendre et retravailler quitte à le faire à sa manière. Pour mieux s'imposer dans l'univers de Tolkien, Peter Jackson a préféré jouer les mégalos en nous proposant un personnage qui est aujourd'hui loin de faire consensus. Maintenant que le mal est fait, il s'agit de savoir si la fameuse Tauriel saura faire preuve de crédibilité. La réponse, le 11 décembre prochain.

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