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Les inquiétantes décisions du président élu Donald Trump

16/12/2016 08:27 EST | Actualisé 16/12/2016 08:27 EST

Si les premières semaines du président élu Donald Trump préfigurent ses quatre prochaines années à la Maison-Blanche, on ne peut que s'inquiéter.

À l'heure des grands défis que confronte notre monde, que ce soit le changement climatique, le terrorisme ou les inégalités économiques, il a nommé dans son cabinet des climatosceptiques ou issus des milieux du pétrole, des milliardaires, des représentants de la firme Goldman Sachs, des anciens militaires et quelques hurluberlus comme Ben Carson. Fidèles à leur vision et à celle (s'il en a une) du président élu, ils s'assureront probablement de démanteler la politique environnementale du président Obama et, au plan économique, de prendre des mesures à leur avantage, ainsi qu'à celui de leur patron, en plus de faire passer l'Obamacare aux oubliettes. On donne aux renards la clef du poulailler.

Appuyés par des émules du Tea Party et de l'alt-right, des reculs sont donc aussi à prévoir dans les domaines social, du travail, de l'éducation, et de la santé. À moins que ce groupe d'individus et le Parti républicain mettent l'intérêt public au-dessus des leurs, ce qui serait étonnant.

Quand un futur président déclare qu'il ne croit pas aux évaluations unanimes des services d'intelligence de son pays sur les interventions russes dans le processus électoral américain, il y a lieu de s'interroger sur son jugement et sa bonne foi. Bien que son comportement pendant la campagne nous y préparait. Il dit admirer le président Poutine qui a éliminé ses opposants sans ménagement, remet en question l'ordre mondial en envahissant ses voisins, et bafoue le droit international humanitaire en Syrie. Il n'est pas étonnant qu'une grande partie de la population américaine et même certains élus républicains soient soucieux.

Certains observateurs croient qu'une fois à la Maison Blanche, la réalité du pouvoir et le contrepoids du Congrès pourraient avoir un effet positif sur Trump, mais c'est loin d'être sûr. Entre-temps, il continue de tweeter sans retenue, de manière impulsive et sur tout ce qui bouge. À moins qu'il s'agisse d'une stratégie planifiée, ce qui est alarmant.

Les électeurs qui ont porté Trump à la présidence pourraient avoir mis un frein au leadership constructif de l'Amérique dans le monde, du moins pour les quatre prochaines années, sinon au-delà. Avec un tel dirigeant et son équipe, les États-Unis perdront aussi de leur crédibilité internationale. D'autres nations tireront profit de cette situation: la Chine, bien sûr, qui planifie à long terme, et dans une moindre mesure la Russie. Ce n'est pas un hasard si le président Poutine favorisait l'arrivée de Trump. Le Canada et les alliés des États-Unis en paieront le prix.

Les décisions du président Trump basées sur ses « instincts » et les conseils d'un entourage incompétent ou machiavélique augmenteront le risque de conflits et l'instabilité internationale. Il reste à souhaiter que cela ne mène pas à des confrontations militaires. Malheureusement, le nombre important d'ex-généraux dans le nouveau cabinet américain n'a rien pour rassurer. Les messages agressifs à l'égard de Pékin, s'ils se poursuivent, risque de mener à une spirale dangereuse. Au Moyen-Orient aussi, la diplomatie des tweets n'est sans doute pas la bonne alors que la région est déjà à feu et à sang et les enjeux très complexes.

Mais qui pourra arrêter ce président sanguin, ignare, mal conseillé et convaincu qu'il a toujours raison? Les électeurs de Trump, leurrés par ses promesses démagogiques, réaliseront peut-être, mais trop tard, qu'ils ont été floués. Et qu'ils ont contribué au déclin de leur nation qui, déjà divisée, le sera encore plus face au plan de démolition de l'État américain par un petit groupe de milliardaires avec l'aide de la droite du Parti républicain.

On peut même penser que, suite aux politiques de Trump, une opposition intérieure de résistance se développera. La situation pourrait se détériorer au point où « la loi et l'ordre » poussent à des tendances autoritaires de la part de la nouvelle administration. À ce stade, toutes les hypothèses sont envisageables, faute de précédent.

Les derniers mois de 2016 n'augurent rien de bon pour 2017. Mais j'espère avoir tort.

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