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Des choix déchirants

30/10/2014 08:08 EDT | Actualisé 30/12/2014 05:12 EST

Avec ses annonces incessantes de coupes budgétaires, le gouvernement provincial tâte le pouls, semble-t-il, puisque rien n'est encore officiel même si on ne cesse de nous dire que les coupes seront majeures. Pendant ce temps-là, les syndiqués municipaux se font de plus en plus véhéments quant à leurs réclamations concernant leurs programmes de retraite que veut réviser le gouvernement.

Et derrière eux se pointe le Regroupement syndical des 400 000 employés des secteurs public et parapublic qui laisse entrevoir ses demandes salariales démesurées ne tenant aucunement compte du message du gouvernement provincial quant à sa capacité de payer limitée. Cela donnera du temps au Parti québécois pour se désigner un Chef et au lieu de se tirailler entre eux, les ténors du parti auraient avantage à faire valoir les intérêts de leurs électeurs auprès d'un gouvernement qui semble déboussolé face à des attentes impossibles à combler de la part des grandes centrales syndicales. Les trois partis d'opposition trop silencieux à ce moment-ci, auraient aussi un rôle à jouer pour faire comprendre le gros bon sens aux grandes centrales syndicales puisqu'il faudra éventuellement une certaine unanimité à l'Assemblée nationale pour défendre les intérêts des contribuables et démontrer aux syndiqués et à la population dont ils font partie comme contribuables eux aussi, que l'élastique est dangereusement étiré et qu'il faudrait cesser de tirer chacun de son côté, et plutôt travailler tous ensemble à l'intérêt de notre province.

À quoi sert-il de constamment contester le parti au pouvoir sans rien apporter de positif ou sans suggérer un compromis raisonnable? Le risque est que la situation ne soit que plus compliquée à gérer pour n'importe quel parti après la prochaine élection.

Le Québec a grandement besoin d'aide, mais cette aide devrait d'abord et avant tout provenir de l'intérieur, des Québécois comme peuple qui démontreraient du gros bon sens en identifiant des priorités à préserver, comme la santé et l'éducation, pour ensuite accepter des sacrifices raisonnables une fois la preuve établie qu'aucun groupuscule n'en tirera un avantage particulier au détriment de la collectivité.

Nous aurions avantage à cesser de ne regarder que notre nombril. Précisons ensemble les efforts que nous accepterions comme peuple plutôt que de laisser nos dirigeants politiques ou des hauts fonctionnaires pas nécessairement toujours branchés sur la réalité faire ces choix déchirants pour nous au risque que leurs choix diffèrent de nos préférences.

C'est bien beau et louable de vouloir défendre le site de reproduction des bélugas, de s'opposer au forage pétrolier ou à la recherche du gaz de schiste et de remettre en question le transport du pétrole albertain par bateau, train ou oléoduc au Québec, mais il faudrait identifier la sécurité minimum recherchée et les avantages que nous en retirerons comme peuple avant de faire des concessions et d'accepter des décisions qui auront un impact à long terme en prétextant que c'est pour faire progresser la société.

Derrière tout cela, il semble y avoir un travail majeur de communication et de justification à faire pour que la population soit rassurée et manifeste son appui face aux décisions majeures qu'il faudra prendre dans un avenir rapproché.

Notre situation n'est pas aussi catastrophique que dans d'autres pays, mais pour continuer à vivre à un endroit où il fait bon vivre, il faut réaliser que nous sommes à un tournant majeur de notre histoire où les choix nous engageront à long terme et qu'il ne faut donc pas les prendre à la légère ou de façon doctrinale.

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