François Croteau

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Quelle est la place de l'éducation au Québec?

Publication: 14/03/2012 11:08

Le débat actuel sur la hausse des frais de scolarité m'interpelle. L'éducation joue un rôle important en matière de culture, et de citoyenneté, mais j'aborderai la question de la place de l'éducation dans l'économie québécoise. Je veux ici répondre aux arguments strictement économiques évoqués par plusieurs.

Pour demeurer compétitif, un état doit être en mesure d'offrir une main-d'œuvre hautement qualifiée afin de permettre à ses entreprises d'être compétitives et favoriser les investissements privés. Il en va de même si nous voulons créer un contexte favorable pour convaincre des entreprises étrangères de s'établir ici.

Le Québec doit performer dans l'économie du savoir. Pour cela, il doit offrir une formation de pointe dans un contexte favorable. Contrairement à ce que certains allèguent, ce ne sont pas seulement les étudiants qui profiteront d'une bonne formation, mais toute la société québécoise. La prospérité économique du Québec en dépend.

En affirmant que les étudiants doivent faire leur part on laisse entendre qu'ils doivent être des contribuables à part entière avant même la fin de leurs études. Ces mêmes études qui doivent former des travailleurs actifs qui participeront pleinement à l'économie québécoise. N'est-ce pas une contradiction qui mérite d'être soulignée?

Pour qu'une formation académique soit efficace, pour qu'un étudiant performe et atteigne de hauts standards de connaissances, il doit consacrer idéalement tout son temps à ses études. Le nombre d'heures qu'un étudiant mettra à travailler plutôt qu'à étudier aura un impact direct sur ses résultats académiques. C'est donc l'expertise même de ce futur travailleur qui sera diminuée.

L'expérience professionnelle, quelle qu'elle soit, est un atout et un apprentissage nécessaire. Travailler est aussi une formation en soit. De plus, cela permet d'amortir une partie du fardeau que devraient supporter entièrement des parents. Dans un monde idéal, un étudiant verrait ses frais scolaires et de subsistance entièrement assumés par ses parents. Mais pour la très grande majorité des parents québécois, cela est impossible.

Étudier à temps plein demande de consacrer au moins 40 heures semaine à ses études. Actuellement, une grande majorité d'étudiants travaillent environ 20 heures semaines. C'est déjà trop pour obtenir de bons résultats académiques.

Ce que nous avons le devoir de demander aux étudiants, avant d'être des contribuables, c'est de se consacrer à temps plein à leurs études. Et cela, avec tous les sacrifices que cela suppose est notamment d'accepter d'avoir un niveau de vie moins élevé qu'un travailleur à temps plein. Ce que font déjà la très grande majorité des étudiants.

Est-ce que la société québécoise valorise vraiment les études? Accordons-nous vraiment toute l'importance que nous devrions aux études? J'en doute. Voilà des questions fondamentales que nous devons nous poser comme société. Dans ce contexte, j'appuie les étudiants dans leur demande du maintien du gel des frais de scolarité.

 
Le débat actuel sur la hausse des frais de scolarité m'interpelle. L'éducation joue un rôle important en matière de culture, et de citoyenneté, mais j'aborderai la question de la place de l'édu...
Le débat actuel sur la hausse des frais de scolarité m'interpelle. L'éducation joue un rôle important en matière de culture, et de citoyenneté, mais j'aborderai la question de la place de l'édu...
 
 
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
spaceknife
06:38 sur 16/03/2012
Excellent commentaire qui pourrait faire réfléchir ceux qui voient le monde en colonnes de chiffre.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
00:35 sur 16/03/2012
Croyez-vous serieusement que le Quebec est encore en position de choix strategique??

Ce temps est passé depuis longtemps. Le Quebec se meurt a tous les niveaux. On n'est plus a l'etape de penser ou nos pecules nous rapporterons le plus, mais a l'etape de sauver les meubles.

C'est trop peu trop tard! Un gouvernement dirait la verité aux Quebecois et imposerait les remedes de cheval qui s'imposent ne serait pas elu.

On a les gouvernements et la société qu'on merite, et on a personne d'autre a blamer.
17:51 sur 14/03/2012
Je suis contre le gel des frais de scolarité, ce n'est qu'une partie du débat. Il faudrait aussi débattre de la question du financement des études supérieures, des universités. Pour «offrir une formation de pointe dans un contexte favorable», on doit avoir des institutions d'enseignement de pointe. Et pour cela, ça prend du financement. Si on peut trouver une ou des sources de financement alternatives qui permettront de maintenir les frais de scolarité très bas, ou même de les éliminer, je suis d'accord. Mais débattons de la question dans sa globalité et non s'attardant uniquement à la partie qui sert notre intérêt.
Alain Arbour
16:04 sur 14/03/2012
Je suis en accord avec vous en grande partie M. Croteau.

Mais dans un contexte où l'argent ne pousse pas sur les arbres et où il y a des besoins criants qui ne sont pas comblés, on peut se poser les questions suivantes:

-La hausse proposée aura-t-elle un véritable effet sur la fréquentation? Tout ce qu'on peut lire à ce sujet est que non et que la fréquentation est au contraire plus élevée qu'ici dans des états ou les frais sont beaucoup plus élevés. Le niveau de vie l'est sans doute aussi, mais ceci me semble constituer un élément important qui est souvent passé sous silence par les opposants à la hausse et qui doit faire partie de l'équation.

