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La sécurité des transports n'est pas négociable

25/11/2014 10:09 EST | Actualisé 25/01/2015 05:12 EST

Il est souvent dit que le premier devoir d'un gouvernement est d'assurer la protection de ses citoyens, et ce dans le respect de ses valeurs et de ses droits. Bien sûr, cela n'empêche pas des accidents de se produire. Par contre, la population canadienne s'attend à ce que ses dirigeants prennent leurs responsabilités et mettent en place les mesures nécessaires pour diminuer les risques d'accident ou la gravité de ces derniers.

Or, de nouveaux chiffres provenant des comptes publics du gouvernement fédéral indiquent une diminution alarmante des investissements en matière de sécurité des transports. Depuis 2009-2010, les dépenses de Transport Canada pour la sécurité des transports ont chuté de plus de 20 %. De surcroît, le Rapport ministériel sur le rendement du ministère des Transports nous apprend que, pour l'année 2013-14, 585 emplois affectés à la sûreté et sécurité des transports n'ont pas été comblés.

À ces compressions aux conséquences potentiellement désastreuses s'ajoutent les chiffres reliés aux crédits non utilisés. Nous le savons, les conservateurs se targuent d'investir massivement ici et là. Ils font des conférences de presse à gauche et à droite pour marteler leur message. Le problème c'est que les crédits budgétés ne sont pas tous dépensés. Au ministère des Transports, c'est 375 millions de dollars qui n'ont pas été utilisés pour l'année fiscale 2013-2014. C'est donc dire que plus de 13% du budget de Transport Canada dort dans les coffres du gouvernement pendant que les DOT-111 continuent de circuler sur nos voies ferrées.

Ces constats sont inquiétants. Ils le sont encore plus dans un contexte où nous assistons à une explosion du transport de pétrole par train au pays. Au cours des quatre dernières années, l'augmentation est de l'ordre de 2700 %.

La ministre des Transports réplique en affirmant que les compressions sont effectuées dans les postes budgétaires des frais généraux et des services d'administration. Si tel est le cas, elle devrait laisser le Bureau du directeur parlementaire du budget, qui souhaite faire une étude indépendante, se pencher sur les chiffres de son ministère. Toutefois, ce ministère, comme bien d'autres, refuse de collaborer avec le directeur parlementaire du budget et de dévoiler le détail de ses activités. Pourquoi la ministre refuse-t-elle de divulguer l'information si elle dit vrai?

Les conservateurs ont failli à la tâche de protéger adéquatement la population, car trop souvent leur réponse a été de laisser l'industrie s'autoréglementer. Le Bureau de la sécurité des transports et le Vérificateur général ont d'ailleurs souligné à maintes reprises les lacunes de ce gouvernement en matière de sécurité des transports.

Les citoyens sont en droit d'exiger un changement de direction de la part du gouvernement. Il y a eu un avant Lac-Mégantic, il doit y avoir un après. La réponse actuelle est trop lente et nettement insuffisante. Nous devons nous assurer que l'industrie des transports soit soumise à une réglementation plus rigoureuse et à des inspections systématiques, et que des plans d'urgence adéquats sont mis en place en toute transparence. Mais surtout, nous devons garantir des investissements adéquats, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle.

La priorité d'un gouvernement doit être la sécurité de ses citoyens. Dans cette optique, l'entêtement des conservateurs à sabrer les budgets de sécurité des transports est préoccupant. Au nom de la sécurité de la population, le NPD continuera d'exiger les plus hauts standards de sécurité, rien de moins.

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