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Le transport au Québec, un dilemme

28/07/2013 11:51 EDT | Actualisé 27/09/2013 05:12 EDT

Le choix de voyager est de plus en plus difficile. S'il vivait parmi nous, est-ce que Shakespeare aurait remplacé son: «To be or not to be» par «To go or not to go»?

Les pétrolières ont encore une fois profité du début des vacances de la construction pour augmenter le prix de l'essence à un niveau que nous n'avions pas vu depuis juin 2008 alors que le prix du baril de pétrole se négociait à un niveau record de 147 $. Actuellement, il se négocie autour de 108 $. Beau profit pour les cheiks du pétrole. Elles nous font le coup à chaque fois qu'un long congé débute. Quelle arnaque! Quand ce stratagème cessera-t-il?

Et si on part, quel pont emprunter sans trop prendre de risques pour sa vie? Après de longs palabres sur la réfection ou le remplacement du Pont-Champlain, l'annonce de la construction a été faite, mais on discute encore du mode de transport en commun à privilégier sur le nouveau pont et sur un type d'architecture classique ou originale pour donner une image exceptionnelle à Montréal. Combien de fois aurais-je eu le temps de changer de véhicule avant d'emprunter le Pont-Champlain version 2.0? Pourtant, il y a une éternité que le chroniqueur de la circulation dit à tous les matins à la radio: «Le Pont-Champlain est bloqué depuis Milan» et moi, j'entends: «Le Pont-Champlain est bloqué depuis 1000 ans».

Le Pont-Champlain tombe en morceaux et on le rafistolera tant bien que mal jusqu'à son remplacement. On parle ici du pont le plus utilisé au Canada. Et le Pont-Mercier pour sa part, semble s'effriter par section, mais encore là, on fait du rapiéçage. Quand va-t-on le re-Mercier soit en le remplaçant ou en lui faisant une cure de jouvence, pas seulement en surface?

Comme vacanciers, nous n'avons pas l'option du train pour nous conduire à destination parce que notre réseau n'a pas l'ampleur du réseau européen qui, grâce à la densité de la population, assure un service régulier et rapide desservant de très nombreuses destinations. Aussi, il ne faut pas oublier qu'au Canada, sur les rails, le transport ferroviaire des marchandises a priorité sur le transport des passagers, ce qui rend encore moins attrayant ce moyen de transport qui fréquemment ne réussit pas à respecter ses horaires.

Parlons-en du transport ferroviaire des marchandises. La catastrophe de Lac-Mégantic nous démontre que l'on fait le choix de la profitabilité avant celui de la sécurité. Est-ce que les fonctionnaires du Ministère des transports sortiront de la gare pour crier «Gare aux gens qui veulent augmenter leurs profits en mettant les résidents des abords des voies ferrées à risque»? Quel politicien sera la locomotive d'un train de mesures correctives? Combien de temps devrons-nous «faire du train» et protester avant d'être entendus et compris?

Il ne faudrait pas se limiter à rêver à ses vacances, même s'il est vrai qu'il y a beaucoup de plaisir à les planifier. Il n'y a rien de mieux que de les vivre. Ceux qui disent qu'il y a autant de plaisir à faire le trajet qu'à vivre à destination ne doivent pas vivre au Québec.

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