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Doit-on faire confiance au gouvernement canadien?

Comme le décrivait Jules Michelet : « La politique est l'art d'obtenir l'argent des riches et les suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres. »

26/11/2017 08:00 EST
Czar Dancel / Reuters
Justin Trudeau

Le gouvernement Trudeau se fait rassurant et si dit prêt en cas d'immigration illégale de masse d'Haïtiens ou de Salvadoriens en provenance des États-Unis. Les élus se montrent rassurants en disant que le nombre d'immigrants ne devrait pas être important à la suite de la récente décision du président Trump de mettre fin au programme temporaire de résidence, prétextant que plusieurs ne quitteront pas les États-Unis et que le plus grand nombre qui avait à le faire l'a déjà fait.

Aussi, on nous dit que le nombre de fonctionnaires attitrés à l'accueil des nouveaux arrivants pour traiter leurs demandes d'asile a été augmenté. Pourtant, il y a déjà des retards dans le traitement des dossiers des immigrants qui ont fait partie de la première vague au printemps et l'été dernier.

Aussi, on a remplacé les tentes installées au printemps à Saint-Bernard de Lacolle par des roulottes. C'est comme si le gouvernement « parlait des deux côtés de la bouche » comme le dit si bien mon ami Bruno. On nous dit qu'on est prêt, mais on prépare des abris temporaires supplémentaires parce qu'on ne semble pas certain de pouvoir accueillir une autre marée de gens. Ce sont des discours contradictoires difficiles à croire.

En embauchant plus de personnel pour s'occuper des demandes d'asile, est-on en train d'amplifier les problèmes générés par Phénix?

Lorsque l'on entend que ce même gouvernement ne réussit pas à régler les problèmes du logiciel de paye Phénix pour ses propres employés, il est difficile de croire les élus qui avaient promis une solution rapide. Même le vérificateur général disait cette semaine qu'il faudrait possiblement plus d'une autre année pour traiter les plaintes qui se multiplient plutôt que de diminuer. En embauchant plus de personnel pour s'occuper des demandes d'asile, est-on en train d'amplifier les problèmes générés par Phénix?

Les libéraux pourraient crier au meurtre en prétextant que ce logiciel de paye fait partie de l'héritage laissé par le gouvernement de Stephen Harper. Ils ne le font pas. Cependant, après plus de 18 mois au pouvoir, ils n'ont pas trouvé de solution aux problèmes générés par Phénix. En s'acharnant à chercher seulement des diachylons à appliquer sur un cancer qui semble généralisé, le gouvernement actuel semble endosser ce choix pour le futur. Ne serait-il pas temps de s'attaquer au vrai problème en considérant le remplacement de Phénix?

Notre cher Justin semble déjà avoir oublié le scandale des « Paradise Papers » qui impliquent des proches et membres actifs du Parti libéral. Ce n'est pas le message qu'il véhiculait en campagne électorale en se disant l'ardent défenseur de la classe moyenne.

En fermant les yeux sur un tel exemple d'évasion fiscale, il renie ses promesses et laisse entendre au Canada entier que les riches peuvent continuer à utiliser des moyens de se soustraire de leurs obligations fiscales au Canada pendant que le gouvernement continuera à faire payer la classe moyenne et les petites entreprises plus qu'elles ne le devraient. Après tout, ce qu'économisent les Riches et les grandes entreprises qui transfèrent leur argent dans les paradis fiscaux, le gouvernement le récupère ailleurs, soit chez ceux qui n'ont pas assez de moyens financiers pour utiliser de tels stratagèmes ou pour se défendre face à la gourmandise de l'État.

C'est cette classe moyenne que Justin Trudeau et son parti disaient vouloir défendre. Tant qu'il ne légifèrera pas sur les paradis fiscaux, ce gouvernement n'aura aucune crédibilité face à la classe moyenne.

En conclusion, le défi du gouvernement Trudeau demeure de faire de la politique autrement, soit comme le décrivait Jules Michelet : « La politique est l'art d'obtenir l'argent des riches et les suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres. »