Le débat actuel sur la hausse des frais de scolarité m'interpelle. L'éducation joue un rôle important en matière de culture, et de citoyenneté, mais j'aborderai la question de la place de l'éducation dans l'économie québécoise. Je veux ici répondre aux arguments strictement économiques évoqués par plusieurs.
Pour demeurer compétitif, un état doit être en mesure d'offrir une main-d'œuvre hautement qualifiée afin de permettre à ses entreprises d'être compétitives et favoriser les investissements privés. Il en va de même si nous voulons créer un contexte favorable pour convaincre des entreprises étrangères de s'établir ici.
Le Québec doit performer dans l'économie du savoir. Pour cela, il doit offrir une formation de pointe dans un contexte favorable. Contrairement à ce que certains allèguent, ce ne sont pas seulement les étudiants qui profiteront d'une bonne formation, mais toute la société québécoise. La prospérité économique du Québec en dépend.
En affirmant que les étudiants doivent faire leur part on laisse entendre qu'ils doivent être des contribuables à part entière avant même la fin de leurs études. Ces mêmes études qui doivent former des travailleurs actifs qui participeront pleinement à l'économie québécoise. N'est-ce pas une contradiction qui mérite d'être soulignée?
Pour qu'une formation académique soit efficace, pour qu'un étudiant performe et atteigne de hauts standards de connaissances, il doit consacrer idéalement tout son temps à ses études. Le nombre d'heures qu'un étudiant mettra à travailler plutôt qu'à étudier aura un impact direct sur ses résultats académiques. C'est donc l'expertise même de ce futur travailleur qui sera diminuée.
L'expérience professionnelle, quelle qu'elle soit, est un atout et un apprentissage nécessaire. Travailler est aussi une formation en soit. De plus, cela permet d'amortir une partie du fardeau que devraient supporter entièrement des parents. Dans un monde idéal, un étudiant verrait ses frais scolaires et de subsistance entièrement assumés par ses parents. Mais pour la très grande majorité des parents québécois, cela est impossible.
Étudier à temps plein demande de consacrer au moins 40 heures semaine à ses études. Actuellement, une grande majorité d'étudiants travaillent environ 20 heures semaines. C'est déjà trop pour obtenir de bons résultats académiques.
Ce que nous avons le devoir de demander aux étudiants, avant d'être des contribuables, c'est de se consacrer à temps plein à leurs études. Et cela, avec tous les sacrifices que cela suppose est notamment d'accepter d'avoir un niveau de vie moins élevé qu'un travailleur à temps plein. Ce que font déjà la très grande majorité des étudiants.
Est-ce que la société québécoise valorise vraiment les études? Accordons-nous vraiment toute l'importance que nous devrions aux études? J'en doute. Voilà des questions fondamentales que nous devons nous poser comme société. Dans ce contexte, j'appuie les étudiants dans leur demande du maintien du gel des frais de scolarité.
Léa Clermont-Dion: SPVM, tu m'indignes
Ce temps est passé depuis longtemps. Le Quebec se meurt a tous les niveaux. On n'est plus a l'etape de penser ou nos pecules nous rapporterons le plus, mais a l'etape de sauver les meubles.
C'est trop peu trop tard! Un gouvernement dirait la verité aux Quebecois et imposerait les remedes de cheval qui s'imposent ne serait pas elu.
On a les gouvernements et la société qu'on merite, et on a personne d'autre a blamer.
Alain Arbour
Mais dans un contexte où l'argent ne pousse pas sur les arbres et où il y a des besoins criants qui ne sont pas comblés, on peut se poser les questions suivantes:
-La hausse proposée aura-t-elle un véritable effet sur la fréquentation? Tout ce qu'on peut lire à ce sujet est que non et que la fréquentation est au contraire plus élevée qu'ici dans des états ou les frais sont beaucoup plus élevés. Le niveau de vie l'est sans doute aussi, mais ceci me semble constituer un élément important qui est souvent passé sous silence par les opposants à la hausse et qui doit faire partie de l'équation.
-Garder les frais artificiellement bas fait en sorte que des gens en moyenne plus pauvres et qui n 'auront jamais accès dans les faits à l'université doivent financer des gens en moyennes plus riches au départ qui retireront par ailleurs un avantage financier personnel considérable de leurs études.
-L'argent serait à mon avis mieux utilisé en amont pour régler les problèmes criant de décrochage etc. qui constituent bien plus la véritable barrière d'entrée à l'université pour les gens moins biens nantis.
Je suis par ailleurs en désaccord avec l'argument du 20h de travail. C'est au contraire une excellente école que d'avoir à concilier le travail et les études.
Quant au fait qu'on ne valorise pas l'éducation, je suis d'accord, mais ça n'a rien avoir avec cette hausse.
Franchement...
Nous avons laissé nos gouvernements négliger l'éducation, à tous les niveaux du système et nous l'avons fait parce que nous y sommes peu intéressés et les gouvernement qui ne sont généralement là que pour être réélus, ne s'y intéressent pas, parce que ce n'est pas payant électoralement. Nous sommes donc déjà en retard, nous souffrons d'un déficit d'attention collectif à l'égard de l'éducation et c'est collectivement aussi que nous en paierons le prix.
Nos jeunes ne sont pas assez éduqués, pas assez formés, il y a trop de décrochage et les résultats académiques pourraient être améliorés. Chaque année de négligence nous fait perdre du terrain et cela nous importe peu finalement, parce que les québécois vivent dans l'instant, ils sont collectivement incapables de percevoir l'avenir et réfractaires à y investir.
La gratuité scolaire devrait être un idéal pour toutes les sociétés.Evidemment,les étudiants auraient à "performer" pour complèter et réussir leurs études dans une période de temps raisonnable.Si après trois ans d'études en médecine l'étudiant réalise tout à coup qu'il préfère le droit il paiera soit pour ses trois ans ou pour son nouveau choix.
Les études supérieures ne doivent pas être réservées aux seuls enfants des bien nantis.
P.J.Audette