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L’aide aux parents d’enfants lourdement handicapés est de la poudre aux yeux

Soutenir financièrement les familles biologiques serait salutaire non seulement pour les parents et l’enfant, mais permettrait également d’éviter des situations de déracinement qui coûtent cher à l’État.

27/07/2017 09:00 EDT
Eky Akmal / EyeEm
Pourquoi ne pas accorder le soutien financier, qui serait octroyé aux familles ou résidences d’adoption, aux familles biologiques?

De belles promesses. Quand nous regardons avec attention l'évolution de la situation des familles dont l'un des membres a des limitations importantes et des besoins accrus, force est de constater qu'un constat d'injustice s'impose. L'aide du gouvernement actuel, c'est de la poudre aux yeux.

La croisade menée par Parents jusqu'au bout en 2014 et 2015 a conduit à une promesse d'aide par le gouvernement.

Ça y est, le gouvernement nous a entendus! Trop beau pour être vrai. Après les fleurs, il y a toujours le pot. Six mois plus tard, les critères d'admissibilité étaient ouvertement critiqués et nous remettions en doute les fondements mêmes de cette aide qui devait être unilatérale et sans exclusion aucune. Nous ne pouvons, comme organisme œuvrant au mieux-être des personnes qui présentent une déficience intellectuelle, qu'être profondément déçus de la déresponsabilisation de nos élus face à une population vulnérable et marginalisée.

Certes, il y a des gains pour certaines familles, mais ce n'est qu'à force de patience, d'insistance et de supplication que les élus prêtent l'oreille et semblent vouloir faire bouger les choses. En définitive, bien des appels à l'aide tombent dans le néant et les parents se retrouvent à la case départ, face à un mur, dans une solitude immense et à jongler avec les injustices découlant du désengagement de l'État. Pendant tout ce temps, leur monde n'arrête pas de tourner et leur enfant exige du soutien à temps plein.

Les parents ne demandent que ce qui leur revient de droit.

Soyons clairs. Les parents ne demandent que ce qui leur revient de droit. Une aide financière pour adapter leur maison aux besoins de leur enfant, un soutien pour combler le gouffre lorsque l'un des parents doit renoncer à son emploi pour s'occuper de son enfant, une aide, enfin, pour pouvoir garder à la maison l'enfant qu'ils aiment et qu'ils veulent élever eux-mêmes. Tous les couples, je dis bien tous, se sentent à un moment ou un autre exténué, incompris, à bout de nerfs. Forts et courageux sont ces couples qui survivent.

Pourquoi ne pas accorder le soutien financier, qui serait octroyé aux familles ou résidences d'adoption, aux familles biologiques ? C'est un non-sens. D'une main fermée, le gouvernement choisit de ne pas venir en aide, ce qui force les familles à remettre en question leur rôle naturel ou à se serrer la ceinture encore davantage. D'une main tendue, il offre des salaires importants et des conditions favorables aux familles d'accueil. En définitive, il n'apporte pas les réponses à des besoins criants et bien réels.

Soutenir financièrement les familles biologiques serait salutaire non seulement pour les parents et l'enfant, mais permettrait également d'éviter des situations de déracinement qui coûtent cher à l'État.

Soutenir financièrement les familles biologiques serait salutaire non seulement pour les parents et l'enfant, mais permettrait également d'éviter des situations de déracinement qui coûtent cher à l'État. Peut-être qu'après avoir jeté tant de poudre aux yeux, avec ses nouvelles lois et restructurations visant à économiser de l'argent, le gouvernement lui-même se retrouve enseveli et ne voit plus la situation clairement.

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