LES BLOGUES

Des analyses et des points de vue multiples sur l'actualité grâce aux contributeurs du Huffington Post

IM-ART Headshot

Portez-vous le changement?

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Chaque année, du 24 au 30 avril, dans le cadre du Fashion Revolution Week, les internautes à travers le monde sont appelés à interpeller les marques avec le hashtag #whomademyclothes? - une initiative qui porte à se pencher sur des chiffres-chocs.

Cette initiative a vu le jour suite à une des tragédies les plus meurtrières de l'histoire industrielle mondiale, celle de l'effondrement du Rana Plaza, un atelier vétuste de confection de vêtements. Le 24 avril 2013, le Bangladesh a pleuré la mort de 1138 travailleurs du textile et 2000 blessés.

Cette catastrophe, loin d'être unique, aurait pu être évitée. En fait, les incendies et les effondrements de bâtiments sont endémiques dans cette industrie peu régularisée.

La face cachée de la mode

Quelques statistiques:

L'industrie de la mode est la 2e plus polluante dans le monde après le pétrole.
Chaque année, 77 millions de producteurs de coton souffrent d'empoisonnement, de malformations, de cancer et de décès causés par les pesticides.
Nos vêtements nous exposent à des milliers de produits chimiques toxiques et modifiés génétiquement, avec de sérieuses conséquences sur notre santé et l'environnement.
L'OIT estime que 170 millions d'enfants travaillent, dès l'âge de 5 ans, et nombreux dans l'industrie du textile.
80% des travailleurs sont des femmes; faisant face aux inégalités, à l'oppression sociale, à la discrimination systémique, à la violence physique et verbale allant jusqu'au viol.
Un Canadien produit environ 14kg de déchets textiles annuellement, l'équivalent collectif de 3 fois le SkyDome de Toronto.

Fast-Fashion

Jadis, se vêtir était un besoin vital, comme se nourrir et se loger. Aujourd'hui, les vêtements portent l'expression de notre identité sociale. Avec les effets de la mondialisation et du capitalisme, la mode est devenue un cercle vicieux de surconsommation, une drogue masquée, distribuée par des géants comme H&M et Zara.

Nous avons des garde-robes plus garnies que jamais. Une overdose, où la quantité prime sur la qualité au détriment du bien-être humain et écologique. Atteinte aux droits humains, misère, destruction de la nature et détérioration de la santé : voilà le prix à payer pour du ''prêt-à-jeter''.

Slow-Fashion

Ces dernières années, nous assistons à une éclosion d'alternatives écologiques et durables; innovation textile à base d'ananas, de lait périmé, de kombucha, de soya, de bouteilles de plastique.

Une vague de prise de conscience planétaire, avec de nouveaux joueurs qui endossent la cause comme l'actrice Emma Watson, la designer Stella McCartney, la journaliste Lucy Siegle, l'activiste Livia Firth, le réalisateur Andrew Morgan avec le film True Cost.

Avec la multiplication d'initiatives pour contrer les fléaux de la mode, le phénomène de l'écoblanchiment est devenu la ruse des grandes marques pour redorer leur image et mousser leurs ventes. Alors, comment discerner le vrai du faux?

Solution, certification!

À l'ère où le pouvoir réside dans l'information, selon le guide 2011 de la mode éthique au Québec de l'Observatoire de la Consommation Responsable (OCR), un des freins majeurs à une consommation plus éthique est justement le manque d'information sur l'éthique et sur le produit.

De plus, une étude dans ce guide révèle que les consommateurs sont même prêts à payer 17,64% de plus pour un vêtement éthique. Toujours selon ce guide, ''Au Québec, aucune législation n'existe actuellement concernant les certifications pour les produits textiles éthiques."

Au Canada, il n'existe pas encore de certification spécialisée dans la mode, qui combine, à la fois, l'aspect humain et environnemental.

Dans le secteur de l'alimentation, nous avons désormais des certifications telles que Fair Trade, Eco-cert et Biologique Canada.

Alors, pourquoi ne pas faire pareil dans l'industrie de la mode, avec une certification respectant les standards environnementaux et socialement responsables à toutes les étapes de la chaîne d'approvisionnement. Nous devons normaliser les pratiques pour permettre aux consommateurs de faire des choix plus responsables.

Montréal ville sanctuaire, Montréal ville éthique?

Alors, citoyens et artisans de la mode, ensemble, nous pouvons révolutionner cette industrie avec une certification. De ce fait, nous sommes à même de contribuer à la croissance économique, la compétitivité et le rayonnement de la main-d'oeuvre locale et le savoir-faire artisanal de chez nous. Montréal a le tout potentiel pour devenir la première capitale de la mode éthique sur la scène internationale et servir de modèle aux autres villes.

Au Québec, nous avons un programme de rabais à l'achat ou à la location d'un véhicule électrique, un crédit RenoVert pour la rénovation écoresponsable avec des produits homologués Energy star. Alors, pourquoi ne pas octroyer des incitatifs, sous forme de crédit d'impôts ou de subvention, pour encourager les entreprises à prendre le virage pour offrir des produits certifiés éthiques?

Le pouvoir de voter avec son portefeuille

Les grandes marques mènent présentement la barque, mais la loi de l'offre et la demande peut faire pression sur elles et renverser la vapeur. Exigeons le respect de l'humain et de l'environnement. Sans clients, sans notre argent, elles ne peuvent survivre.

Par les choix que nous faisons, nous avons le pouvoir de contribuer ou non à la perpétuation de pratiques non éthiques. Nous choisissons déjà nos vêtements en fonction du prix ou du style; pourquoi ne pas rajouter le critère éthique en accord avec nos valeurs?

Gandhi disait ''Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde'', ou mieux, portez le changement!

IM-ART
Artiste de changement | Fondatrice d'Ethical Fashion Certified | un nouvel obnl montréalais, qui veut révolutionner l'industrie de la mode avec une certification éthique.



À VOIR AUSSI


Close
Les polémiques mode les plus marquantes
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée