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Prévenir la pédophilie: une solution simpliste peut-être, mais efficace

18/01/2015 11:11 EST | Actualisé 20/03/2015 05:12 EDT

Il faut retourner presque 30 ans en arrière, plus précisément à l'automne 1987. À cette époque, ma sœur habitait avec sa famille un petit village pittoresque sur la Rive-Sud de Montréal. Vous savez, le genre d'endroit où il fait bon vivre, où tout le monde se connaît par son prénom. Pourquoi se questionner? Inutile de se méfier, ici rien ne peut arriver...

C'était le jeune voisin d'en face, gentil, avenant, toujours prêt à rendre service, sortir les poubelles, déneiger l'entrée, amuser les enfants. Surtout amuser les enfants...

À chacune de mes visites, je me méfiais de ce jeune adulte parfait, j'épiais le moindre de ses gestes, je soutenais son regard et je n'arrivais pas à éliminer le doute que j'avais. À cette époque, j'étais étudiante en criminologie à l'Université de Montréal. Peut-être que mes études me faisaient voir des crimes partout... Pourtant, mon sixième sens me disait que quelque chose n'allait pas. Et un bon jour, en croisant le regard de mon petit neveu de quatre ans, j'ai eu la certitude que mes craintes étaient fondées. Ses yeux avaient perdu tout éclat... Ce gentil voisin était en réalité un prédateur et il avait choisi le plus fragile des trois enfants comme proie.

Mon sang s'est glacé dans mes veines, j'ai vu du feu et dès cet instant, j'ai informé ma sœur et son mari de ma certitude. Onde de choc, coup de poing sanglant. Avec tout l'amour du monde, ma sœur a questionné son jeune fils et le verdict est tombé... J'avais malheureusement vu juste. Branle-bas de combat, dénonciation, accusations, sentence ridicule et traumatisme à vie chez l'enfant et sa famille. Mon neveu n'a plus jamais été le même. Un mal de vivre l'a envahi et à l'automne 2006, il est décédé dans un accident d'auto. Nous n'avons jamais vraiment compris le sens de sa mort, mais ce que nous savons, c'est que ce prédateur a détruit sa vie. Ça, nous en sommes persuadés.

Nous avons crié haut et fort, nous avons dénoncé, mais cet individu a poursuivi sa route. Nous l'avons perdu de vue, puis nous avons appris il y a quelques années qu'il occupait un poste de gardien de sécurité dans l'un des plus grands terrains de camping du Québec. Le loup dans la bergerie... Encore une fois, nous avons avisé les dirigeants, qui ont heureusement réagi de façon responsable en le congédiant. Mais dites-moi combien de victimes comme mon neveu cet ignoble individu a-t-il faites au cours des 28 dernières années?

Peut-être en raison de la sensibilité accrue des forces policières, qui ont maintenant des escouades dédiées à la pédophilie, et des gens en général, il ne se passe pas une semaine sans qu'un individu soit mis en accusation ici et ailleurs pour des crimes similaires. Parfois, c'est même plusieurs fois dans une même semaine que l'actualité nous rapporte leurs méfaits. Internet a décuplé leur pouvoir de rapace, les ordinateurs de ces monstres contiennent souvent des milliers de photos d'enfants abusés. L'horreur! C'est une véritable plaie contre laquelle il est pourtant difficile de protéger nos enfants puisque dans la grande majorité des cas, nous ne connaissons pas ces agresseurs, rien ne permet de se protéger d'eux puisque seule la famille touchée et leurs proches sont au courant de leurs actes dégradants.

Il n'y a pas 100 000 solutions. Non, les thérapies ne fonctionnent pas. Non, il n'y a pas de deuxième chance possible, les risques sont trop grands. La pédophilie est une déviance. Il faut les identifier de façon flagrante, il faut les marquer au fer rouge, leur tatouer en haut du sourcil le pseudonyme «Pédo» avec l'année de la condamnation.

Quand allons-nous nous tenir debout en tant que société? On ne touche pas à nos enfants, sous aucune considération. Tu es condamné, donc tu es tatoué. Point à la ligne.

Et surtout, ne me parlez pas de droits de l'homme. Mon neveu a perdu sa vie. Qui s'est préoccupé de ses droits à lui?

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