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Le libre arbitre

03/01/2015 09:02 EST | Actualisé 05/03/2015 05:12 EST

L'offre et la demande dans le domaine économique, tout comme les mutations aléatoires et la sélection naturelle selon Darwin en biologie, ou bien, d'après Démocrite, le hasard et la nécessité en matière de cosmologie, décrivent un mécanisme dont les règles élémentaires de la logique gouvernent le fonctionnement. D'un bout à l'autre de l'Univers, le rapport entre sa disponibilité et son utilité établit de façon objective la valeur réelle de chaque chose. Nul ne peut contester cette affirmation sans fonder son raisonnement sur des arguments fallacieux. Il s'ensuit que quiconque dénonce la loi du marché prône, par défaut, le règne de l'arbitraire.

L'opinion publique québécoise semble évoluer plutôt par élimination que par illumination. Au cours d'un processus tristement anti-cartésien, la population adopte méthodiquement des idées saugrenues avant de rejeter ces dernières pour de moins pires étourderies puis enfin se résigne, presque par dépit, à faire siennes celles qui triomphent ailleurs. L'Histoire retiendra, à coup sûr, qu'un peu plus de discernement aurait permis aux habitants de la Belle Province de constater d'eux-mêmes que le libéralisme crée un environnement au sein duquel les peuples, à l'instar des hommes, expriment leur individualité à loisir. Cette philosophie, brillante de simplicité, érige la justice sociale en système grâce à la mise en place d'un cadre législatif garantissant à tous l'égalité des chances et s'assurant que seul le mérite détermine le succès relatif de chacun.

Le contradicteur dogmatique estime que la majorité des gens se trompent la plupart du temps. Il se campe donc sur une position diamétralement opposée à celle que soutient le plus grand nombre, confiant ainsi, comble de l'ironie, la tâche de sélectionner son propre point de vue à ceux dont le jugement ne lui inspire pourtant que du mépris. Cette dissidence ne provoquerait que le sourire narquois d'un observateur si les analystes qui, aujourd'hui, déplorent la pensée unique ne ressemblaient étrangement aux soi-disant intellectuels qui, hier encore, louangeaient le socialisme scientifique. Parce qu'il tente d'imposer, au moyen de contraintes structurelles, sa vision utopique d'un monde égalitaire, le marxisme se révèle une idéologie intrinsèquement totalitaire.

Quant aux partisans de la voie mitoyenne, ils se disent constamment à la recherche du juste milieu entre deux thèses considérées extrêmes car défendues avec conviction, mais ne parviennent ultimement, au prix d'affreux compromis, qu'à échafauder un projet comportant les inconvénients de l'une sans pour autant bénéficier des avantages de l'autre. La social-démocratie s'avérant, suite à une fusion du communisme et du capitalisme, le fruit d'un tel syncrétisme, pas étonnant que les politiciens qui, au Québec, incarnent cette tendance ambivalente s'efforcent de marier le fédéralisme à l'indépendance, proposant la souveraineté-association à un électorat apparemment incapable de décider s'il préfère croupir sous les fers de la servitude ou brandir le flambeau de la liberté.

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