Francine Pelletier

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Arriver à ce qui commence

Publication: 12/04/2012 11:26

La phrase était écrite en grosses lettres sur le programme du gigantesque concours oratoire tenu au Monument National, samedi dernier. Ces mots à eux seuls valaient le détour : "Nous sommes arrivés à ce qui commence".

Cette phrase résume avec acuité ce qui se passe actuellement au Québec. Il y a la grève étudiante, bien sûr, devenue bien plus qu'une contestation étudiante, mais également le rassemblement du 22 avril qui veut lui aussi "se faire un printemps". Et entre les deux, cette prise de parole marathonienne, 12 heures sans battre de la paupière ou presque, comme un énorme pont de mots entre deux flots humains, un trait d'union d'un ras-le-bol à l'autre.

"La jeunesse nous montre que le Québec n'est pas mort", disait un intervenant; qu'on peut "encore se lever", disait une autre. Qu'il l'ait voulu ou non, le mouvement étudiant nous ramène à quelque chose de plus grand que ses strictes revendications. Comme la manifestation de samedi dernier, il nous force à nous repenser en termes collectifs, belle lurette que ça ne nous était pas arrivé, plutôt que strictement individuels. Il remet l'accent tonique au bon endroit et nous force à choisir entre comptabiliser le présent ou imaginer le futur.

"Que reste-t-il de nous, dit un prof de philo, quand nous sommes plus pressés de nous vendre que de nous connaître?"

On peut bien penser qu'il serait temps qu'ils mettent un peu d'eau dans leur vin, les étudiants, alors que l'ultime showdown approche et que ça risque de fesser... Mais que dire de l'attitude hautaine du gouvernement Charest, du collet monté de sa ministre de l'éducation? Line Beauchamp ne semble pas revenue du fait que des étudiants ont occupé ses bureaux; elle les traite avec un dégoût à peine dissimulé, comme s'il s'agissait de petits vandales qu'elle aurait surpris sur les lieux.

On critique l'entêtement idéologique des jeunes dans la rue, mais qui des deux, gouvernement ou étudiants, est le plus aveugle à votre avis? Même si les étudiants sont forcés de réintégrer leurs classes, et ils devront bien le faire à un moment donné, la grogne est désormais plus large, le besoin de s'exprimer plus vaste et la nécessité de reprendre ce qui nous appartient, de plus en plus aiguë.

Le mouvement des indignés doit bientôt reprendre du service, je viens d'apprendre, et la manifestation du 22 avril, traditionnellement le Jour de la Terre, risque de péter des scores cette année. Sous la houlette du metteur en scène Dominic Champagne, celui qui a signé un des spectacles les plus importants de l'année, Tout ça m'assassine, en plus de revigorer la bataille contre les gaz de schiste, le rassemblement veut démontrer, non seulement que les questions environnementales nous importent, mais qu'on veut désormais être consulté pour ce qui est du développement du territoire. Mieux: qu'on a envie de secouer la déprime latente, le désoeuvrement politique et culturel qui nous tenaillent depuis trop longtemps. "Quand des hommes, des femmes et des enfants portent les mots dans la rue, écrit Dominic Champagn, les colonnes du temple peuvent trembler."

Le printemps québécois est bel et bien commencé. Puisse-t-il éclater maintenant.

 
 
 
La phrase était écrite en grosses lettres sur le programme du gigantesque concours oratoire tenu au Monument National, samedi dernier. Ces mots à eux seuls valaient le détour : "Nous sommes arrivÃ...
La phrase était écrite en grosses lettres sur le programme du gigantesque concours oratoire tenu au Monument National, samedi dernier. Ces mots à eux seuls valaient le détour : "Nous sommes arrivÃ...
 
 
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Date de publication  | 
Popularité
09:30 sur 15/04/2012
Mme Pelletier, pouvez-vous remplacer la mention "Journaliste" pour "Blogueuse" dans votre titre. Non pas que votre billet n'est pas intéressant mais il n'est assurément pas d'une rigueur journalistique.
17:41 sur 12/04/2012
Gratuité: 1963-2013!

