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Les soirées mondaines des clowns à la Tohu

19/04/2015 08:23 EDT | Actualisé 19/06/2015 05:12 EDT

La vie d'un clown comporte certains privilèges, dont celui d'avoir le bonheur d'entretenir des relations amicales et professionnelles avec ses collègues circassiens. Au nombre de ces petites occasions, se trouvent les charmantes invitations à assister aux fabuleuses soirées de premières de la Tohu, du festival Montréal complètement cirque ou d'autres compagnies artistiques que la mienne. Plus encore, j'adore organiser une fois l'an une sortie de groupe où je convie mes collègues contemporains à vivre un moment privilégié au sein d'un cirque traditionnel, chez les Shriners, sous les auspices et l'accueil chaleureux de ses proprios, la famille Zerbini. Coquetels, barbecues et autres occasions de faire connaissance, de se solidariser, de grenouiller et surtout, de partager la joie de découvrir et de s'ouvrir à d'autres visions artistiques.

Je ne transgresserai pas la soi-disant règle non écrite qu'un artiste ne peut pas se mettre en conflit d'intérêts en écrivant une critique de spectacle. Parce que, dans les faits, lors de chacune des occasions du genre, je retrouve les mêmes personnes, avec lesquelles j'ai le plus grand plaisir de discuter, de partager, de critiquer, de m'ébahir, d'être en désaccord et d'avoir des théories et des commentaires parfois incisifs, parfois élogieux. Ça tient presque du sport... du même ordre que le fait de « gazouiller » et de commenter durant une soirée électorale, question d'avoir un impact, de décocher une flèche amicale ou de souligner un bon coup.

a simple space

A Simple Space de la troupe de Gravity and Other Myths (GOM)

J'ai vu pour mon plus grand bonheur un spectacle de ceux que j'avais ratés lors du rendez-vous de Montréal Complètement Cirque l'été dernier. Le spectacle intimiste A Simple Space, de la troupe de Gravity and Other Myths (GOM), porte bien son nom. La petite scène installée à la Tohu serait complètement vide, si ce n'était des sept interprètes: Triton Tunis-Mitchell, Lachlan Binns, Jascha Boyce, Martin Schreiber, Jacob Randall, Rhiannon Cave- Walker, Daniel Liddiard et leur maestro, Elliot Zoerner, d'un côté et des lumières sur chaque coin.

Cette petite compagnie d'acrobates australiens formée en 2009 à Adélaïde en Australie du Sud envisage ses créations selon une approche axée sur la performance et s'éloigne ainsi des modèles traditionnels du cirque et du théâtre pour favoriser une fusion de théâtre physique acrobatique. Le public qui entoure la scène sur trois côtés et est dans la plus grande proximité et intimité possible. Un spectacle brut, à l'état pur, qui coupe le souffle des spectateurs tellement le rapprochementnous donne l'impression de prendre part à la prestation.

Le spectacle débute alors que les membres de la troupe se laissent tomber avec la confiance absolue d'être attrapés à temps par les autres membres. On peut voir la sueur dégouliner sur leurs visages, entendre leurs respirations lourdes et voir les sourires dessinés sur leurs lèvres tellement ils ont autant de plaisir que le public.

Le numéro se termine et les artistes s'alignent à l'arrière de la scène et se regardent comme pour dire: « À qui le tour? » Une saine compétition amicale est aussi ce qui tisse le lien de la représentation. Rhiannon Cave-Walker exécute un fabuleux numéro d'équilibre sur cannes d'une force sublime par sa technique. La musique est également fantastique. La bande-son moderne et énergique a été créée en direct (bon, OK il y avait un ordinateur portable, etc.) par un seul musicien, Elliot. Il règne en roi et maître sur l'univers musical de la scène dansune performance de percussion de haute en couleur et en vivacité où il met à contribution tout son corps. À la fin, sa poitrine est à vif à la suite des coups et claques auto-infligés. Sur le plan visuel, la pièce la plus impressionnante du spectacle est celle où Jascha Boyce est jetée par les mains et les pieds par les autres membres de la distribution, telle une corde à sauter humaine balancée entre les différents artistes.

A Simple Space est un spectacle fort divertissant. Et pour une fois, je me suis spontanément levé afin de saluer cette époustouflante prestation. Un énorme bravo! Je sais bien qu'il est dommage que mon billet soi publié alors que vous n'avez plus l'occasion de voir la troupe à l'œuvre. Dites-vous que la programmation du prochain Festival sera dévoilée la semaine prochaine, ce qui vous laissera amplement le temps de prévoir les bons coups!

Note de l'auteur Je me lance dans un projet particulier, lequel nécessite le plus grand investissement qui soit dans mon cas, celui de l'humilité. Chaque dimanche, je publierai sur mon blogue au Huffington Post Québec un texte autobiographique. Parfois, les récits et les anecdotes pourront paraître invraisemblables. Mes histoires choisies, elles, seront vraies. En fait, tout sera dans la manière que j'aurai de vous raconter ces petits bouts d'existences, d'observations et de perceptions.


En les écrivant, c'est un peu comme si je les conservais dans une capsule temporelle, afin de ne rien oublier. Juste au cas. Traduites dans plus d'une vingtaine de langues grâce à des collaborateurs, elles seront également diffusées via mon site fredolini.com et sur ma page Facebook. Ensuite, ces textes seront regroupés et publiés sous forme de livre. C'est donc une fabuleuse aventure toute en écriture que j'entreprends. J'espère qu'elle saura toucher le cœur des gens, surtout le vôtre. C'est donc un rendez-vous!


A Simple Space

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