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Juste un Trudeau

13/09/2015 08:47 EDT | Actualisé 13/09/2016 05:12 EDT

Alors que la campagne électorale progresse, nous constatons que fiston Trudeau ne peut pas nier ses airs de famille lorsqu'il s'adresse à la foule, suffisant et même arrogant.

Cela me rappelle la campagne menée par son père à bord du train de la Confédération, arborant la bannière illustrant le thème de la campagne libérale à l'époque: «Trudeau, solid gold». Thème qui avait été traduit très précisément par les Cyniques, mot à mot, «Trudeau, or dur».

Le faux jeune Trudeau essaie dans son dernier commercial télévisé de se distinguer de ses adversaires Harper et Mulcair en les décrivant comme des politiciens d'expérience. Or, quelle expérience a-t-il à part la politique, lui qui depuis 2008 siège à Ottawa, où il est né alors que son père était premier ministre?

Rappelons-nous qu'il était déjà actif chez les Jeunes libéraux dès 1988 à l'âge de 16 ans. Son curriculum vitæ fait état d'une expérience d'enseignement du français et des mathématiques à Vancouver, sans préciser la durée de cet emploi.

Mon père avait l'habitude de dire d'une personne comme lui, née dans une famille libérale qui votait systématiquement pour le Parti libéral pendant toute sa vie, que cette personne était un électeur teint en rouge. Je crois qu'il aurait dit du fils de PET qu'il semble hautain, surtout envers ses adversaires politiques.

Sûr de lui et prêt à débattre de tous les sujets, cet homme de plus de 40 ans, de fière allure, projetant une image de jeunesse, émet souvent des opinions sur lesquelles il doit ensuite revenir pour corriger le tir. Ceci est même déjà arrivé en ondes à l'émission Tout le monde en parle alors qu'il avait fait une farce mal placée sur l'Ukraine et la Russie après les Jeux olympiques de Sotchi. Il avait dû s'excuser plus tard. Va-t-on laisser un supposé petit comique développer son répertoire de «jokes» ethniques à nos dépens?

Après avoir élu un premier ministre qui a lancé notre pays en guerre, veut-on vraiment risquer de se retrouver dans l'embarras au niveau mondial à cause d'un dirigeant politique irréfléchi?

Lorsqu'il n'emprunte pas les idées de ses adversaires politiques, il en émet des surprenantes, même pour son entourage, et doit ensuite se débattre pour se sortir du bourbier qu'il a creusé lui-même.

Certains lui reconnaissent des promesses électorales intéressantes, mais y a-t-il vraiment réfléchi, ou est-ce qu'il ne se contente pas de dire exactement ce que les électeurs veulent entendre? Plus d'argent pour la classe moyenne, pas de péage sur le futur pont Champlain, investir dans les infrastructures pour relancer l'économie: de belles idées, mais sont-elles réalisables et réalistes? Le sait-il et s'en préoccupe-t-il vraiment? Se contenterait-il plutôt de miser sur le capital politique?

Sa confiance en lui semble avoir augmenté depuis sa victoire lors un combat de boxe contre un adversaire, qui a notre connaissance, n'aurait battu que des femmes, Patrick Brazeau, alors sénateur conservateur. Le combattant Trudeau peut donc se vanter d'être possiblement le seul Canadien à avoir donné une raclée à un Autochtone sans avoir subi de récriminations à ce sujet. Mais est-ce suffisant pour qu'il insiste dans sa vidéo publicitaire, en disant textuellement: «Je suis prêt». Cela nous rappelle un autre triste sire, chef libéral au provincial, John Charest qui avait fait en campagne électorale au Québec en insistant sur le même thème.

Si pour les libéraux fédéraux, son nom de famille justifiait qu'il soit un leader, est-ce applicable au pays en entier? Est-il prêt à gérer nos taxes? Comment lui faire confiance? Ses prédécesseurs immédiats à la chefferie de son parti étaient des penseurs. Michael Ignatieff et Stéphane Dion émettaient des idées qu'ils pouvaient expliquer, sans avoir son charisme. Est-ce que le charisme est suffisant pour diriger un pays? Le charisme de l'aîné de PET serait-il suffisant pour faire face aux Poutine de ce monde?

Comme son père le faisait, ce fils d'ex-premier ministre veut et réussit à passer pour un Québécois au Québec et pour un Canadian ailleurs au pays à cause de ses origines, mère anglophone et père francophone en partie. Il est difficile d'oublier comment son père a traité le Québec au moment du rapatriement de la Constitution et du premier référendum. Pourquoi imaginer que le fils nous traiterait mieux une fois élu à la tête d'un gouvernement canadien surtout composé de ses partisans ontariens? Une élection des libéraux le 19 octobre prochain avec le descendant Trudeau à leur tête va-t-elle déclencher une autre crise d'Octobre?

Pourquoi prendre ce risque avec un parti qui fait sa publicité électorale au Québec avec des affiches ressemblant à des cartes mortuaires? Est-ce que c'est cela leur plan, inspirer la sympathie pour ensuite étouffer le Québec pour le mettre à la merci du reste du Canada?

Je suis pour ma part, convaincu qu'il n'est pas prêt, qu'il n'a pas l'expérience nécessaire. C'est à mon avis un politicien, rien de plus. Et je considère que pour le bien du pays, il serait préférable que des Trudeau à la tête du pays, nous en ayons eu Justin.

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