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Lettre à Guy Turcotte

06/09/2014 09:13 EDT | Actualisé 06/11/2014 05:12 EST

Guy Turcotte est profondément convaincu qu'il serait plus utile à la société à l'extérieur, en devenant aidant naturel dans sa famille plutôt que d'être enfermé dans une cellule de prison.

Mon cher Guy, je vais me permettre de te tutoyer, car ma mère m'a toujours dit que nous devions vouvoyer les gens que nous respectons, et dans ton cas, je dois malheureusement te dire que je n'ai aucun respect pour toi.

Je vais commencer par remettre à César ce qui revient à César : tu es une personne extrêmement intelligente, bourrée de talent de toutes sortes, tu as exercé l'un des métiers les plus nobles de la société, tu as réussi avec brio des dizaines d'années d'études dans le but de sauver des vies. Tu as été utile à la société une partie de ta vie, je n'en doute pas un seul instant. Mais par un matin froid de février 2009, tu as pris la décision de ne pas sauver des vies, mais plutôt de l'enlever à tes deux enfants. Tu as avoué toi-même avoir assassiné tes enfants à grands coups de couteau. Cette journée-là, toi, Guy Turcotte, cardiologue et père de famille, tu as décidé qu'Olivier et Anne-Sophie ne méritaient plus de vivre, qu'ils n'étaient plus utiles à personne... Réalises-tu l'ampleur de ton geste? Tu as détruit la vie de deux jeunes enfants totalement innocents et empoisonné à jamais la vie de leur mère!

Selon les experts, tu ne représentes plus un risque pour la société; dans ton cas, les risques de récidives sont quasi nuls. Je ne suis pas une experte en la matière, mais mon cœur de mère et de citoyenne doute profondément de cette affirmation. Qui aurait dit avant cette date fatidique de février 2009 que le grand cardiologue Guy Turcotte pourrait commettre le pire? Personne. Tu étais tellement parfait. On aurait pu te donner la communion sans confession! Et pourtant, tu as commis le pire!

Désolé, mais selon moi (et une grande partie de la population), le seul endroit où tu peux être utile à quelqu'un, c'est à l'intérieur des murs où tu dois payer pour tes crimes. Pourquoi ne pas utiliser ton temps d'incarcération pour exercer ta profession de médecin à l'intérieur? Au moins, tu ferais sauver des coûts à la société et nous serions rassurés sur tes risques de récidives.

Tu ne peux pas nous demander d'avoir à ton égard de la compassion, c'est impossible! Tes mains agiles qui ont sauvé tellement de vies ont également servi à tuer à grands coups de couteaux deux enfants qui avaient le droit de vivre et de devenir à leur tour très utiles à la société.

Je n'ai aucune pitié pour toi. Je ne peux te faire confiance un seul instant, c'est malheureux, mais c'est comme ça! Un peu plus de cinq ans se sont écoulés depuis les évènements. As-tu pensé que cette semaine Olivier et Anne-Sophie auraient commencé une autre année scolaire, ils auraient eu, comme tous les enfants du Québec, le plus beau des sourires en embarquant dans l'autobus jaune, ils auraient été heureux de rejoindre leurs petits amis dans la cour d'école? Ils avaient le droit de vivre cette rentrée, mais au lieu de cela, ils reposent dans un cimetière sans aucune possibilité de libération. Pourquoi en irait-il autrement pour toi?

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