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La fin de la domestication!

Dans les faits, rares sont les animaux qui seraient capables de revenir vraiment à un état sauvage.

29/11/2017 09:00 EST
FatCamera via Getty Images
Au bout de deux cents ans, les prédateurs sauvages extermineraient les derniers descendants de nos chiens de compagnie.

Imaginez un monde sans maltraitance animale dans lequel les animaux ne seraient plus domestiqués par les humains. Un monde où la viande serait produite en la cultivant à grande échelle dans des laboratoires. Une viande de synthèse comestible faite tout simplement avec des cultures de cellules : de saumon, de bœuf, de poulet, de porc ou de n'importe quel animal ! Nous aurions grâce aux biotechnologies de la « viande In vitro » créée sans causer la moindre souffrance animale. De nombreux laboratoires dans le monde travaillent actuellement sur ce projet. Pensez maintenant à des robots qui ressemblent tellement à nos animaux qu'il serait extrêmement difficile de faire la différence entre un vrai et un faux chat (biomimétisme). (Sauf peut-être grâce à l'absence de litière !) Et voilà une humanité complètement désintéressée par la domestication.

Autre scénario : la disparition soudaine de l'humanité à cause d'un cataclysme ou de ses propres excès, d'une infertilité mondiale, de maladies mortelles, d'extraterrestres, ou bien à cause de la téléréalité. Oups : plus un seul humain sur terre ! Et voilà les animaux libres. Cela serait vraiment une très bonne nouvelle pour les animaux sauvages !

Mais qu'adviendrait-il alors des animaux domestiques ?

Ceux-ci sont bien plus nombreux que leurs homologues en liberté. Ils ont une biomasse 25 fois supérieure à celle des mammifères sauvages. On parle d'environ 790 millions de porcs, de 86 milliards de poulets par an et de 1 619 millions de têtes de bétail qui sont élevés dans le monde, auxquels on peut ajouter 525 millions de chiens et 400 millions de chats qui peupleraient notre planète (les chiffres varient selon les années). Avec ces quelques chiffres, on voit que les animaux domestiques sont très nombreux. Avec la disparition de l'humain, leur nombre diminuerait de manière significative.

Nous pouvons estimer à 70% de la population d'animaux domestiques qui disparaîtraient alors à la suite des maladies.

Premier facteur d'une telle disparition des animaux domestiques : les maladies. On estime que 50 % des antibiotiques fabriqués dans le monde servent à soigner et favoriser la croissance des animaux d'élevage. De même pour les chiens domestiques qui sont plus porteurs de maladies génétiques que les autres canidés. Nous pouvons estimer à 70% de la population d'animaux domestiques qui disparaîtraient alors à la suite des maladies.

Deuxième facteur : la prédation. En effet, il resterait des prédateurs en nombre suffisant pour surclasser ou dévorer la plupart de nos animaux domestiques. Les carnivores ne feraient qu'une bouchée de notre bétail. Au bout de quelques centaines d'années, il ne resterait plus que quelques rares animaux domestiques. C'est le principe même de la domestication : ces animaux ne peuvent pas vivre sans nous, car l'évolution leur a appris à vivre avec nous. Les chiens essaieraient de retourner à l'état sauvage, mais ils ne survivraient pas longtemps.

Au bout de deux cents ans, les prédateurs sauvages extermineraient les derniers descendants de nos chiens de compagnie.

Dans les faits, rares sont les animaux qui seraient capables de revenir vraiment à un état sauvage. Le « marronnage » est le phénomène naturel par lequel des animaux domestiques, hors du contrôle des humains, retournent à l'état sauvage. Ce terme péjoratif fait référence à la fuite des esclaves dans les jungles. Contrairement aux chats, le chien ne fait pas partie de la liste des animaux du marronnage. Nos canidés sont incapables de vivre loin des civilisations humaines. Au bout de deux cents ans, les prédateurs sauvages extermineraient les derniers descendants de nos chiens de compagnie. Même le terrible chihuahua disparaîtrait !

D'un autre côté, moins affectés par la fin des humains, les chats domestiques redeviendraient sauvages (des chats harets). Ceci dit, quand on les voit détruire nos sofas, on peut sérieusement se poser la question de leur domestication ! Ce phénomène de retour à la nature est déjà répandu chez les félins, surtout en Australie. Les chats harets y représentent même une menace pour la faune locale. Bien sûr après la disparition de l'humain, leur population diminuerait énormément, car nous éloignions les principaux prédateurs des matous (les rapaces). Mais ils s'en tireraient quand même bien.

Restons positifs : la nature trouve toujours un moyen pour permettre l'adaptation, même pour les animaux domestiques.

Pour conclure, il est important de chercher à anticiper les conséquences de la domestication des humains sur les animaux à partir de très longues périodes aussi bien dans le passé que dans le futur. Car être domestiqué c'est-à-dire proche de l'humain se paye. Et comme nous l'avons vu, c'est sûrement notre meilleur ami qui risque de payer les pots cassés. Cependant, restons positifs : la nature trouve toujours un moyen pour permettre l'adaptation, même pour les animaux domestiques.

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