Francine Pelletier

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Vive la poêle à frire

Publication: 24/05/2012 12:54

Donc, c'est un échec. La loi 78 ne marquera pas de pause, ne règlera pas la crise et ne marquera même pas de points de sympathie pour le gouvernement Charest. Les dénonciations ici comme ailleurs, à droite comme à gauche, ont vite fait de sceller le sort de cette mesure d'exception, exceptionnellement mal conçue. Jusqu'au ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, qui semble souhaiter que la Cour renvoie le gouvernement à ses devoirs.

Surtout, la manifestation monstre du 22 mai, énorme pied de nez à la nouvelle loi, aura établi les lettres de noblesse de la désobéissance civile. Le gouvernement libéral tente depuis des mois de délégitimer le mouvement étudiant en l'associant au vandalisme et aux têtes brulées pour finalement se buter le nez sur une joyeuse marée de 250,000 personnes de bonne humeur, pas du tout casseuses de party, mais capables de se tenir debout.

Encore la veille, le bâtonnier du Québec, qui nous avait surpris avec sa dénonciation de la loi 78, nous surprenait à nouveau avec sa dénonciation en règle de la désobéissance civile. "Complètement inacceptable dans un État de droit," dit Me Masson. Même Gilles Duceppe a senti le besoin de s'en dissocier en précisant qu'on n'était pas en "Afrique du Sud ou dans l'Inde de Ghandi"

Et alors? Rosa Parks qui a refusé de donner son siège à un homme blanc, en 1955 en Alabama, vivait dans un pays qui, dans les années d'après-guerre notamment, faisait l'envie du monde. Les suffragettes, qui se sont enchainées aux grilles du Palais de Buckingham au tournant du siècle dernier, vivaient dans le pays qui a inventé l'état de droit. Le Dr. Henry Morgentaler qui a pratiqué des milliers d'avortements clandestins avant la décriminalisation en 1988, vivait au Québec, l'endroit le plus progressiste en Amérique.

Le mouvement des femmes au Québec s'est bâti précisément sur le contournement de la loi interdisant l'avortement. Comme bien d'autres féministes à l'époque, j'ai aidé des femmes à avorter dans la plus parfaite illégalité. Arrêtez-moi quelqu'un.

Il y a parfois des gestes plus dignes de respect, certainement plus courageux, que de simplement faire les génuflexions d'usage devant la primauté du droit. On comprend, bien sûr, le besoin de juristes et politiciens de réitérer leur attachement aux règlements démocratiques puisque leur pain et beurre en dépend. Le problème c'est que la démocratie ne se conjugue pas uniquement du côté des lois. Elle se mesure tout autant et parfois davantage du côté de la dissension. Pouvoir s'opposer à ce qui nous paraît injuste est tout aussi fondamental, et passablement plus compliqué, que d'aller voter.

Ce qui ne veut pas dire accepter les dérapages et les agents provocateurs sans broncher. Des manifestants nocturnes ont d'ailleurs commencé à s'y opposer et c'est tant mieux. On souhaiterait maintenant que la police cible un peu mieux ce monde-là et un peu moins les innocents. C'est quand même un peu suspect, non, sur tant de gens arrêtés, qu'ils n'aient pas encore mis la main sur les vrais coupables?

Entretemps, j'en ai marre de constater toute la nervosité qui persiste autour de la question de désobéissance civile. Car, veut veut pas, c'est faire le jeu de Jean Charest; c'est laisser croire que les dérapages sont tout d'un côté, celui des étudiants, et passer l'éponge sur ceux, pourtant nombreux, du gouvernement.

Comme dirait Pierre Falardeau, on va toujours trop loin pour ceux qui vont nulle part.

Entre le spectacle d'un gouvernement qui ne cesse d'improviser, prêt à sacrifier des droits fondamentaux pour assurer sa propre ré-élection, coupable de collusion et de passe-droits à répétition, et celui d'un légitime mouvement citoyen -- il est clair que la colère n'est plus uniquement celle des étudiants -- brandissant poêle à frire et pancartes assassines (Charest décrisse/ Fais donc comme ta ministre), il me semble que le choix est clair.

