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Un budget avant les élections: l'obligation d'un gouvernement responsable

07/02/2014 12:37 EST | Actualisé 08/04/2014 05:12 EDT

Au cours des dernières semaines, plusieurs économistes de renom, qui n'ont aucun parti-pris politique, ont publié des études très poussées qui démontrent que les finances publiques du Québec sont dans un état très préoccupant.

Le 24 janvier dernier, la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques, sous la direction de Luc Godbout (et certains collègues, dont Pierre Fortin), a publié un rapport intitulé La soutenabilité budgétaire des finances publiques du gouvernement du Québec. Les auteurs y concluent qu'à cause de notre niveau de dépenses et du vieillissement de la population, nos finances publiques sont justement «insoutenables». Selon des projections modérées, même si le gouvernement atteint l'équilibre budgétaire en 2015, il retombera en déficit très rapidement. Ce déficit atteindrait près de 4 milliards $ en 2020 et 17 milliards $ en 2030. «La dette totale du Québec, qui est prévue être de 209,8 milliards $ dollars en 2015, exploserait à 429 milliards de dollars en 2030».

Le 29 janvier 2014, le professeur Robert Gagné, économiste et directeur du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, publiait Productivité et prospérité au Québec, bilan 2013. Dans la foulée de cette publication, le professeur Gagné s'exprimait ainsi:

«Même si le Québec n'a plus les moyens de ses ambitions, il a non seulement maintenu son offre de services publics au cours des 30 dernières années, mais il l'a bonifiée. Le plus préoccupant, c'est que l'État québécois a dû considérablement resserrer son étau fiscal pour demeurer providentiel. Toutefois, on ne peut augmenter indéfiniment l'impôt des particuliers et des entreprises sans mettre l'économie en péril. Voilà pourquoi il nous apparaît primordial de sonner l'alarme afin d'inciter le gouvernement du Québec à remettre en question ses façons de faire.»

L'automne dernier, le gouvernement a rendu publiques des politiques économiques qui représentent des centaines de millions de dépenses pour les années à venir. Ces dernières semaines, de nombreux projets d'investissement et de dépenses ont été annoncés sans que l'on sache où l'on prendra l'argent pour honorer ces engagements.

Bref, les questions se multiplient. Seul un budget rédigé dans les règles de l'art permettra de répondre à toutes nos interrogations.

Selon l'actualité des derniers jours, tout porte à croire qu'il y aurait des élections d'ici l'été. Dans un tel contexte, la Fédération des chambres de commerce du Québec juge essentiel qu'avant le déclenchement des élections, le gouvernement présente le budget 2014-2015, incluant les prévisions de dépenses des ministères et organismes. Il s'agit, à nos yeux, d'un geste de responsabilité et de transparence.

Nous savons que le ministre Marceau est à l'œuvre depuis plusieurs semaines. La Fédération demande donc au gouvernement de partager avec les Québécois les faits sur la situation financière et budgétaire du Québec. Le gouvernement doit chiffrer ses engagements, indiquer ses choix budgétaires. Il doit donner l'heure juste sur l'état de l'économie, sur les revenus du gouvernement et sur l'importance du déficit de l'année en cours et celui de l'année prochaine.

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