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Un pas en avant, deux en arrière

Publication: 31/03/2012 09:59

Le 21 mars dernier, le Mali a subi un coup d'État. Coup d'État que je ne comprends absolument pas... L'armée a le droit de contester les décisions du président dans la gestion de la crise qui sévit dans le nord du pays. Peut-être effectivement, il n'est pas assez dur avec la rébellion, et leur laisse de l'espace... Mais de là à faire un coup d'État, il n'ya pas un pas... il y'a un fossé.

C'est que les élections présidentielles au Mali c'est dans 2 mois... 2 petits mois! En plus, ATT (lire Amadou Toumani Touré) a dit qu'il ne se représenterait pas... On compte sur le bout des doigts le nombre de présidents de l'Afrique subsaharienne qui clament haut et fort qu'ils n'ont pas l'intention de se représenter aux élections présidentielles... Concernant ATT, son désintérêt pour le pouvoir est assez frappant. En 1992, après avoir renversé le dictateur Moussa Traoré, il a immédiatement remis le pouvoir aux civils, car selon lui, le rôle d'un général de l'armée n'est pas d'être président. C'est donc ainsi qu'il a quitté l'armée pour se présenter 20 ans plus tard, en 2000.

Pourquoi donc les très chers membres de l'armée qui n'étaient pas d'accord avec sa politique n'ont pas attendu les prochaines élections? Ils pouvaient présenter un candidat, et même les gagner... Ça fait mal de voir une institution démocratique en devenir, basculer ainsi.

Pendant que le Mali a fait 2 pas de géants en arrière, je tiens à féliciter les Sénégalais pour leur pas en avant, un énorme pas en avant. Mais avant tout je tiens à saluer le président Wade qui a compris que le plus important, ce sont les institutions, c'est la démocratie, et surtout c'est la volonté du peuple. Enfin, je suis extrêmement contente de voir comment toute l'opposition s'est mobilisée autour d'un seul homme à l'issu du 1er tour. C'est un exemple à suivre, pour des pays comme le Cameroun où il y a plus de 200 partis politiques enregistrés, et où une coalition est apparemment impossible, ce qui donne la réélection (fraude ou pas, là n'est pas la question) du « Vieux Lion » Paul Biya, en poste depuis 1982.

Pour en revenir au Mali, la junte a proposé une nouvelle constitution, et surtout a promis de ne pas avoir de candidat lors de la présidentielle dans 2 mois. J'espère vivement qu'ils respectent leur parole, et maintiennent les élections présidentielles comme prévu. Le Mali subit déjà assez les effets de la sécheresse, de la famine qui s'en suit pour avoir à se battre sur un plan politique. De son côté, ATT se porte bien, sa famille aussi. Il a récemment accordé une entrevue à RFI dans laquelle il estime que ce n'est pas la sécurité de sa personne qui importe, mais bien le respect des institutions, et de la démocratie.

« Je dis que le plus important pour moi aujourd'hui ce n'est pas ma personne. Je suis à deux mois de la fin de mon mandat. Je pense que le plus important aujourd'hui, c'est, de manière consensuelle, avec l'ensemble de la classe politique malienne et l'ensemble des parties présentes, et l'ensemble des chefs d'État de la CEDEAO, de ménager une sortie de crise. Je pense que le plus important aujourd'hui, ce n'est pas ATT, ce n'est pas les hommes, ce qui est important c'est la démocratie, c'est les institutions, et c'est le Mali. »

Quel homme!