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Qui suis-je?

03/08/2016 08:29 EDT | Actualisé 03/08/2016 08:29 EDT

Récemment, j'ai compris que tout le monde est composé de trois identités bien distinctes: «Qui j'étais», «Qui je suis» et «Qui je serai». Et lorsque l'on s'intéresse à ces trois personnages bien vivants dans chaque individu, il est fascinant de constater à quel point ces derniers sont constamment en train de se chamailler. Il va sans dire qu'il est plutôt dur de se sentir bien intérieurement lorsque tous ces conflits émergent en nous.

«Qui j'étais» aime bien, même trop, rappeler à «Qui je suis» d'où il vient et ce qu'il a traversé. Chez certaines personnes, «Qui je suis» a tendance à trop écouter «Qui j'étais». On ne peut pas vraiment lui en vouloir parce qu'il est souvent influençable, même naïf. En fait, «Qui je suis» dépend beaucoup de «Qui j'étais», et c'est ce qui rend la relation un peu malsaine.

«Qui je suis» n'a que très rarement vécu sans «Qui j'étais». Par contre, lorsque «Qui je suis» y arrive, il devient plus authentique et n'est plus ce qu'il était. Il devient alors réellement «Qui je suis». Sans vieille histoire, sans regrets et sans excuses pour définir qui il est, «Qui je suis» se définit par lui-même, au jour le jour. Lorsque «Qui j'étais» n'est plus dans les parages, les tracas du passé et la méfiance liées à ceux-ci ne définissent plus «Qui je suis».

Au même titre que «Qui je suis» dépend souvent de «Qui j'étais», «Qui je serai» se base beaucoup sur «Qui je suis». «Qui je suis», lui, va même jusqu'à entreprendre certaines actions pour faire plaisir et donner de l'espoir à «Qui je serai». Le problème, c'est que «Qui je serai» a tendance à donner de faux espoirs à «Qui je suis» et, naïf comme il est, «Qui je suis» à des attentes envers «Qui je serai». Pire encore, «Qui j'étais» peut même se mêler de la partie et encourager «Qui je suis» à croire que «Qui je serai» est meilleur que lui. Malheureusement, «Qui je suis» peut même s'oublier à travers «Qui je serai» tellement il peut tomber dans le panneau et croire que ce dernier est meilleur que lui.

«En réalité, il n'existe qu'un seul de ces trois personnages.»

J'ai moi-même souvent fondé mes valeurs, mes choix et mes actions en fonction de «Qui j'étais», mais je suis vite rendu compte que cela ne faisait que contenter ce dernier. «Qui j'étais» n'a jamais compris que s'il désirait être avec «Qui je suis», il devait avancer, apprendre à cheminer, à pardonner et à s'aimer lui-même tel qu'il est, et non pas tel qu'il était. Au lieu de cela, il préfère se remémorer de vieux souvenirs et de vieilles histoires, et c'est bien pour cela qu'il restera toujours «Qui j'étais»...

Puis j'ai tenté de vivre en fonction de «Qui je serai». Je n'y suis jamais arrivé, pour la simple et unique raison que «Qui je serai» est une projection de «Qui je suis» dans un avenir quelconque. Ce futur de «Qui je suis» n'est qu'un idéal à poursuivre, et donc pour arriver à rencontrer «Qui je serai», je dois d'abord prendre soin de «Qui je suis».

Lorsqu'on réfléchit à ces trois frères qui vivent dans chacune de nos têtes, il nous est facile de comprendre qu'en réalité, il n'existe qu'un seul de ces trois personnages, et c'est «Qui je suis».

Sans lui, «Qui j'étais» ne pourrais exister puisqu'il n'est qu'un «Qui je suis» qui n'est plus de ce monde. «Qui je serai», quant à lui, ne pourrais certainement jamais naître si «Qui je suis» ne naissait pas d'abord. C'est donc dire que c'est «Qui je suis» qui crée «Qui j'étais» et «Qui je serai». C'est également «Qui je suis» qui les entretient.

Vivre en fonction de «Qui je suis», c'est un peu déroutant, vous ne trouvez pas? En fait, la plupart des gens n'en feront jamais la véritable expérience. C'est arriver à ne pas se référez à «Qui j'étais» pour prendre de nouvelles décisions ou entreprendre de nouvelles démarches dans une sphère ou une autre de ma vie. C'est également ne pas se baser sur «Qui je serai» pour me fixer un objectif, c'est ne pas croire en un futur meilleur mais seulement se centrer sur «Qui je suis».

Se choisir, finalement, c'est vivre seulement en considérant «Qui je suis», aujourd'hui, maintenant et à cet instant. Il n'y a pas d'entité plus importante que «Qui je suis», et «Qui je suis» reste mon choix, à moi, puisqu'au fond, je suis fidèle à «Qui je suis».

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