Ianik Marcil

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Le lait, pas si blanc que ça

Publication: 21/03/2013 11:49

De tous les produits de consommation, le lait possède une force symbolique unique. Blanc, pur, naturel, bon pour la santé, il est associé à la douceur de l'enfance et de ses biscuits au chocolat autant qu'aux fantasmes de richesse et de sensualité du bain de Cléopâtre. Le lait, le yogourt, le kéfir, les fromages - autant d'aliments dont la fabrication traditionnelle remonte à la nuit des temps et qui occupent, avec le pain, une place littéralement sacrée sur nos tables familiales.

Mettre en lumière les côtés sombres de la production et de la consommation de produits laitiers, c'est littéralement s'attaquer à une vache sacrée. C'est ce que fait Élise Desaulniers dans son livre Vache à lait: dix mythes de l'industrie laitière. Cet ouvrage très bien documenté et rigoureux ne s'attaque pas à l'industrie laitière: il remet en question des croyances bien ancrées sur les vertus du lait et ses bienfaits apparents tout en mettant en lumière les conséquences insidieuses de sa production.

Les produits laitiers occupent une place démesurée dans l'espace public. Combien de produits de consommation bénéficient d'une publicité aussi large? On a même réalisé, il y a un moment de cela, des disques compilant les chansons utilisées dans les pubs télévisées et radios des producteurs du lait ! Imaginerait-on un CD des chansons de pub des concessionnaires automobiles ou des agents d'immeuble?

C'est que les opérations marketing de l'industrie ne sont, à la limite, pas même perçues comme de la vulgaire publicité. Elles font partie du paysage, elles ne visent qu'à nous rappeler les bénéfices d'un aliment des plus naturels qui soient. Or Élise Desaulniers démontre dans son livre que les bienfaits des produits laitiers ne sont pas aussi purs que le marketing de l'industrie ne le veut nous le laisser croire. Savez-vous, par exemple, que 75 % de la population mondiale (particulièrement en Asie, en Afrique et même dans le sud de l'Europe) est intolérante au lactose ? Que la fabrication de fromages produit des gaz à effet de serre importants? Que les produits laitiers, même bios, peuvent être néfastes à la santé?

L'auteure nous rappelle que la consommation en générale, mais surtout notre alimentation, en particulier, est motivée par l'émotion et une symbolique héritées d'un lointain passé. «On ne choisit pas vraiment ce qu'on mange et on ne choisit pas d'aimer le fromage», écrit-elle. Dans son précédent ouvrage, Je mange avec ma tête (Stanké, 2011), Élise Desaulniers nous invitait à réfléchir aux conséquences de nos choix alimentaires, gestes que nous répétons plusieurs fois par jour. Vache à lait nous rappelle que nous avons, effectivement, la liberté de nos choix.

Le billet de Ianik Marcil se poursuit après la galerie

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Son livre nous offre les informations nécessaires à un choix éclairé par des informations fouillées et vérifiées. L'auteure ne condamne pas, a priori, la consommation de produits laitiers - elle nous offre la possibilité de réfléchir aux conséquences de nos décisions de consommation de ces produits. J'ajouterais qu'au-delà de la question spécifique et concrète de l'industrie laitière elle nous invite à secouer nos habitudes. À remettre en question, en quelque sorte, ces choix qui n'en sont pas, tellement ils s'inscrivent dans un héritage historique, un système symbolique fort et sont conditionnés par des stratégies marketing d'une redoutable efficacité.

Elle nous rappelle, ainsi, que l'industrie laitière s'accapare la part du lion du secteur agroalimentaire, avec ses 25 000 emplois directs en production et ses 8 500 emplois en transformation - représentant le segment le plus important de l'agriculture québécoise et la moitié de la production laitière du Canada. Pas pour rien: le prix du lait est réglementé (comme plusieurs produits agricoles) et sa production, appuyée par un lobby aussi puissant qu'intouchable. Une situation de pouvoir économique quasi unique dans notre société.

Ce pouvoir dont ne jouit aucune autre industrie - par exemple, le secteur de la transformation métallique, dont on entend très peu parler, emploie 135 000 personnes, soit quatre fois plus que l'industrie des produits laitiers - s'ajoute à un capital de sympathie disproportionné par rapport aux bénéfices limités qu'elle n'apporte à notre société. Le mérite de l'ouvrage de Élise Desaulniers réside dans sa capacité à nous amener à réfléchir non seulement aux conséquences de nos choix individuels, mais aussi - surtout - à mettre en lumière les impacts de nos décisions collectives. En cela, il mérite une lecture attentive et la mise en suspend de nos préjugés (favorables) envers une industrie qui n'est pas une « industrie comme les autres », comme le montre un important chapitre de son livre. Le lait n'est pas aussi blanc que ça, finalement.

