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Quand l'incompétence devient un dogme!

12/10/2014 08:08 EDT | Actualisé 12/12/2014 05:12 EST

La juge Roy vient a donné une gifle au ministre de l'Environnement en arrêtant les travaux de forage à Cacouna; le tout donne un air d'incompétence à David Heurtel. Ce n'est que le dernier épisode de dérapages par les ministères de l'Environnement et des Ressources naturelles en matière de carburants fossiles. À tel point que l'on peut se demander si le tout se rattache à ce que Robert Rumilly, historien et biographe de Duplessis, appelait le «dogme de l'incompétence canadienne-française en matière de finances publiques».

La volonté d'aller dans le pétrole et le gaz à tout prix a donné de beaux exemples d'incompétence. Parmi les plus flagrants, en septembre 2010, La Presse nous apprenait que le Ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles (MERN) avait vendu les «claims» gaziers sous nos pieds à 0,10 $ l'hectare alors que la Colombie-Britannique vendait les siens à 1 000 $/ha (et plus). En coupant la poire en deux à 500 $/ha, le rapport du BAPE a estimé que le manque à gagner se situe à 5 milliards. Incompétence de nos gouvernants, mais quel «bargain» pour les gazières!

Et maintenant, le premier ministre trouve normal que nous soyons une autoroute pour le transport du «ditbit» tiré des sables bitumineux de l'Alberta parce que nous recevons de la péréquation. Trains-blocs, superpétroliers et oléoducs sont des menaces à notre qualité de vie, mais nous ne recevons aucune contrepartie économique significative. À Lac-Mégantic, 47 vies et au moins 200 millions de nos taxes sont le prix que nous avons déjà payé pour que les «autres» fassent de l'argent à nos dépens. Le gouvernement de Christy Clark, en Colombie-Britannique, s'est opposé au pipeline Northern Gateway parce que sa province doit assumer les risques environnementaux sans recevoir de contrepartie économique. Est-ce à dire, encore une fois, que le gouvernement de la Colombie-Britannique est plus compétent que le nôtre?

Et la sécurité? La cupidité irresponsable des pétrolières est telle qu'il n'y a aucun moyen de nettoyer un déversement majeur. En ces temps de coupures budgétaires, Philippe Couillard est tellement bien dans son rôle de lèche-bottes des pétrolières qu'il est prêt à payer, à même nos taxes, pour terminer le nettoyage des dégâts de Lac-Mégantic, pour dépolluer une autre rivière Kalamazoo ou pour un autre désastre comme celui du Golfe du Mexique.

Les coupures des services aux citoyens est-il le prix que le gouvernement de monsieur Couillard est prêt à payer pour avoir les moyens de réparer les négligences des pétrolières? Si c'est le cas, pour être cohérent avec ses paroles, il devrait abolir le ministère de l'Environnement et le renommer «ministère du Développement accéléré du pétrole»!

Au contraire, c'est en devenant «maîtres chez nous», en développant nos ressources avec nos compétences, en innovant dans les énergies vertes que notre société s'épanouira. Ce n'est pas en laissant les «autres» utiliser notre territoire pour ensuite leur quémander la charité que nous avancerons. En août 1944, Duplessis essayait de se battre contre le dogme de notre «incompétence». Je croyais que la société québécoise avait évolué depuis la Révolution tranquille! Et nos gouvernants? En acceptant de servir d'autoroute au pétrole albertain, est-ce que l'aplaventrisme obséquieux de monsieur Couillard veut ramener la société québécoise à une période qui précède celle de la Grande Noirceur de Duplessis?

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