Je suis pantoite.
Dites ces trois mots devant les caméras et mangez une volée.
En revanche, vous pouvez parler comme bon vous semble, si vous venez de gagner la Coupe : "ben j'pense que si j'aurais pas teindu ma barbe, j'aurais pas eu d'la chance pour le dernier goal pis j'aurais pas scoré". Applaudissements et sifflements.
Lorsque vous êtes du "mauvais côté", peu importe ce que vous direz, vous serez lynché. Et vice-versa.
Maréchal et Durocher au bûcher
« Chère pimbêche, seule une salope accepterait de baiser avec un porc »« Conne, blondasse, condescendante, matante bourgeoise, vendue, frustrée, jalouse sans talent, ignorante de banlieue, vieille peau qui ne comprend rien »
La question : méritaient-elles ce genre d'insultes, malgré leur position par rapport au conflit étudiant? Je pense que personne ne mérite cela.
J'ai moi-même reçu l'insulte suprême de la part des rouges : être un "Martineau" ! Et seulement pour avoir pesé le pour et le contre dans le conflit, sans prendre parti. Mais que voulez-vous, dès que l'on sort un chiffre ou une image qui avantagerait les Verts, on tombe automatiquement du côté obscur de la Force.
Martineau, c'est Darth Vader, je pense.
Morasse vs le monde entier
À moins que ce soit Jean-François Morasse?
L'étudiant avait obtenu la première injonction pour pouvoir assister à des cours, malgré le conflit étudiant (répétons que le droit de grève n'est pas reconnu aux étudiants, pas encore, du moins). Ça s'est plus ou moins bien passé, disons, et M. Morasse traîne maintenant Gabriel Nadeau-Dubois en cour pour outrage au tribunal, car celui-ci aurait (j'utilise le conditionnel comme un bon journaliste que je ne suis pas) incité les membres de la CLASSE à lui bloquer l'accès.
"C'est stupide, get a life, une perte de temps, p'tit con !""Ce n'est pas devant les tribunaux qu'on va régler ça !"
Et que dire de la situation hautement ironique survenue par la suite, alors que les associations étudiantes se sont mises à se servir des tribunaux pour faire annuler la loi spéciale 78. Mais oui, je sais, je sais, C'EST PAS PAREIL.
Les rouges et le discernement
J'ai écrit ceci sur Facebook : "Le problème, avec plusieurs vidéos de manifs, c'est qu'il manque les 30 secondes qui précèdent".
Vous l'interprétez de quelle façon?
Vous l'avez compris dans le sens que je défendais les policiers, car ils ont dû être provoqués sauvagement avant d'attaquer ainsi (et tout ce qu'on voit, c'est le coup de matraque)... Ou encore que cette vidéo, si elle avait contenu les 30 secondes qui précèdent le coup de matraque, aurait pu servir en déontologie policière, car le manifestant n'avait qu'injurié le policier en question?
Soyez honnête.
Je ne me suis ni affiché ni Rouge, ni Vert. Bizarrement, ça fait de moi un... Vert. Car pour les Rouges, si tu n'es pas avec eux, tu es contre eux. Si tu poses une question ou émets un doute, tu es VERT. Je l'ai appris à mes dépens. Avec le statut mentionné ci-haut, entre autres choses.
Les verts et le discernement
Avec les verts, même si le phénomène est moins répandu, si tu parles contre la police, t'es qu'un sale communiste de la gaugauche. Même si le policier (matricule au hasard, disons 728) fait un usage clairement abusif de ses armes envers des citoyens baveux, mais non menaçants.
Avec les Verts, dès que tu dis que la hausse des frais est peut-être exagérée, on te répond que les étudiants pourraient se passer de leur iPad. Et que dire ce site colrouge.com, ce ramassis de clichés de la radio de Québec. C'est à pleurer.
Le conflit qui déborde
J'ai hâte à la fin de ce conflit. Quand tu commences à voir des poussettes et des marchettes dans une manif d'étudiants c'est peut-être que ça a LÉGÈREMENT débordé, non?
