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Les réseaux sociaux à nos trousses

21/08/2012 12:00 EDT | Actualisé 20/10/2012 05:12 EDT

Mi-juin 2012, un jeune homme est à la recherche d'un appartement. À l'issue de sa première visite d'un spacieux loft baigné de lumière dont il tombe instantanément éperdument amoureux, il décide de le louer sur le champ. Rendez-vous est donc fixé pour le lendemain avec les propriétaires, pour la signature du bail.

Ceux-ci, gentil couple désireux d'avoir comme locataire quelqu'un d'agréable et de paisible, lui demandent des références de ses précédents locateurs comme le veut la procédure de vérification des antécédents. Le garçon explique alors à ses futurs propriétaires qu'il travaille dans une institution connue de la ville, et qu'il pourra leur donner des cartes d'affaires de ses supérieurs hiérarchiques, ainsi que le numéro de téléphone d'une dame italienne chez qui il a vécu trois ans durant. Tout est en ordre.

Mais dans l'intervalle que faire, lorsque l'on veut être proactif? On va sur Google, ce moteur de recherche absolument phénoménal y inscrire le nom du locataire et on est redirigé vers ses profils Facebook, Twitter et LinkedIn.On découvre hormis le fait qu'il travaille bien à l'endroit dit, qu'il est titulaire de la chair d'excellence de l'université d'où il a obtenu un diplôme de second cycle en arts visuels et qu'il a un site internet du tonnerre. Vous êtes bluffé! Encore plus lorsque vous lisez un message de lui ayant tweeté : « seems that I 've got myself a new apartment». Rien que la pratique du tweet devenu verbe, montre l'étendue du phénomène. C'est prodigieux, c'est du direct, c'est du concret. Mais alors, comment faisait-on avant?

Mi-juin 2007, une jeune femme vient visiter le même appartement toujours aussi coquet. Elle a le coup de foudre elle aussi et le loue pour cinq ans. Ses références? Une belle lettre de papier fin estampée d'une signature et soigneusement pliée puis glissée dans une enveloppe sur le devant de laquelle était écrit à la main, À qui de droit. Ces choses-là ne se font plus de nos jours. À cet effet, c'était quand la dernière fois que vous avez reçu une lettre écrite au stylo?

Les réseaux sociaux existaient déjà en 2007, suite à l'effacement du web 1.0 moins communautaire et plus axé sur l'aspect technique de la chose; mais le réflexe de les consulter pour tout et rien était moins frénétique que ce n'est le cas aujourd'hui. De nombreux employeurs comme on le sait avouent visionner les réseaux sociaux auxquels appartiennent les candidats sélectionnés pour des entrevues d'embauche, ainsi que ceux de leurs employés. Ceci est une sorte de test psychométrique expérimental permettant de cerner le profil psychologique de ces personnes. Dans le cas d'une location immobilière, la consultation des réseaux sociaux s'avère plus efficace et plus fiable qu'une simple lettre ou un appel téléphonique.

En un clic, le 2.0 est à nos trousses de façon un peu intrusive mais acceptée. En effet, c'est par choix que sont affichées les photos des dernières vacances sur Facebook sans paramètre de sécurité, le cursus scolaire et professionnel sur LinkedIn, et les libertés de penser sur Twitter. D'où l'acceptation bon gré, mal gré que l'on s'y réfère.