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J'ai essayé un cours de yoga complètement nue

26/11/2014 02:31 EST | Actualisé 26/01/2015 05:12 EST

Dans l'optique que faire face à ses peurs et essayer de nouvelles choses permet de rester jeune, Janey Hedge de High50 est allée dans un studio de yoga lundi matin dans le sud de Londres pour essayer le yoga nu pour la première fois. Le yoga a pour but de nous dévoiler à nous-même après tout...

En approchant de l'avenue dans le sud de Londres, j'ai hésité. Pourquoi diable ai-je accepté de me départir de mes vêtements devant des gens que je ne connais pas? Et tout ça, dans la lumière du jour si peu flatteuse?

Heureusement, j'ai toujours été partante pour sortir de ma zone de confort, particulièrement dans la fleur de l'âge pour me positionner contre les conventions. Je n'ai jamais voulu être la mère typique, qui joue de prudence face aux choses qui lui arrivent. Mais c'était peut-être un pas de trop pour moi.

Il n'était pas trop tard pour inventer n'importe quelle excuse, même à la dernière minute. J'aurais pu blâmer un train en retard, un rhume tenace, ou même une autre crise de mon adolescente. Elle avait sûrement besoin de moi à la maison...

Les pieds pesants, je me suis convaincue d'avancer malgré les doutes qui ne cessaient de m'assaillir. Pourquoi n'avais-je pas tenté de convaincre une amie de m'accompagner pour du support moral?

Alors, pourquoi ne viendrais-tu pas au yoga nu avec moi?

Toutes les amies à qui j'ai parlé de cette nouvelle activité ont réagi de la même façon: avec horreur. Et surtout, avec plusieurs préjugés: toutes les personnes présentes seraient minces et superbes, il fallait être exhibitionniste pour accepter de se livrer à une telle activité, tous les hommes seraient des maniaques sexuels... Et aucune n'a accepté de se joindre à moi malgré mes supplications.

Et qu'en est-il du poil? Fallait-il être lisse comme un bébé dans la zone bikini? Imaginez faire une position qui implique d'avoir le visage au niveau de ses poils pubiens! En d'autres mots, mes amies me trouvaient folle de participer à une telle activité.

La marche a duré cinq minutes d'enfer, mais je suis finalement arrivée au studio. Alors que j'attendais la professeure, d'autres personnes se sont mises à arriver. À mon grand soulagement, les quatre hommes présents avaient l'air tout à normaux. Pas de maniaque sexuel en vue.

Tout de même, j'ai prié pour qu'une femme fasse son apparition. À l'idée de quatre hommes nus et moi dans une même pièce, je ne pouvais m'empêcher de me sentir plutôt vulnérable.

La sécurité personnelle n'était pas quelque chose qui m'avait frôlé l'esprit en m'inscrivant... Mais si un de ses mâles perdrait son sang froid et tentait d'aller vers moi, la seule femelle?

L'enseignante de yoga nu

L'arrivée de notre professeure, Annette, m'a vite permis de me calmer. Elle était si plaisante et calme, pas du tout bizarre, que je me suis sentie mal d'avoir eu des doutes. J'ai réalisé que c'était un trait particulièrement britannique d'avoir peur et de se moquer à la fois de la nudité.

Dans les vestiaires, j'ai enlevé mes vêtements et je me suis enlevoppée dans un paréo. Annette avait suggéré que j'en apporte un si ça me rendait plus confortable. Il devait également couvrir le matelas qu'on m'avait prêté. Laissant de côté mes pensées sur l'hygiène (est-ce que quelqu'un allait suer, péter?), je suis montée vers le studio.

Quatre hommes nus étendus sur des matelas, les yeux fermés. Détournant le regard pour ne pas avoir l'air de me rincer l'oeil, j'ai décidé de fixer un point proche d'Annette. Je me suis étendue en gardant mon paréo bien fermé, j'ai fixé le plafond et j'ai tenté de relaxer.

