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Pourquoi ne pas offrir à tous les enfants du Québec une chance égale?

TEXTE COLLECTIF « Bonjour madame, est-ce que vous avez un casier judiciaire ? Et votre conjoint ? Je voudrais vous confier mes enfants... »

28/11/2017 09:00 EST
santypan via Getty Images

Mais qu'est-ce qui peut bien motiver le nouveau ministre de la Famille lorsqu'il souhaite renoncer à une prestation de services mieux encadrée pour le bien des enfants du Québec ? Il a choisi de placer le fardeau des vérifications sur les épaules des parents, qui en ont déjà bien assez sur les bras !

Au Québec, afin de pouvoir opérer un refuge pour petits animaux, un régime de permis a été instauré. Il existe en effet une réglementation pour localiser et inspecter un plus grand nombre de lieux de garde et assurer un meilleur contrôle des élevages non conformes.

Donc, comment comprendre qu'au Québec un permis soit obligatoire pour accueillir de petits animaux, mais pas nécessaire pour accueillir des enfants ?

Rare moment survenu plus tôt cet automne : tous les acteurs du réseau des services éducatifs régis et subventionnés du Québec ont salué la volonté de monsieur Sébastien Proulx, alors qu'il était ministre de la Famille, de resserrer les règles des services non régis en milieu familial. Il s'agissait d'un Projet de loi visant à améliorer la qualité éducative et à favoriser le développement harmonieux des services de garde éducatifs à l'enfance : comment aurait-on pu s'y opposer ?

Voilà qu'au lendemain du remaniement ministériel du gouvernement libéral, le nouveau ministre de la Famille, monsieur Luc Fortin, trahit sa méconnaissance du milieu des services éducatifs en modifiant le projet de loi 143. Plutôt que de proposer son adoption comme le recommandaient l'ensemble des acteurs de l'éducation et de la petite enfance, et ainsi mettre un terme à laxisme et à l'absence de législation pour les milieux familiaux non régis alors qu'il en avait l'occasion, le ministre abandonne la sécurité et la qualité des services offerts à près de 40 000 enfants qui fréquentent ces milieux familiaux non régis.

Pour une première action à titre de ministre, on ne pouvait trouver mieux pour soulever la grogne, l'inquiétude et la colère de tous ceux qui ont à cœur l'avenir des enfants du Québec !

Lorsque l'on parle de garde non régie en milieu familial, on parle de personnes qui gardent plusieurs enfants chez elles, sans aucun contrôle ni surveillance.

La population québécoise, et plus spécifiquement les parents et futurs parents de jeunes enfants, doit absolument comprendre ce dont il s'agit. Lorsque l'on parle de garde non régie en milieu familial, on parle de personnes qui gardent plusieurs enfants chez elles, sans aucun contrôle ni surveillance. On devrait pourtant croire que toutes les conditions sont réunies pour offrir à tous les enfants du Québec le même filet de protection. Pourtant, ce n'est pas le cas !

Actuellement, le ministre Fortin tente de rassurer la population en mentionnant que ces gardiennes devront répondre à trois exigences : avoir suivi leur cours de secourisme, ne pas avoir d'antécédents criminels et posséder une assurance responsabilité civile : rien d'autre ! Qui sera responsable de vérifier que ces exigences sont conformes et à jour ? Les parents à la recherche d'un service de garde !

D'autre part, le ministre Fortin ignore les objectifs de qualité éducative visés par le projet de loi déposé par son prédécesseur, allant ainsi à l'encontre de la politique gouvernementale pour la réussite éducative. Celle-ci place la qualité des services éducatifs à la petite enfance au cœur de la réussite scolaire future des enfants, ce qui ne peut être cohérent avec l'absence complète d'obligations pédagogiques ou de formations en garde non régie.

Monsieur le Ministre, pour la sécurité et le développement du plein potentiel de tous les enfants du Québec, nous vous invitons :

  • à respecter l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant quant à l'obligation des États d'assurer la sécurité des enfants ;
  • à revoir votre position en matière de contrôle et d'encadrement de la garde non régie.

Nous vous assurons de l'entière collaboration de notre réseau et vous tendons ici la main pour mettre notre expertise au bénéfice des enfants du Québec. C'est leur avenir qui est en jeu.

Ce texte est cosigné par:

Association des cadres de centres de la petite enfance (ACCPE)

Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance (CQSEPE)

Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ)

Regroupement des centres de la petite enfance de la Montérégie (RCPEM)

Regroupement des centres de la petite enfance des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches (RCPEQC)

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