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La difficile harmonie entre patronat et syndicats

29/09/2013 10:37 EDT | Actualisé 29/11/2013 05:12 EST

Une autre mauvaise nouvelle découlant de relations de travail difficiles a été annoncée récemment. En effet, après 11 mois de grève de ses employés, les dirigeants de l'Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe ont informé les médias de sa fermeture le 22 décembre prochain.

Certains employeurs choisissent de faire affaire avec un syndicat pour représenter leurs employés et ainsi de s'adresser à un seul interlocuteur. D'autres souhaitent conserver l'harmonie en rendant les employés heureux, mais parfois, il y a dans le groupe des travailleurs qui sont des insatisfaits chroniques trop souvent influents, ce qui rend difficile et à l'occasion impossible de rendre le personnel de l'entreprise heureux.

Finalement, il y a aussi des syndicats qui oublient qu'ils sont là pour défendre les intérêts des travailleurs et qui pensent à faire la démonstration de leur pouvoir à l'employeur, ou pire, à la population en général pour déstabiliser les autres employeurs auxquels ils font face ou pour intéresser et attirer de nouveaux groupes de syndiqués chez eux. Parce qu'il ne faut pas l'oublier, un syndicat a aussi des intérêts financiers. La somme des cotisations recueillies et le nombre d'employés représentés constituent aussi des données qui sont parfois employées pour illustrer le pouvoir politique et financier d'un syndicat.

La négociation est une arme politique et commerciale. Les syndicats s'en servent en faisant valoir qu'ils veulent le bien de leurs membres. Cependant, ils vont parfois trop loin dans leur dogmatisme et perdent de vue la réalité soit la capacité de payer de l'employeur ou bien la compétition à laquelle il fait face. C'est là que le bien des employés est mis à risque et que l'élastique se brise.

L'Hôtel des Seigneurs trône sur l'autoroute 20 depuis des décennies et sert de point de repère pour plusieurs conducteurs en plus d'avoir été le havre de plusieurs voyageurs et congressistes. Que deviendra-t-il après sa fermeture? Un éléphant blanc symbole de l'incapacité de se parler raisonnablement et intelligemment autour d'une table de négociation. Ce serait désolant d'autant plus que les quelque 200 travailleurs touchés par cette fermeture ne trouveront pas nécessairement du travail rapidement et dans la région immédiate de Saint-Hyacinthe.

La situation vécue par les Maskoutains actuellement n'est pas unique. Elle se répète année après année en différents endroits. Il arrive même que l'employeur soit entêté et veuille démontrer que c'est lui qui a le dernier mot et le pouvoir de décider. On voit alors des fermetures ou des déménagements d'entreprises.

Pas facile pour l'employé de déceler au moment de son embauche s'il joint une bonne entreprise bien gérée et bien représentée par son syndicat. Cependant, dans toutes ces luttes de pouvoir, il ressort une constante qui ne se dément pas. Les perdants sont toujours les mêmes, soit les employés dont on disait vouloir le bien en défendant leurs intérêts. Ils perdent leurs biens et doivent parfois s'endetter et payer des intérêts sur des emprunts pour faire face aux difficultés à cause de leurs défenseurs qui les ont placés dans une situation précaire.

La Commission Charbonneau entreprend un segment de son enquête qui nous apprendra fort probablement des histoires d'horreur que nous imaginons, mais possiblement en pire. Serait-il temps de se questionner sur les relations de travail et sur les limites du pouvoir attribué à un syndicat? Après tout, le travailleur choisit son emploi et son employeur au départ, mais le syndicat lui est souvent imposé parce qu'il est déjà en place.

On est bien loin de Ti-Louis Laberge qui défendait mordicus les travailleurs et qui a mis sur pied le Fonds de solidarité des Travailleurs- F.T.Q. Nous verrons sous peu à la Commission Charbonneau jusqu'où le pouvoir de l'argent a détourné les intérêts syndicaux et attiré les requins du monde des affaires et d'autres groupes.

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