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Pour une économie éthique: en finir avec le capitalisme

14/08/2014 09:16 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Faut-il sauver l'économie? Face aux dérives individualistes de plus en plus rampantes du capitalisme et à la déification du marché, une critique éthique du capitalisme s'impose.

Dans son encyclique Caritas in Véritate (2009), Benoît XVI insiste sur le fait que l'économie doit être au service du développement intégral de la personne et de l'humanité. Je suis complètement en accord avec cette pensée et très critique envers les auteurs qui insinuent qu'il existe des règles économiques intangibles. Adopter une telle pensée est d'être tout simplement en contradiction avec le fait que les règles économiques sont le fruit de décisions collectives. Il est donc possible de choisir d'autres règles.

Ma réflexion est le fruit de mes nombreuses rencontres avec des personnes qui travaillent dans la finance de marché. Il est ressorti à l'unanimité qu'il faut rendre le capitalisme vertueux et que les règlementations mises en œuvre depuis 5 ans ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux. Certaines pratiques nuisibles sont toujours maintenues dans la finance de marché.

Le capitalisme actuel constitue une religion, on peut même parler de divin marché dans lequel la mise au premier plan de l'intérêt privé au détriment de l'intérêt collectif, la cupidité, le vouloir toujours plus entraîne l'humanité vers l'abîme.

Pour produire toujours plus, il faut en effet toujours plus développer le machinisme et exploiter telle ou telle ressource offerte par la terre, au risque de déranger ses équilibres. Pourtant, la terre ne cesse d'émettre d'inquiétants symptômes d'épuisement. Je crains fort que nous soyons en route vers le stade ultime : celui où cette société des égos débouche sur la civilisation du tout à l'égo.

L'éthique devient une question de vie ou de mort. En effet, la survie des générations futures est en jeu. Il est plus que jamais nécessaire et urgent de repenser la responsabilité éthique des entreprises pour ce qui est de la gestion des ressources finies de la planète.

La finance islamique répond à ma conception éthique de l'économie interdisant, en théorie, la spéculation et le financement de certaines activités.

Je loue les efforts d'Amartya Sen pour l'intégration d'une dimension morale au sein de la théorie économique. En effet, Amartya Sen, dans « éthique et Économie », déplore l'appauvrissement de l'économie par son éloignement progressif des considérations morales qu'elle envisageait pourtant à ses débuts.

Ma conception prend au sérieux les légalités du marché et de la concurrence, mais il est plus qu'urgent de leur donner une base éthique pour le bien de tous. Cette conception a pris une importance inédite avec les conséquences de la crise économique qui soulignent la nécessité d'une mise en place de principes éthiques et de critères moraux pour les affaires nationales et internationales.

Cette conception peut être soutenue par tout individu ayant des convictions éthiques fondées ou non sur la religion. Toutefois, la responsabilité de la mise en œuvre de l'éthique économique revient à la responsabilité sociale et morale des entreprises, de chaque investisseur et consommateur en personne.

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