LES BLOGUES

Le point G et les Fêtes

22/12/2013 08:39 EST | Actualisé 21/02/2014 05:12 EST

Selon un article publié dans le Scientific American en mai 2011, en Amérique du Nord seulement, «les gadgets sexuels représentent une industrie qui rapporte plus de 500 millions de dollars par année et ce marché grossit rapidement». Pendant ce temps des Fêtes, certains de vous recevront un de ces précieux jouets et cela ne fera que renaître le débat avec vos amis sur l'existence ou non du fameux point G.

À Bamako, au Mali, heureusement pour plusieurs patients, le Point G existe. Malgré ses capacités médicales très limitées, le Point G, Centre Hospitalier Universitaire, est pour plusieurs Maliens l'endroit ultime pour leur guérison et leur survie.

Mais dans ce pays très pauvre, les patients des hôpitaux publics doivent payer pour tous leurs frais médicaux, de l'admission aux tests de laboratoires et aux médicaments. Pendant l'hospitalisation, leurs parents et amis doivent fournir les repas, les nourrir, laver leur linge, etc. Cela peut durer des jours, voire des semaines. Et pour en ajouter encore, ces derniers auront non seulement à hypothéquer leurs maigres avoirs, mais aussi à squatter l'extérieur des édifices de l'hôpital pour dormir et vivre pendant tout ce temps. Quelle preuve d'amour!

Au Mali, être hospitalisé dans un hôpital public signifie que vous êtes malade et que c'est valable de vous offrir un lit. Être classé valable dépend de l'évaluation difficile qu'ont à faire les médecins en se basant sur vos chances et la durée de votre survie. «Un patient qui se présente avec un stage avancé de cancer parce que sa famille ne peut plus s'occuper de lui ne sera probablement pas considéré comme valable pour une hospitalisation et sera retourné chez lui, dans son village», affirme un médecin qui préfère garder l'anonymat. «Le raisonnement est difficile à faire, mais simple: ce patient occuperait un des quelques lits que nous avons et ce lit aurait pu être offert à un autre patient qui a de meilleures chances de survie à long terme», continue-t-il. «Nous n'avons pas de lits pour donner des soins palliatifs, soins qui contrôlent la douleur, le stress et les différents symptômes reliés aux maladies graves», dit un autre médecin membre de l'équipe médicale. Par conséquent, la plupart des patients avec des maladies graves mourront dans leur village, rejetés à la fois par les membres de leur famille, qui ne peuvent en prendre soin, et par le système médical lui-même.

Et cette situation se répète quotidiennement dans plusieurs régions africaines, dans les pays en état de guerre et les pays émergents.

Ne vous en faites pas! Je ne vous demande pas de retourner vos cadeaux! Mais plutôt d'avoir une pensée pour ceux qui souffrent et pour leurs familles... surtout pour ceux qui ont à aller au Point G ou autres hôpitaux semblables. Ils sont loin de nos questionnements à savoir si le point G existe ou non. En fait, pour eux, l'existence certaine du Point G et les efforts des médecins sont leurs seules chances de survie.

Joyeuse Fêtes du Mali!

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Le Point G, un hôpital situé à Bamako, au Mali

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.