+++

Le temps est venu...
16:49 sur 12/04/2012
''Puisse-t-il éclater maintenant'' M.chante inconsciente. Si tu es fixé sur ton nombril cest que le nombre de chiffre aur ton chèque ne te donne pas l'obligation de vérifier les nombreuses déductions.
Le gouvernement gouvernement pour tout le monde et il n'est pas question de tout donner a ceux qui vont crier le plus fort. On a plus les moyens de gaspiller ainsi. S'ils veuelent être entendu faudrait peut-être changer de disque. On l'a entendu la litanie et on est pas d,accord ni sur le principe ni sur le fond. Et la démocratie c,est aussi la majorité silencieuse. Ceux qui ont des droits bafoués. Facile d'être détaché quand ça ne vous coute rien. Il y aura des étudiants qui vont payer cher toute ce temps et sabotage orchestré par les syndicats. Qu'on arrête de nous prendre pour des caves et montrer les profs en victime. Si les cours n'ont pas lieu c'est parce que cette gang de syndiqués ont défendus aux étudiants de se présenter aux cours en leurs disant qu'ILS NE VONT PAS LES DONNER. Et si le % des votes pour le boycott augmente c'est justement parce que les autres ne se présentent plus aux votes parce qu'Ils se font intimider. C'est une société anarchiquer que vous voulez? Partez en voyage et vous trouverez bien.Ici on l'a la société démocratique la société de droit et on ne veut pas une société anarchiquedirigée par des aux syndicats.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
16:06 sur 12/04/2012
Quel dommage que la journée de la terre soit ruinée par ce populisme étroit tout en surface, tout en image et tout en artifices. Je ne marcherai pas... pour la première fois depuis plusieurs années.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
16:05 sur 12/04/2012
Quel dommage que la journée de la terre sera kidnappée par un mouvement étudiant essentiellement anti-démocratique et à la remorque de déclamations toutes plus démagogiques les unes que les autres. Dans le cas qui nous occupe, Mme Pelletier, les plus aveugles sont bien le leadership étudiant qui a décidé que, peu importe les conséquences et au défi de l’opinion exprimée par la majorité, ce sont eux qui auront le dernier mot. Comme vous le dites, jamais toute cette histoire ne concernait les droits de scolarité. C'est un coup soigneusement monté par les grandes centrales qui se servent des étudiants en première ligne pour véhiculer l'idée farfelue d'un renversement du gouvernement. Il faut voir ces pauvres jeunes de 18-19 ans qui défilent sans la moindre compréhension des enjeux qu"ils croient défendre. On mélange tout, on brandi des chiffres bidons et, malheureusement oui, ils seront les dindons de la farce. C'est un des comportements les plus duplicites qu'il m'a été de voir de la part des centrales syndicales.

Le "printemps québecois" n'aura pas lieu, Mme Pelletier, parce qu'une réappropriation aussi odieuse des véritables visées de la démocratie et des droits humains ne se fera pas par un assemblage de demi-vérités et de propagande. Les jeunes se sont fait avoir par un cynisme démagogique qui dépasse de loin toutes les injustices qu'ils croient combattre.
19:40 sur 12/04/2012
J'ai de la misère à croire qu'on peu parler ainsi et se prendre au sérieux... Infantiliser les étudiants en laissant croire qu'ils n'ont aucune idée des enjeux de cette lutte... Qu'ils brandissent des chiffre bidons? Qu'ils sont contrôlés par les centrales syndicales? Il est ironique de voir tant d'accusations sans fondement et de voir le mot démagogique apparaître dans la dernière phrase de votre texte.
22:58 sur 12/04/2012
C'est vrai qu'il se prend vraiment au sérieux. Il a un ego sur-dimensionné et il aime s'entendre parler. Mieux vaut ne pas lui répondre.
07:01 sur 13/04/2012
ha ha! Le Huff lui offre plein de médailles pour ça!