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2015, année record pour le marché de l'art mondial

15/03/2016 03:15 EDT | Actualisé 16/03/2017 05:12 EDT

Le marché de l'art mondial Fine Art s'est consolidé en Occident et s'est stabilisé en Chine avec une légère progression pour le géant asiatique au deuxième semestre 2015, selon le rapport annuel Le marché de l'art en 2015 qui a été réalisé par Artprice et AMMA (Art Market Monitor of Artron), qui sont des institutions incontournables dans le milieu de l'art à son niveau le plus élevé.

Ce rapport annuel est le fruit d'un échange entre les marchés asiatique et occidental de l'art depuis 2012, et il est toujours très attendu par les amateurs d'art avertis, les collectionneurs et les investisseurs.

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Le marché de l'art en 2015

En 2015, les experts ont pu observer une stagnation sur le marché de l'art mondial. La mondialisation du marché de l'art s'est accélérée et les collectionneurs chinois ont fréquemment acheté des œuvres d'art occidentales.

Les démarches culturelles et l'engouement portés par les collectionneurs sont devenus plus clairs pour l'assemblage de leurs collections muséales. Le marché de l'art sur Internet s'est affirmé comme la tendance majeure avec le commerce électronique de l'art, qui s'est développé de façon exponentielle, selon les experts.

L'omniprésence d'Internet est devenue un puissant outil de commerce des maisons de vente. En 2015, 95 % des 4 500 maisons de vente dans le monde étaient présentes sur Internet, alors qu'il y a dix ans, seulement 3 % d'entre elles ne l'étaient. La capacité d'Internet à rassembler au-delà des frontières a permis de promouvoir les ventes publiques en ligne, le commerce électronique de l'art, la finance dans le domaine de l'art et le développement de nombreuses autres formes du marché de l'art sur Internet.

Les États-Unis, après avoir cédé leur première place à la Chine pendant cinq ans, ont repris leur position dominante en 2015, grâce à d'explosives ventes aux enchères new-yorkaises.

De l'autre côté du globe, le réajustement du marché chinois s'est stabilisé positivement au second semestre et il s'est classé deuxième.

Le Royaume-Uni a conservé sa troisième place dans le marché de l'art avec tout de même 2,9 milliards de dollars américains pour l'année. Ce résultat a plus que doublé en 10 ans, principalement grâce à Londres qui est devenue la deuxième place de marché au monde avec 19 % de parts de marché, rivalisant avec New York, qui a 37 % de parts de marché mondial.

Quant à la France, elle est quatrième au palmarès. Elle a généré en 2015 un «petit» 576 millions de dollars américains qui représente 4 % du marché global.

Malgré un contexte économique particulièrement négatif, le marché de l'art occidental s'est bien porté en 2015 en enregistrant un produit de ventes équivalent à celui de 2014 (soit 11,2 milliards de dollars américains). Cette santé de fer a découlé directement des nouvelles collections muséales à travers le monde, notamment aux États-Unis, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.

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Les tendances

Le marché occidental repose en premier lieu sur la qualité de ses œuvres modernes, pour lesquelles la demande est mondiale. L'art moderne est resté le grand favori du marché ; 2015 aura d'ailleurs été une année record en ce qui concerne le nombre de lots de plus d'un million de dollars américains (622 œuvres modernes de plus d'un million de dollars américains ont été vendues en 2015).

Les grandes mutations de l'art d'après-guerre et contemporain se sont poursuivies (483 œuvres de plus d'un million de dollars américains). L'art ancien est de plus en plus rare sur le marché de l'art, notamment à cause d'une demande constante d'œuvres de qualité muséale ; 69 lots de plus d'un million de dollars américains ont été vendus.