De la musique indienne jouait doucement, de l'encens brûlait et un ventilateur jetait une vapeur bienfaisante dans la pièce. Il était 10h du matin un lundi et j'étais invitée à relaxer. Quelque peu inhabituel.

«Ouvrez bien vos jambes»

La voix douce d'Annette nous a guidé tout au long de la séance. Nous rappelant calmement de garder les yeux fermés, elle nous a invité à faire quelques mouvements: lever les jambes, etc. Je tenais bien mon paréo, me convaincant que je pouvais le faire.

Nous avons continué à faire plusieurs poses au sol quand le grand moment est arrivé: il était temps de se lever. J'ai pris une grande respiration et je me suis levée, dans toute ma nudité.

Et rien ne s'est passé. Personne n'a fixé mon ventre mou ou ma poitrine moins ferme qu'auparavant. Les pensées surgissaient dans mon esprit, au même rythme que ma confiance montait: J'ai plus de 50 ans! J'ai eu deux enfants! Je suis forte et invincible! Je suis une femme!

Je n'avais même pas réalisé qu'il y avait une autre femme dans la pièce, loin de l'enseignante et moi. C'était rassurant de voir que son corps n'était pas parfait non plus, comme celui d'Annette. Nous ne sommes que des femmes: pleines de vies, ayant porté des bébés et belles, finalement.

Jusqu'à ce que la classe se termine, je peux sincèrement dire que je me suis sentie mieux dans ma peau. J'ai à peine regardé les autres et personne ne m'a rendue mal à l'aise. Ce sont les vêtements qui accentuent le désir, j'ai pensé, puisque la nudité est normale, presque banale.

Les autres participants étaient d'accord. Quand nous nous sommes rhabillés, j'ai discuté avec quelques-uns de mes comparses. Colin, 56 ans, m'a dit: «Nous sommes si prudes dans ce pays! Le regard envers le corps est indécent ou malsain. Mais ici, c'est un endroit sain où la nudité est une partie de la vie.»

Stephen, 59 ans, a ajouté: «On ne remarque personne d'autre en suivant ce cours. C'est plutôt très introspectif.»

La confiance des femmes envers leur corps

Tina, 41 ans, avait une autre vision: «J'étais contente que tu sois là, puisque je ne voulais pas être la seule femme. Je crois que nous sommes moins à l'aise dans notre corps que les hommes. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais ils ne se sont pas couverts au début du cours. Annette et toi l'avez fait.»

«Peut-être y a-t-il plus de pression sociale sur les femmes que les hommes par rapport au corps parfait?» ai-je suggéré.

«Peut-être, a-t-elle répondu, mais en suivant ce cours, on se rend compte à quel point le corps est banal.»

Nous étions tous d'accord: le yoga nu n'est pas une activité que nous aurions pu pratiquer plus jeune, quand nous étions trop inquiets par rapport à notre apparence physique. «Plus on vieillit, plus on devient à l'aise avec notre propre corps.» a souligné Tina.

Je suis rentrée à la maison en me sentant très fière de moi, autant d'avoir relevé le défi que d'y avoir pris du plaisir. J'ai même réalisé que j'aimais bien être nue devant des étrangers. Qu'est-ce qui suivra? Le pole dancing?

Par rapport au sexe - que mes amies croyaient être le point central du yoga nu - qu'est-ce que ça a changé? Mon mari souhaitait que ça fasse des miracles, mais portant, mes camarades de classe m'ont prédit le contraire.

«On sent un bien-être en sortant du cours, mais ça ne va pas nécessairement se transmettre dans la chambre à coucher.» semble être l'opinion générale.

Annette était plutôt d'un avis contraire: «Ça met en phase avec son corps, en mettant de l'avant la spontanéité et l'acceptation. Dans ce sens, ça sert à la vie sexuelle, et à d'autres facettes de l'existence aussi.»

Il n'y a donc qu'une solution: la pratique donne la perfection.

Cet article initialement publié sur le Huffington Post États-Unis a été traduit de l'anglais.

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