Le gouvernement n'a plus d'autre option maintenant que de s'asseoir et de négocier. De bonne foi, cette fois.

http://www.francinepelletierleblog.com/

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  • Photo: Ryan Remiorz, La Presse Canadienne

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Donc, c'est un échec. La loi 78 ne marquera pas de pause, ne règlera pas la crise et ne marquera même pas de points de sympathie pour le gouvernement Charest. Les dénonciations ici comme ailleurs,...
Donc, c'est un échec. La loi 78 ne marquera pas de pause, ne règlera pas la crise et ne marquera même pas de points de sympathie pour le gouvernement Charest. Les dénonciations ici comme ailleurs,...
 
 
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Popularité
19:22 sur 25/05/2012
Rien à retrancher ou à rajouter à votre commemtaire |! Bravo !
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
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Pierre Deruelle
pierre m de ruelle
10:51 sur 25/05/2012
On devrait songer a se partir une usine de fabrication de casseroles, plutot que de les importer de Chine, ce marche ou cette niche de marche est prometteuse....
10:21 sur 25/05/2012
Le problème, c'est que le gouvernement n'a jamais eu l'intention de négocier avec les étudiants et il n'a pas changé d'idée. Le projet de loi était déjà prêt au moment où la ministre ait mis beaucoup d'énergie à saboter l'entente qu'elle avait conclue avec les étudiants, les syndicats et autres membres de direction scolaire. Il n'y a jamais eu de dialogue avec les étudiants. Lozon le clown déplore qu'on ne peut s'exprimer au Québec alors qu'en France c'est possible? Il faut savoir qu'en France, le gouvernement écoute le peuple. Même Sarko a reculé devant la colère étudiante.
19:21 sur 24/05/2012
qui donc est décédé que Mme Pelletier est devenue la grande commentatrice sur ce qui se passe au Québec pour la CBC. Pourquoi choisir une gauchiste avouée pour se réjouir de la révolution en devenir ?
20:46 sur 24/05/2012
je pesne que cest une tactique pour fermer la télé et la radio d'état fédérale. Ils nous écoure avec de la propagande séparatiste pour que tout les téléspectateurs demadnent la fermeture. Ça marche moi chus pu capable de les entendre. Ils sont peu nombreux mais ont monopolisé tout les micro des médias d'état. Il ne peuvent plus avec les médias sociaux manipuler lopinion comme avant. Comme cette prétendue journaliste qui ne fait pas de journalisme mais du blog d'opinion alors on se donne des titres mais on nest pas assez professionnelle pour suivre les r`gles professionnelles. Pérsentation des faits de manière impartiale, l'objectivité, pis ça se vente d'être une criminelle. La loi cest ce qui permet a tout les membres dune meme société de jouir de liberté dexpression mais aussi du respect de ses droits. Là ou il ny a pas de droit démocratique il y a une dictature ou lanarchie. On a fait des choix que cette poignée de brasseux négligen ils croient que la majorité silencieuse na pas dopinion.s On en a et on les fait valoir par des voix légale, pas en se donnant des titres quand ne respectent pas la déontologie. En prison les criminels.
18:47 sur 24/05/2012
"Les faits et le droit sont toujours subordonnés
à la volonté du peuple."
Me William Ginsberg (il était l'avocat de Monica Lewinski)
08:53 sur 25/05/2012
''Le peuple'' vous êtes encore au moyen age comme sil y avait une aristocratie et une populasse. Alors quil y a une grande diversité.
architecte 60,000, briqueleur 100,000
dirigeant de grande surface( 60 employés) 65,000 monteur de ligne 70,000
postier 65,000, cpe alors vous parlez comme si tout les citoyens étaient a bas salaires alors que les conditions extravagante sont chez les syndiqués. Irréalistes tout les fonfons de la fonctions publiques qui en veuelent toujours plus et plus et mettent le gouvernement en faillite. ce ne sont pas les services qui nous mettent en déficit mais les conditions de ceux qui font le tintamarre pour le statu quo. Eux ils ne veuelent pas que ça change ILS MANIFESTENT POUR LE STATU QUO donc le mur et les étudiants ny comprennent rien
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Jacques Gauthier
Quis custodiet ipsos custodes?
16:10 sur 24/05/2012
''on va toujours trop loin pour ceux qui vont nulle part'' = 102 jours en 11 mots...:-)