Et franchement, le débat est tellement rendu large et polarisé qu'il est devenu hasardeux de poster un article sur Facebook ou Twitter sans être armé (d'une casserole, bien entendu).
Peut-on s'entendre que pour 1625$ par année, ça ne vaut pas la peine d'insulter les autres ou de perdre un chum qui ne pense pas comme soi?
Suivre Giscard Tremblay sur Twitter: www.twitter.com/Gis99
- On peut y voir, bien entendu, le fruit de l'anonymat qu'offre Internet : Il permet toutes les dérives possibles sans réelles conséquences pour leurs auteurs.
- On peut y voir, un impact de la "twitterisation" de notre société ; on règle tout débat en 140 caractères : Seules les injures échangées entre Achille Talon et Hilarion Lefuneste ne peuvent s’insérer dans ce cadre typographique.
- On peut y voir, une répercussion de certaines radios d'opinion qui, à l'appui de leur position, professent sarcasmes et insultes à l’endroit de ceux qui ne la partage pas : si ce type de langage est permis sur les ondes publiques, aux yeux de plusieurs, il est donc permis, tout court, dans la société.
- On peut y voir aussi, malheureusement, la triste expression de l'appauvrissement de notre capacité langagière. Près de la moitié de la population du Québec ne dispose pas d’un niveau d’alphabétisation suffisant pour naviguer aisément dans la vie de tous les jours. Or, il faut maîtriser la langue pour pouvoir soutenir une discussion, formuler des arguments et étayer un raisonnement. Quand on se retrouve vite à court d’arguments, ne reste que les insultes et les attaques.
Dans ce débat sur les droits de scolarité, faut-il en conclure que plusieurs ont besoin de parfaire leurs études notamment en rhétorique ?
"Quand tu commences à voir des poussettes et des marchettes dans une manif d'étudiants c'est peut-être que ça a LÉGÈREMENT débordé, non?"
Je penses que c'est le conflit large sur la direction dans laquelle nos gouvernements dirigent notre société qui perce la surface et se concrétise dans les manifs des 99% et des frais de scolarité.
Peut-être que certaines paroles pour démoniser de Charest et ses ministres, le show de Matineau , les radios poubelles et certains blogues de médias connus y sont pour quelque chose? Est-ce normal que plusieurs médias d'envergure dérapent à ce point? Qui a intérêt à laisser pourir la situation?
Un moment donné il faut avoir la maturité pour voir les exagérations et les incohérences des propose et agissements de certaines personnes... rouges et vertes.
Quand les émotions prennent le pas sur tout, ça ne peut que déraper.
De manière plus importante et malheureusement pour tous, toute couleur confondue, la polarisation malhabile et depuis peu judiciarisée du débat, exacerbe les passions, les clivages, le ressentiment et les excès.
À qui le blâme?
Bravo, mais vous ne l'aurez pas votre état facho! Vous pouvez compter sur moi!
Moi qui tremblais de peur devant la menace fasciste du gouvernement de Jean Charest et l'instauration du parti unique. Vous me rassurez.
Vite je dois partir, les chemises noires cognent à la porte.
(Si vos actions antifascistes vous laissent un peu de temps livre je vous suggère quand même la lecture attentive de Hannah Arendt, ça pourra pas vous faire de tort)
De Wiki
"Certaines de ses analyses seraient un peu dépassées par l'avancée des recherches ou souffriraient de contradictions et d'un manque de cohérence, comme, par exemple, celles sur la « république plébiscitaire », sur le rôle de la « populace », sur la « société de masse » comme vivier du totalitarisme, sur le fascisme, de sorte que sa typologie des systèmes totalitaires est aujourd'hui contestée par l'historiographie actuelle. Ainsi, pour Ian Kershaw, « […] elle ne parvient pas à élaborer une théorie claire ou une conception satisfaisante des systèmes totalitaires. Enfin, son argument essentiel pour expliquer le développement du totalitarisme — la disparition des classes et leur remplacement par une « société de masse » — est à l'évidence erroné. »"