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Stephen Harper et le paternalisme

18/04/2015 08:36 EDT | Actualisé 18/06/2015 05:12 EDT

Qu'est-ce que la bâtardise? C'est l'état de ce qui est bâtard ou plus précisément qui n'a pas de caractère distinct ou précis, que l'on peut aussi définir comme étant de deux espèces différentes.

J'ai pensé à ce mot et à ma grand-mère en écoutant le Téléjournal récemment. Ma grand-mère, si nous avions été une famille italienne, aurait été le parrain. Aujourd'hui, on dirait qu'elle était une Germaine (elle gère et mène). Mais cela ne veut pas dire que les choses étaient claires pour autant.

Le plus bel exemple que je peux rapporter est son testament. Lorsqu'elle est décédée, quelques années après mon grand-père, ses dernières volontés étaient un exemple flagrant de bâtardise. En effet, alors que sa fille et quatre de ses cinq garçons lui survivaient, il était écrit dans le testament lu par le notaire qui s'excusait de ne pas avoir pu la faire changer d'idée, qu'elle cédait sa maison à sa fille et à trois de ses fils encore vivants, avec la condition d'y loger sans frais, jusqu'à sa mort, leur frère, le quatrième, qui lui, ne faisait pas partie de la liste des nouveaux propriétaires de la résidence. Et le tout était aussi assorti d'une autre condition. Pour pouvoir loger dans cette maison, le quatrième devait renoncer à y amener vivre avec lui une conjointe. Il était célibataire au moment du décès de sa mère, mais elle lui imposait de demeurer vieux garçon pour continuer à vivre dans cette maison qu'il avait partagée avec elle, lui, son bâton de vieillesse, qui ne l'avait jamais quittée.

Pourquoi faire cela simple quand cela peut être compliqué? Pouvez-vous imaginer le casse-tête des nouveaux propriétaires lorsque leur locataire a entendu la lecture du testament et qu'il s'est révolté, lui qui se privait depuis déjà plusieurs années de vivre avec son amie de cœur pour prendre soin de sa mère?

Ce qui m'a amené à penser à cette tranche de notre histoire familiale, c'est la décision de la Cour suprême qui invalidait les conditions minimales obligatoires que le gouvernement Harper voulait imposer aux juges dans le programme « loi et ordre ». C'est ce même gouvernement qui, il n'y a pas très longtemps, s'est opposé avec véhémence à l'existence d'un registre des armes à feu. C'est aussi ce même gouvernement que l'on pourrait qualifier de républicain du nord, qui veut donner plus de pouvoirs d'enquêtes sur les citoyens canadiens au SCRS (Service canadien de renseignement de Sécurité) et finalement, c'est ce gouvernement Harper qui a transformé le Canada en pays belligérant plutôt que pacifiste en nous lançant en guerre contre les talibans en Afghanistan et à notre insu contre l'État islamiste en Irak et maintenant en Syrie.

Je trouve des similitudes entre l'amour maternel dont faisait preuve ma grand-mère pour celui qu'elle considérait probablement comme le mouton noir de la famille en lui imposant de vivre le reste de ses jours selon ses règles à elle et le gouvernement du Parti conservateur qui n'hésite pas à se lancer en guerre, mais ne veut pas savoir lesquels de ses citoyens possèdent des armes à feu. Un gouvernement qui ensuite veut donner plus de pouvoirs aux agences de renseignements pour identifier les détenteurs d'armes qui pourraient représenter un risque pour la sécurité du pays, en plus de souhaiter exiger plus de sévérité de la part des tribunaux pour les détenteurs d'armes prohibées.

Difficile à suivre, c'est cela que j'associe à la bâtardise.

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