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Conférence de Paris: du désespoir à l'espérance

02/01/2016 09:39 EST | Actualisé 02/01/2017 05:12 EST

En cette semaine située entre la dinde et la tourtière, il est normal de faire un bilan des évènements marquants de l'année. C'est vrai également pour la Conférence de Paris.

Après l'euphorie de la déclaration finale, j'oscille entre le désespoir et l'espérance lorsque je regarde la portée véritable de cet accord. On pourrait dire qu'il contient de bonnes et de mauvaises nouvelles.

Commençons par les mauvaises. Malgré une volonté affirmée des 195 pays de réduire le réchauffement climatique à moins de 2 degrés C., le père des études sur le climat, M. James Hansen, est profondément déçu, car les engagements sont de belles promesses, mais sans aucune action véritable.

Pour les nations signataires, l'accord n'est pas plus contraignant qu'une résolution du jour de l'an... Pensons aux promesses du président Obama: oui, ses engagements sont sincères, mais le Congrès des États-Unis est dominé par des climatonégationnistes républicains, dont James Inhole. Pour des raisons de politique partisane, on peut parier que la bonne intention de M. Obama prendra le bord des tablettes bureaucratiques.

Le pire obstacle aux espoirs d'avoir une planète habitable en l'an 2100, ce sont les privilégiés qui voudront conserver leur main mise sur l'économie mondiale! Si l'humanité respecte les engagements de COP21, cela veut dire que les grandes transnationales des énergies fossiles perdront des milliers de milliards de dollars en «investissements inutiles» selon plusieurs études, dont celle de Carbon Tracker.

Des crimes ont été commis pour des sommes bien moindres! Pour sauver leurs intérêts, les firmes de relations publiques vont accélérer le rythme des publicités qui font l'écoblanchiment des énergies fossiles, comme celle de Gaz Métro qui tente de nous faire avaler la couleuvre que le gaz naturel, une énergie fossile majoritairement produite par fracturation hydraulique, est une énergie propre, ou que l'oléoduc Énergie Est n'augmentera pas la production de gaz à effet de serre. À moins que les citoyens, bien informés, n'envoient paître ces tentatives de «greenwashing», les «Esso» et «Shell» de ce monde, avec la complicité de certains politiciens, vont tenter de greffer une poignée de valise dans le dos de 7 milliards d'humains!

Maintenant, les bonnes nouvelles. La conférence a gravé dans la conscience collective que les réchauffements climatiques sont une menace grave pour notre avenir. Être sensibilisé à la question, c'est le premier pas... et non le moindre. Ce sont souvent les citoyens, les gouvernements provinciaux et les municipalités qui sont à l'avant-garde de la lutte contre la production de gaz carbonique.

De plus, les nouvelles technologies avancent à pas de géant. Le prix par kilowatt de l'éolien et des capteurs solaires est maintenant concurrentiel avec l'électricité produite avec du charbon ou du pétrole.

Environ 20% de l'électricité des États-Unis provient du renouvelable. Ajoutons à cela, qu'il y a un engouement pour les voitures électriques comme la Tesla ou la Volt; un engouement comparable à celui qui a engendré l'internet et le téléphone intelligent. Lorsque la méga-usine de batteries de Testa, présentement en construction en Arizona, commencera la production, là aussi, on verra une chute des prix qui entrainera une révolution.

Enfin, la conscientisation est aidée par certains événements. Pendant la conférence, des épisodes de smog intolérables ont handicapé la vie dans de grandes métropoles comme Beijing. La Chine, deuxième économie du monde, réalise que la vie économique ne peut fonctionner si ses citoyens sont condamnés à respirer de l'air chargé de particules polluantes. Le coût de ne rien faire devient trop élevé!

Les grandes entreprises, aidées par certains politiciens, vont continuer de bloquer les efforts pour limiter la production de gaz à effet de serre. De l'autre côté, la conscience populaire, les nouvelles technologies et les coûts des catastrophes naturelles vont faire avancer les politiques. Est-ce que les forces du gros bon sens vont réussir à s'imposer avant qu'il ne soit trop tard pour les générations à venir?

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