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«Mé-moirs» du Temps des fêtes

22/12/2015 02:57 EST | Actualisé 21/12/2016 05:12 EST

En grande recherche. Cinq fenêtres ouvertes sur mon écran. Hésitation... Confectionner nos boules de Noël à partir de rebuts domestiques? Participer à la journée de chasse aux lutins? Mieux... Créer notre globe de neige maison en cinq étapes faciles! On pourrait y mettre une photo de famille... Aller chez un photographe! Oh! On porterait nos chandails kitschs! À moins que... que... je sais plus! Déprimant. Quoi faire de spécial pour que fiston se souvienne à jamais de nos décembres?

1983, j'ai cinq ans. Papa remonte l'escalier grinçant de la cave avec la grosse boîte poussiéreuse de décorations de Noël. L'excitation à son comble. Je tape frénétiquement mes menottes l'une contre l'autre. C'est maman qui ouvre la boîte. Le papier de soie jauni, les paillettes qui se répandent partout sur le prélart de la cuisine... Un arôme de souvenirs bien gardés me monte au nez. L'affreux père Noël en feutre rouge juché sur sa base de plastique est le premier à émerger. Suivi de la grosse cloche de papier métallique qu'on déplie pour lui donner une troisième dimension. Et la guirlande de perles dorées qui s'enroulera autour de la rampe d'escalier... Heureuses retrouvailles.

Puis vient la mystérieuse... la vieille boîte de Pot of Gold Memoirs sur laquelle une femme, directement issue des années soixante, tient une boîte de chocolat. Sur la boîte, son sosie tient une autre boîte de Pot of Gold Memoirs la représentant en train de tenir... Ainsi de suite... à l'infini. En imaginer la fin donne le vertige. La dernière femme visible m'apparait si lointaine! Un point de couleur. Ces dames savent-elles qu'elles ne sont qu'une image sur l'image? Qu'une seule d'entre elles demeure l'originale? Qu'importe, j'ai pitié pour elles. Jamais elles ne mangeront leur chocolat, car la seule vraie boîte a été dévorée par mes parents un soir où ils se demandaient où ranger les personnages de la crèche.

Souvenirs d'enfance qui se forgent de petits riens... Le plaisir de jouer avec mes figurines passe-partout sous le sapin. Les soirées Ciné-Cadeau. Des forts érigés avec mon père. Des bonshommes de neige avec ma mère. Les biscuits au sucre vert en forme d'étoile. Goût de bonheur en chaque petite chose.

Décidé! J'avorte l'angoissante quête du supposé parfait temps des Fêtes pour mon fils. À dix-neuf mois, il n'a aucune attente matérielle et se fout complètement des quatre-vingt-cinq heures que je pourrais mettre à lui confectionner un «super calendrier de l'Avent écoresponsable regorgeant de petites gâteries au chocolat équitable sans gluten». Par contre, aucun doute qu'il se rappelle le goût de son premier bonhomme en pain d'épices acheté à la boulangerie du coin. Et l'odeur de sapin qui flotte dans le salon. Les aiguilles que nos bas trimbalent à travers la maison et qui lui piquent parfois les «taties». La Promenade en traîneau que je lui chante à tue-tête avec Ginette Reno. Hum... Marquant! Peut-être même que ma boîte de décorations des années quatre-vingt-dix (celle d'un téléphone sans fil à antenne rétractable) le fait déjà imaginer de drôles d'histoires...

J'en ai l'esprit presque en paix... Me resterait qu'à arrêter de consulter Météo Média trois fois l'heure dans l'espoir d'y lire une annonce de neige abondante pour Noël.

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