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Un don, la santé et l'éducation: ça commence tout petit

17/07/2014 05:47 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

M. le premier ministre Couillard,

Je ne vois pas la transparence et le respect souhaités dans votre message inaugural de session parlementaire et votre « nouveau » Conseil des ministres. Comme des milliers de Québécois et sans doute de nombreux électeurs de votre comté de Roberval, je ne vois réellement pas votre limpidité et lucidité, spécialement chez vos condisciples médecins ayant pourtant déjà prêté le serment d'Hippocrate, considéré comme le code déontologique de base dans la profession et la pratique médicale.

D'abord, avec un ministre de la Santé - le plus imposant des ministères du Québec - ayant quitté sa Fédération professionnelle avec une prime de 1,2 $ millions. Ou encore avec le second, ministre de l'Éducation, représentant le deuxième plus considérable au plan budgétaire. Ce dernier promet maintenant de rendre une partie des 215 000 $ en primes touchées en trop à un organisme de charité de son choix. Un don nécessairement associé aux crédits d'impôt habituels de bienfaisance que tout donateur peut étaler sur 5 ans. En plus, la loi exige formellement à tout OBNL enregistré de remettre un reçu fiscal, même pour une contribution d'un seul dollar canadien! À titre de seul exemple et bien calculé, les crédits totaux, au fédéral et au Québec, pour un don de 60 000 $ équivalent à 31 764 $. N'est-ce pas davantage le salaire annuel moyen d'une éducatrice en garderie ou CPE comme celui dans une réserve autochtone telle Mashteuiatsh dans votre comté de Roberval ou dans Brossard du Dr Barrette ou dans Jean-Talon, la Capitale-nationale du Dr Bolduc? Pas mal en période de rigueur et d'austérité, non?

En plus, selon la presse d'ici, le Huffington Post, celle hors Québec et les révélations récentes de la Commission Charbonneau, au moins 22 ministres du Parti libéral du Québec (PLQ) ont fait, entre 2006 et 2012, des dons aux œuvres caritatives de Giuseppe Borsellino, cet entrepreneur qui a témoigné devant la Commission d'enquête sur l'industrie de la construction et le financement des partis. En tout, ces 22 ministres, dont votre prédécesseur l'Hon. Jean Charest, ont offert près de 60 000 $ à Garnierkids.com, la fondation-écran de l'entrepreneur.

De surcroit, vous-même avez jugé bon, par le passé, en tant que conseiller en cliniques privées pour la pétrolière ARAMCO en Arabie saoudite de réaliser 600 000 $ en évasion fiscale dans l'ilot britannique et paradis offshore de Jersey de sa Royale majesté. Dans les circonstances, est-il légitime pour les contribuables québécois de croire que son premier ministre neurochirurgien a réellement les deux mains sur le volant et qu'Ensemble on s'occupe des vraies affaires?