-Garder les frais artificiellement bas fait en sorte que des gens en moyenne plus pauvres et qui n 'auront jamais accès dans les faits à l'université doivent financer des gens en moyennes plus riches au départ qui retireront par ailleurs un avantage financier personnel considérable de leurs études.

-L'argent serait à mon avis mieux utilisé en amont pour régler les problèmes criant de décrochage etc. qui constituent bien plus la véritable barrière d'entrée à l'université pour les gens moins biens nantis.

Je suis par ailleurs en désaccord avec l'argument du 20h de travail. C'est au contraire une excellente école que d'avoir à concilier le travail et les études.

Quant au fait qu'on ne valorise pas l'éducation, je suis d'accord, mais ça n'a rien avoir avec cette hausse.
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Enlightened22
Deviens qui tu es.
15:38 sur 14/03/2012
Il faudrait peut-être que vous preniez conscience de ceci. Le Québec est l'endroit le moins cher en Amérique du Nord pour étudier. Mais je suis d'accord sur un point, le québécois moyen n'accorde pas une grande place à l'éducation. C'est exactement la raison pourquoi IL NE VEUT PAS PAYER sa juste part de celle-ci.
23:17 sur 14/03/2012
Est-ce qu'il a eu un sondage dernièrement qui ciblait les "québécois moyens" pour connaitre l'importance qu'ils accordent à l'éducation ?

Franchement...
23:25 sur 14/03/2012
J'imagine que vous avez lu le dernier sondage qui demandait aux "québécois moyens" l'importance qu'ils accordent à l'éducation ?
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
KenKo
13:05 sur 14/03/2012
Je trouve vos arguments trop simplistes. Donné que la société contribue déjà dans une façon significative aux coûts de leurs études à la hauteur de presque 90%, ca me semble une demonstration assez convaincante de leur valorisation et de l'appui à ce projet de société. Par contre, en faisant l'education gratuite ne developpe pas nécessairement la même valorisation des étudiants de leurs études. La preuve? Le taux de décrochage des étudiants dès la première année du premier cycle est une de plus élévé au pays entier, même avec les frais les plus bas au pays. Ce qui est gratuit ne fait pas les bénéficiares plus conscient du sacrifices des autres qui doivent travailler forte pour payer leurs impôts ou les prestataires des programmes sociaux qui doivent faire face aux coupures dans leurs programmes afin que l'Etat puisse aborder le tout. C'est la nature pervers des être humains à valoriser ce qu'ils leur coûtent en termes de leurs engagements financiers ou contributions. Est-ce que c'est vraiment équitable de s'attendre à ce que les contribuables augmentent leurs impots pour soutenir une minorité qui est le premier à bénéficier les fruits de cette formation? Et c'est pas tout les diplomés qui vont rester au Québec pour contribuer à la société quebecoise en retour; c'est claire que plusieurs voire centaines quittent la province pour travailler ailleurs pour éviter le domaine le plus taxée en Amerique du Nord.
14:27 sur 14/03/2012
Vous avez raison, en taxant encore plus les étudiants, le taux de décrochage va baisser. Les étudiants dans un contexte économique précaire ne pourront même pas avoir le luxe de se payer une session.
15:35 sur 14/03/2012
Vous trouvez les arguments de M.Croteau trop simplistes et pourtant ils sont très loin de l'être. Ce qu'il vous dit M. Croteau c'est que l'éducation est un investissement, notre meilleur et finalement notre seul investissement si nous voulons avoir un avenir. Par contre vos arguments, eux sont simplistes et sans vision.

Nous avons laissé nos gouvernements négliger l'éducation, à tous les niveaux du système et nous l'avons fait parce que nous y sommes peu intéressés et les gouvernement qui ne sont généralement là que pour être réélus, ne s'y intéressent pas, parce que ce n'est pas payant électoralement. Nous sommes donc déjà en retard, nous souffrons d'un déficit d'attention collectif à l'égard de l'éducation et c'est collectivement aussi que nous en paierons le prix.

Nos jeunes ne sont pas assez éduqués, pas assez formés, il y a trop de décrochage et les résultats académiques pourraient être améliorés. Chaque année de négligence nous fait perdre du terrain et cela nous importe peu finalement, parce que les québécois vivent dans l'instant, ils sont collectivement incapables de percevoir l'avenir et réfractaires à y investir.
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12:57 sur 14/03/2012
Je suis parfaitement en accord avec votre propos Mais les étudiants continuerons de travailler 20heures par semaine Société de consommation oblige
12:29 sur 14/03/2012
Enfin quelqu'un qui parle des vrais enjeux et qui en parle bien. Merci M. Croteau d'avoir remis les pendules à l'heure.
12:18 sur 14/03/2012
Bien d'accord avec vous.
La gratuité scolaire devrait être un idéal pour toutes les sociétés.Evidemment,les étudiants auraient à "performer" pour complèter et réussir leurs études dans une période de temps raisonnable.Si après trois ans d'études en médecine l'étudiant réalise tout à coup qu'il préfère le droit il paiera soit pour ses trois ans ou pour son nouveau choix.
Les études supérieures ne doivent pas être réservées aux seuls enfants des bien nantis.
P.J.Audette