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Pourquoi lire « Les juges en chef de la Cour suprême du Canada»

10/05/2015 08:33 EDT | Actualisé 10/05/2016 05:12 EDT

La « Maison Nouvelle Fédération » vient de publier un ouvrage intitulé « Les Juges en chef la Cour suprême du Canada ». Comme à son habitude, cette organisation poursuit son objectif : celui de conjuguer les efforts et les énergies dans la vulgarisation des savoirs à des fins éducatives. C'est la raison pour laquelle les ouvrages diffusés abordent des problématiques politiques, économiques et sociales. Mais, il y a bien plus que cela. Au fil des années, plusieurs titres à caractère pédagogique ont été publiés.

Cette récente publication nous entraine dans l'univers de la Cour suprême du Canada. Un univers qui nous offre l'opportunité de découvrir des pans de l'histoire canadienne. Les biographies ont été rédigées par d'éminents juristes qui possèdent une solide expertise sur les thématiques abordées.

Pour la petite histoire, la Cour suprême du Canada fut créée en 1875 par le premier ministre Alexander Mackenzie. Comme l'indique le professeur Jim Phillips dans la préface : «Depuis plus d'un siècle, la Cour suprême du Canada a été une institution essentielle dans la vie du pays, contribuant non seulement à sa vie légale, mais aussi à son développement politique, social et culturel. »

Les textes examinent les réalisations des personnalités qui ont eu l'insigne honneur de diriger cette prestigieuse institution. Et qu'en est-il de la représentativité des femmes ? Ici, comme ailleurs dans le monde, la problématique de la participation des femmes dans les instances décisionnelles laisse peu de gens indifférents. Chez nous, au Canada, les luttes collectives ont des résonnances plurielles et multiformes. Et c'est tant mieux !

En tenant compte de cette réalité, le cheminement de La très honorable Beverley McLachlin a retenu notre attention. Tout d'abord, il convient de rappeler que le 7 janvier 2000, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, procédait à une nomination historique. Celui-ci permettait à une figure féminine de devenir la dix-septième personne à diriger la Cour suprême du Canada.

La très honorable Beverley McLachlin, qui occupe ses fonctions jusqu'à présent, est la première femme Juge en chef de la Cour suprême du Canada. Et mieux que cela, elle est une des rares femmes, sinon la seule, à occuper un tel poste dans les pays occidentaux.

Au fond, cette œuvre présente chronologiquement les dix-sept profils. Les noms sont précédés du titre «très honorable» : sir William Buell Richards, sir William Johnstone Ritchie, sir Samuel Henry Strong, sir Henri-Elzéar Taschereau, sir Charles Fitzpatrick, sir Louis Henry Davies, Francis Alexander Anglin, Sir Lyman Poore Duff, Thibaudeau Rinfret, Patrick Kervin, Robert Taschereau, John Robert Cartwright, Joseph Honoré Gérald Fauteux, Bora Laskin, Robert George Brian Dickson, Antonio Lamer et Beverley McLachlin.

D'un point de vue global, ces écrits offrent une multitude de renseignements. Par exemple, on apprend bien de choses sur les raisons qui motivèrent la création de cette instance. Ce qu'il faut retenir, c'est que, comme le rappelle si bien Le très honorable William sir William Buell Richards, qui fut désigné pour mettre sur pied cette structure : « En créant une nouvelle Cour, le législateur a donné à cette dernière un nouveau droit d'appel qui n'existait pas auparavant et qui, selon moi, ne peut être vu comme une simple procédure. » Et cette cour deviendra en 1949 la Cour de dernière instance au Canada. Auparavant cette prérogative appartenait au Conseil privé de Londres...

En dehors des faits reliés à la conjoncture de l'époque, des informations biographiques ainsi que les dossiers réalisés par les juges pendant leurs mandats sont mis à la disposition du public. Parmi les sujets abordés, une place prépondérante a été consacrée aux décisions majeures de la Cour suprême. L'une d'entre elles avait suscité l'enthousiasme du public en 1927. Cinq Canadiennes, surnommées les « Cinq célèbres », voulaient que, conformément à la constitution canadienne, les femmes puissent - au même titre que les hommes - être nommées au Sénat...

En définitive, ce livre est plaisant et instructif. J'emprunte au préfacier le professeur Jim Phillips sa phrase : « C'est un apport de grande valeur à toute bibliothèque. »

Je recommande cette lecture !

Sous la direction de Jean Chevrier, Denis L. Daigneault, Gerald C. Gummersell, « Les juges en chef de la Cour suprême du Canada», Ottawa, Maison Nouvelle Fédération, 88p.

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