Vache à lait: dix mythes de l'industrie laitière, par Élise Desaulniers (Stanké, ISBN 9782760411043, 24,95 $)

 
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De tous les produits de consommation, le lait possède une force symbolique unique. Blanc, pur, naturel, bon pour la santé, il est associé à la douceur de l'enfance et de ses biscuits au chocolat a...
 
 
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13:58 sur 24/03/2013
Vous suggérez les céréales du matin a l'eau?
07:06 sur 10/04/2013
Au lait d'amandes ?
09:47 sur 22/03/2013
+1 pour Bodenis

Les boissons gazeuses, ça c'est un problème à discuter et le projet visant à taxer ces boissons n'encouragera personne à se tourner vers d'autres produits tel que le lait.

Je bois du lait depuis mon enfance et à ce jour, pas une seule fois cela m'a tué. Mon médecin pourrait le confirmer.

Par contre, la présence d'hormones et d'antibiotiques dans les produits laitiers pose problème.

Serge Daigno
16:36 sur 21/03/2013
2 litres de coke..$1.00 en spécial, 2 litres de lait, jamais en spécial $4.00...cherchez l'erreur....et on parle d'obésité chez les jeunes.....
13:02 sur 22/03/2013
Ça ne peux pas être en spécial, le prix du lait est régi par le gouvernement, comme les loyers et l'électricité. Ils ont fait ça pour stabiliser les revenus des producteurs, mais ont dû instauré des quotas ensuite parce que la politique de prix amenait des surplus... Bref, on révise un peu son histoire politique! :P
14:12 sur 22/03/2013
ET pourquoi je paye mon lait moins cher ailleurs....Ici...C'est la raison pourquoi les parents n'ont pas les moyens d'acheter du lait et se rabattre sur le coke...L'obésité va détruire notre système de santé...Agissons avant qu'il ne soit trop tard....Le lobby des producteur est un des plus puissant au Québec et on ne leur refuse rien, tout partis politique confondus
23:17 sur 20/03/2013
J'ai été grandement étonné de voir qu'économiste écrivait un article sur le lait! Cela dit, il semble ici s'agir davantage de l'industrie laitière que du produit comme tel. Il y a bel et bien mention de possibles effets néfastes du lait sur notre santé, en référence au livre de mme Desaulniers, toutefois ceux-ci ne sont qu'évoqués vaguement. Il n'y a donc pas de raison, à la suite de la lecture de cet article, de s'inquiéter de notre consommation de produits laitiers. D'ailleurs, en diététique, on apprend que l'excès est nocif peu importe le produit.

Ce que je veux mentionner n'est peut-être pas directement en lien, mais qui sait? En fait, ce qui m'intrigue, c'est de savoir qu'actuellement le Canada est en train de négocier des ententes de libre échange avec différentes régions du monde (Europe, Pacifique, etc.) et que ces ententes risquent de forcer le Canada à cesser de contrôler ces domaines du marché de manière à assurer une agriculture locale. Or, il va falloir se demander à quoi sert ce contrôle. Est-ce que la compétition avec les produits laitiers extérieurs serait bénéfique? Qu'adviendrait-il de l'agriculture québécoise sans le contrôle des prix, de nos campagnes? Est-il souhaitable que nous soyons dépendant d'autres régions du monde pour nous fournir même les aliments de bases de notre alimentation? Etc.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ioj
19:29 sur 20/03/2013
I knew it! maintenant je peux enfin changer pour la vodka
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Pedro Individuo
19:16 sur 20/03/2013
bah, c'est ce qui arrive quand le gouvernement dérange le marché: ça crée des vaches (jeu de mot involontaire) sacrées

quant aux dangers... considérant tout ce que j'ai bu plus jeune (1l/jour), je devrais mourir bientôt
18:48 sur 20/03/2013
Les commentaires prouvent ce qui est dit dans l'article! La pub est efficace...
17:49 sur 20/03/2013
Oulala... Ça sent le lobby du lait de soya à deux mètres... Soyons prudents!
17:38 sur 20/03/2013
Bon, je vais devoir boire du métal maintenant ?
17:51 sur 20/03/2013
À les entendre, il faudra changer le nom de la Voie Lactée... :o)
17:02 sur 26/03/2013
Faudra surtout plus dire à quelqu'un : "T'es ben laite"!