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Avortement et transgenre : c'est la faute à Descartes!

Si Aristote était aujourd'hui juge de notre cour suprême, il y aurait longtemps que nous aurions des lois protégeant les enfants à naître et non des lois protégeant les prétentions des personnes « transgenre ».

14/07/2017 09:00 EDT | Actualisé 14/07/2017 09:43 EDT
thelefty
La question reste à savoir : quand est-elle présente, cette capacité de raisonnement, chez l'être humain?

Jeudi passé, on nous apprenait que la pilule abortive sera disponible gratuitement au Québec à partir de cet automne.

Ailleurs on nous apprend que, pour la première fois, la mention « genre inconnu » figure sur la carte santé d'un enfant de huit ans de Colombie Britannique, à la demande de son parent transgenre qui refuse toute appellation de genre pour « ille » et son enfant.

Loin d'être deux faits divers n'ayant en commun que le fait qu'ils soient récemment apparus dans les pages de nos quotidiens, l'idéologie transgenre, qui nie l'existence d'une vraie distinction homme-femme, et la légalisation de l'avortement, qui nie l'humanité de l'enfant à naître, sont en fait deux fruits amers d'une même erreur philosophique, celle du dualisme Cartésien corps-âme.

Descartes, le premier pro-choix ?

Pour comprendre pourquoi il en est ainsi, il faut premièrement se poser la question : quel est le critère objectif qui fait d'un humain qu'il soit véritablement « humain » ? Réponse : Ce qui nous sépare des animaux et nous rend pleinement humain est notre capacité de raisonnement. La question reste à savoir : quand est-elle présente, cette capacité de raisonnement, chez l'être humain?

La question reste à savoir : quand est-elle présente, cette capacité de raisonnement, chez l'être humain?

Les philosophes de l'antiquité, jusqu'à l'ère moderne, ont répondu : au moment où l'âme intellectuelle est jointe au corps. (Selon les grands penseurs jusqu'à l'époque moderne, l'âme intellectuelle, étant capable de réflexion abstraite, était nécessairement immatérielle...)

Par contre, avec l'arrivée de René Descartes (1596-1650), philosophe qui inaugura l'ère philosophique moderne, un bouleversement incroyable s'est opéré : l'âme est devenue une substance immatérielle et complètement séparée du corps, ce dernier étant purement matériel – un tas de matière sous la régence des lois de la physique.

Donc pour les modernes, ce qui donne aux humains leur spécificité en tant qu'êtres humains –leur âme intellectuelle— n'aurait plus aucun lien, ni avec le corps en particulier, ni avec le monde visible en général.

Mais si mon intelligence, mon âme intellectuelle, n'a rien à voir avec le monde visible, y compris mon corps, il n'y a qu'un pas pour dire que 1) mon identité profonde n'a rien à voir avec mon corps sexué (l'idéologie transgenre) et 2) puisque ce qui rend l'être humain véritablement humain (son âme intellectuelle) est absolument mystérieux car ne comportant aucun lien avec la réalité sensible, il vaut mieux donner à chacun le choix de décider quand un humain est vraiment un humain, spécialement dans le cas d'une grossesse non-désirée...

La crise de l'être humain

Avec la séparation de l'âme du corps, nous sommes confrontés à une vraie crise de l'être humain. Si l'humain se distingue des animaux par sa raison, et si le siège de la raison est l'âme intellectuelle invisible et immatérielle sans aucun lien avec le monde visible, alors comment définir l'être humain de façon objective? Qui décide?

Certains ont tenté de résoudre le problème en se débarrassant tout simplement du concept d'âme intellectuelle immatérielle. Mais ceci ne fait qu'aggraver la situation, car sans âme immatérielle, il n'y aurait plus de principe apte à unir tous ces phénomènes disparates qu'il nous convient d'appeler « êtres humains », chacun pourtant si matériellement différents les uns des autres...

Aristote à la rescousse

Il y a plus de 2000 ans, Aristote, le penseur dont la philosophie brillante a été transmise notamment par St. Thomas d'Aquin et ses disciples jusqu'à l'ère moderne, avait déjà trouvée la solution : Loin d'être une « substance » séparée du corps, l'âme est la « forme » du corps, et cette forme, connaissable à partir des sens, apparaît dès lors que le corps humain apparaît. Pour Aristote, pas question de « modifier » son identité sexuelle, car le corps (et avec lui, le sexe) fait partie intégrante de l'identité d'une personne.

La philosophie aristotélicienne, couplé de nos connaissances scientifiques contemporaines, interdisent également l'avortement : dès la conception, l'être humain est dotée d'un ADN d'une complexité telle que, à partir de la conception, le corps n'a besoin qu'un approvisionnement en eau, en oxygène et en éléments nutritifs pour déployer son incroyable potentiel et ce, jusqu'à l'âge adulte. Bref, l'âme qui est la « forme » ou le principe organisationnel du corps, est présente dès le début de la vie humaine.

Aristote comme juge de la Cour suprême

Si Aristote était aujourd'hui juge de notre cour suprême, il y aurait longtemps que nous aurions des lois protégeant les enfants à naître et non des lois protégeant les prétentions des personnes « transgenre ». Hélas, tant que nous aurons des héritiers de René Descartes siégeant en maître sur les fauteuils de velours à Ottawa, attendons-nous à lire dans nos journaux des nouvelles sur des législations de plus en plus délirantes.

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