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La roulette russe de la fracturation hydraulique

24/06/2015 11:53 EDT | Actualisé 24/06/2016 05:12 EDT

Youri Chassin strikes again! Tel pourrait être le titre de ce nouvel article de M. Chassin. Dans ce texte, il ridiculise l'idée selon laquelle la fracturation hydraulique pourrait comporter des dangers graves pour les sources d'eau.

Au lieu de se fier aveuglément aux dires de l'industrie, M. Chassin devrait sans doute faire une étude plus exhaustive de la littérature scientifique. Cela lui éviterait de dire des faussetés, comme d'affirmer qu'il y a un moratoire légal dans les basses-terres du Saint-Laurent. Selon lui, ce moratoire fantôme empêcherait les propriétaires de louer une partie de leur ferme à des gazières.

Pour faire valoir son point de vue, M. Chassin compare divers dangers, comme les possibilités de mourir d'une crise cardiaque ou de jouer à la roulette russe. Comme sophisme, c'est excellent. Mais ceux qui s'opposent à la fracturation se heurtent à l'omertà de l'industrie des énergies fossiles. Le manque d'information nous empêche de comparer «des pommes avec des pommes»

Ici, à La Présentation, nous avons un puits qui fuit, selon l'émission scientifique Découverte de la SRC. Canbrian et Gastem ont tenté de le réparer en 2011. Ont-t-ils réussi? Via la Loi d'accès à l'information, notre comité a tenté de savoir ce qui fuyait et en quelle quantité. On nous a répondu qu'une «troisième partie» s'opposait à la divulgation de cette information. Impossible également de savoir dans quelle direction la partie horizontale du puits se dirige. Ce genre d'information est protégée comme s'il s'agissait d'un secret d'État!

Pourtant, il y a là des enjeux de santé et de sécurité publique! Ce puits qui fuit est dans un champ de soya, près d'un poulailler et près de la rivière Salvail; en cas de contamination, ce sont trois faits objectifs qui menacent la chaîne alimentaire. Quels produits fuient et en quelle quantité? Si M. Chassin nous révélait ce qui fuit de ce puits présentationnois, on serait plus enclin à le croire!

Alors, comme dans d'innombrables autres cas en Amérique du Nord, ces secrets bien gardés empêchent d'avoir une vue d'ensemble de la situation. S'il était possible de connaître tous les cas où des personnes ont été compensées conditionnellement à une clause de non-divulgation, ni M. Chiassin, ni l'industrie, ni les services publics ne pourraient affirmer que la fracturation est presque sans danger pour l'eau.

Il y a même eu un cas où des parents ont été compensés parce que les enfants étaient malades à cause de la contamination. La clause de non-divulgation liait non seulement les parents, mais également les enfants jusqu'à la mort de ces derniers!

Et la liberté d'accès à l'information dans une société démocratique dans tout ça?

En se fiant uniquement aux rares cas qui ont été prouvés «hors de tout doute légal», M. Chiassin fait des comparaisons qui se basent sur des données très, très incomplètes. Il voudrait que l'on exclue toutes les situations qui sont inconnues parce qu'elles sont protégées par des clauses de non-divulgation. La fracturation hydraulique, ce serait la roulette russe! Si M. Chiassin nous disait combien de balles il y a dans le barillet, il serait plus facile de juger si on veut jouer ou pas!

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