Le secteur des maîtres anciens (c'est-à-dire d'artistes nés avant 1760) s'est estompé en Occident. Le chiffre d'affaires annuel a enregistré une baisse sur les dix dernières années : 549,5 millions de dollars américains en 2005 contre 538,3 millions de dollars américains en 2015. Ce phénomène s'est expliqué par la raréfaction : plus les années passent, plus il est difficile d'alimenter le marché avec des œuvres de haute qualité, car les musées et les collectionneurs détenteurs de chefs-d'œuvre historiques ne s'en séparent pas, ou très peu. Voilà pourquoi le record sur une œuvre ancienne n'a pas été renouvelé en Occident depuis 2002, depuis la vente du Massacre des innocents de Rubens (1608-1609) à 76,6 millions de dollars américains à Londres. Aujourd'hui, cette œuvre pourrait passer la barre des 100 millions de dollars américains si elle revenait en salle de vente.

2015 a été une année historique pour les ventes d'art moderne (c'est-à-dire d'artistes nés entre 1860 et 1920) avec un résultat record de 5,2 milliards de dollars américains. Trois nouveaux records mondiaux : Picasso, Modigliani et Giacometti, chacun entre 141 et 179 millions de dollars américains.

L'art moderne a aussi connu des prix exceptionnels chez Mark Rothko, Francis Bacon et chez quelques raretés proposées en salles (Piet Mondrian, Gustav Klimt et Kasimir Malevitch). L'art moderne est resté le coeur du marché occidental avec 47 % du chiffre d'affaires pour 41 % des lots vendus. C'est un segment de marché plus important que l'art d'après-guerre et l'art contemporain réunis (qui regroupent 35 % des recettes occidentales pour 38 % des lots vendus). Le segment des œuvres d'après-guerre (c'est-à-dire d'artistes nés entre 1920 et 1945) a été le deuxième plus important vendeur après l'art moderne en 2015. Le quart du volume d'affaires occidental repose sur lui (2,8 milliards de dollars américains), notamment les œuvres sur toiles de Roy Lichtenstein, Cy Twom-bly, Andy Warhol (tous classés au top 10 mondial par produit de ventes) et Lucian Freud. D'autres noms ont également été en forte demande.

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Plus proche de nous, l'art contemporain a perdu de la vitesse, comparé aux résultats records de 2014. Plus de 45 600 œuvres contemporaines se sont vendues en 2015 en Occident, quatre fois plus qu'en 2005, pour des recettes annuelles de 1,2 milliards de dollars américains (contre 93 millions de dollars américains en 2000).

Or, près de la moitié de ces recettes ont reposé sur la cote exceptionnelle de 10 artistes seulement, tous classés au top 100 par produits de ventes annuels.

Les élus du marché sont majoritairement Européens et Américains. Ils se nomment Jean-Michel Basquiat, Christopher Wool, Jeff Koons, Peter Doig, Martin Kippenberger, Rudolf Stingel, Richard Prince, Yoshitomo Nara, Damien Hirst et - un Chinois - Zeng Fanzhi.

Les plus jeunes millionnaires contemporains de l'année sont Mark Grotjahn et Chris Ofili, tous deux nés en 1968. L'explosion du prix de leurs œuvres a été organisée par les grands prescripteurs du marché : Mark Grotjahn fait partie de l'écurie Gagosian, et Chris Ofili est soutenu par Charles Saatchi.

Autres valeurs spéculatives de l'année 2015 : Rudolf Stingel (né en 1956) et Jonas Wood (né en 1977) - protégé de Larry Gagosian.

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Conclusion

L'art est une richesse intrinsèque (en lui-même). Il est un marqueur de tous les temps. C'est souvent par l'art que les archéologues, les sociologues, les historiens, etc., ont pu comprendre la richesse et la force d'une civilisation. Outre le fait qu'aujourd'hui une centaine d'artistes sont sous les feux des investisseurs, il n'en reste pas moins que des centaines, des milliers, voire des millions d'autres remettent sans cesse leur travail sur le métier et cherchent l'absolu; une quête philosophique et/ou spirituelle.

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Sources :

Artprice, leader mondial de l'information sur le marché de l'art ;

AMMA, Art Market Monitor of Artron.

Images diffusées avec le consentement des artistes.

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