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Une basse-cour de justice

15/02/2015 08:40 EST | Actualisé 17/04/2015 05:12 EDT

Il aura fallu un vendredi soir de froids ardents accompagnés d'une chute de neige pour que je m'assoie devant le téléviseur pour chercher une émission qui me permettrait de passer le temps. C'est là que j'ai vu à l'œuvre maître Anne-France Goldwater, dans L'Arbitre.

J'avais déjà vu la bande-annonce de l'émission et j'avais remarqué qu'elle cherchait à animer le spectacle avec humour, mais j'ai été sidéré de voir la clientèle qui se retrouve devant elle pour attendre sa décision. Quel mélange de gens désœuvrés, mal informés, sans aucune valeur morale ou tout simplement niaiseux qui profitent de l'offre du producteur télévision pour étaler leur cas devant la caméra et régler leur cause aux frais du producteur qui défraye la peine imposée selon la décision de l'Arbitre.

J'ai vraiment été frappé par les acteurs, des gens ordinaires qui jouent leurs propres rôles. Heureusement, notre société ne compte pas que des gens comme eux, mais qu'ils fassent partie de notre société est désolant et il faut se demander comment nous en sommes arrivés là. Qu'est-ce que notre société devrait faire pour éviter la prolifération de gens si peu éduqués ou peu informés? Comment les gens peuvent-ils avoir si peu de valeurs morales et d'éthique? C'est comme s'ils faisaient leurs choix en fonction d'eux-mêmes, de leurs propres nombrils en oubliant qu'ils font partie d'une société. Est-ce un oubli ou un refus de se comporter comme souhaité dans une société organisée? Souhaitons que les figurants de cette émission ne soient qu'un pâle reflet de notre société, sinon, nous ne vaudrions pas grand-chose comme peuple.

Il y avait ce soir-là une exception en apparence, mais pas plus encourageante. Un homme vêtu d'un veston disant être responsable de la location de près de 400 logements, dont plus de 100 qui lui appartiendraient personnellement. Or, le litige portait sur la location d'un appartement différent de celui qu'il avait fait visiter en prétendant qu'il était identique alors que le logement réellement à louer était en décrépitude. Il se disait surpris de ce que lui disait maître Goldwater lorsqu'elle lui expliquait qu'elle se devait de le condamner parce que le bail était mal complété. Avec toute son expérience en la matière, il faisait le niaiseux qui apprenait quelque chose. Si c'était vraiment le cas, il est vraiment niaiseux et il a malheureusement dû frauder bien des locataires.

La mode des téléréalités nous montre des gens de toutes sortes dans des contextes différents, mais ce que j'en ai vu, et j'avoue ne pas être un adepte du genre, nous fait découvrir soit des talents extraordinaires, des gens qui se dépassent, mais aussi, trop souvent, des gens qui n'ont pas de valeurs morales. Quel est l'intérêt des auditeurs à regarder de tels spectacles?

La simili basse-cour de maître Goldwater me faisait peine à voir et malgré ses efforts pour enseigner et expliquer la base des règles de droit dans notre société, je crois que la clientèle participante est navrante et je doute fortement qu'elle apprenne et surtout, je ne crois pas à son intention de se corriger.

A-t-on mis sur pied un tribunal parallèle plus rapide à entendre les causes et à rendre des jugements? Vers quoi se dirige-t-on maintenant que les gens constatent qu'il y a possiblement un producteur télévision qui accepte de payer à leur place les frais de leurs mauvaises décisions ou intentions frauduleuses? Veut-on encourager les comportements irresponsables?

Est-ce vraiment la façon d'amener les gens à agir correctement? Pour ma part, je ne crois pas à cette approche et j'en ai assez vu.

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