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Que devient la langue française?

23/11/2014 08:24 EST | Actualisé 23/01/2015 05:12 EST

Jusqu'où iront les abus et malformations de la langue française dus à sa mauvaise utilisation? Lorsque j'écoute les gens, je suis de plus en plus préoccupé par les entourloupettes que les gens se permettent pour massacrer notre langue.

En France

Les Français, plus particulièrement les Parisiens, utilisent tellement d'anglais et d'argot dans leurs conversations de tous les jours, que nous pourrions affirmer qu'ils ne parlent plus français. À titre de preuve, cet échange entendu dans la rue.

« Oh la vache, as-tu vu la nana? Quelle paire de nichons! Son mec doit avoir les mains pleines. Allez, va, cesse de râler, monte, nous devons passer au drugstore avant d'aller faire du shopping avec Sabine et Alexa. Elles nous attendent certainement déjà devant le parking. »

Nos écarts de langage

Le Québec ne fait pas beaucoup mieux, mais différemment. Après tout, on se veut distinct, même de la mère patrie. Encore là, en prêtant l'oreille, j'entends régulièrement des expressions utilisées à plus ou moins bon escient. Quelle façon de massacrer une langue!

Pour illustrer mon propos, je vous raconte l'histoire vraie de gens ordinaires qui s'expriment de façon imagée, mais reconnue de tous parce que c'est devenu avec le temps, une façon de s'exprimer normalement au Québec.

« La patronne de Georges l'a fait venir à son bureau. » Pas la place la plus séduisante en ville, mais une belle façon de démontrer que l'on doit « jouir » aussi de la vie au travail.

« Simon a pris un verre de trop et s'est fait sortir, cul par-dessus tête. » Ayoye.

« Alain aimait bien Aline, mais il l'a plantée là. » Ouch!

« Ils ont eu une nuit torride si je me fie aux cris entendus en provenance de leur chambre. Il l'a mis à mort. » Méritait-elle cela?

« On lui a fait peur, il s'est sauvé la queue entre les deux jambes. » Normalement, c'est là que cela se trouve.

« Il est allé faire une saucette avec Tania à Tremblant. » Ça, c'est d'avoir de la suite dans les idées.

« Son auto est à vendre, je vais aller jeter un œil... » Pauvre toi, cela doit être douloureux. Pourras-tu le récupérer ensuite?

« Je vais me venger, œil pour œil, dent pour dent. » Probablement douloureux, mais aussi peu hygiénique. Je préfère garder mes propres morceaux.

« Ne me parlez pas de lui, il est tellement lâche que le cordon du cœur lui traine dans la marde. » Est-ce qu'il pue en plus?

« J'ai tout donné pour cette organisation, j'ai sué sang et eau pour eux et voici la preuve qu'ils n'ont aucune reconnaissance pour mes efforts. » Eh non! Ils ont pressé le citron et ce n'est pas le jus qu'ils attendaient de toi.

« Bonjour Jacques-Alexandre. Comment vas-tu? Je pète le feu. » Est-ce qu'il souffre? Attention au passage.

« Au réveil, Pierre-Paul constate qu'il a la voix éteinte. Il dit à Anne-Lise : j'ai un chat dans la gorge, mon p'tit pitou. Aurais-tu du sirop pour matou, ma biche. » Le réveil du monde animal.

« Il ne se prend pas pour de la marde. » Heu-reu-sement.

« On a beau tout essayer aujourd'hui, le cheval ne veut pas chier dans la pelle ». A-t-il été dressé pour cela?

Est-il nécessaire de parler gras et de sacrer pour s'exprimer? Tant d'insanités sont-elles nécessaires? Non.

Procèderait-on de façon différente si l'on voulait faire de notre langue un dialecte? L'utilisation que nous en faisons pourrait nous conduire là. Et la communication par textos n'aidera pas à améliorer la situation puisqu'en écrivant aux sons, nous nous éloignons encore plus de notre langue maternelle. Dommage pour nous et dommages à la langue!

P.-S. Mon logiciel correcteur Antidote en a pris pour son rhume avec ce texte. Il est présentement aux soins intensifs.

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