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Évasion à Saint-Jérôme: mission impossible et gardiens invisibles

15/03/2016 11:42 EDT | Actualisé 16/03/2017 05:12 EDT

Les images diffusées ce matin par Le Journal de Montréal sont pour le moins spectaculaires. L'évasion de deux détenus de la prison de Saint-Jérôme le 17 mars 2013 relève du film d'action. C'est à bord d'un hélicoptère détourné par des complices armés que cet événement est survenu. Et nous sommes tous aux premières loges aujourd'hui en voyant comment ça s'est produit.

Heureusement, la situation qui aurait pu finir de façon tragique s'est rapidement terminée avec la capture des évadés. Personne n'a été blessé, sauf le pilote qui vivra avec ce douloureux souvenir durant toute sa vie. On dit même qu'il ne vole plus depuis qu'un supposé touriste devenu criminel lui a mis un révolver sur la tête, ce fatidique jour de mars 2013.

De nombreuses questions ont été soulevées depuis cette évasion. Beaucoup sont demeurées sans réponse alors que d'autres sont restées sans action préventive. La preuve est que quelque mois plus tard, une autre évasion à l'hélicoptère avait lieu du Centre de détention de Québec.

L'histoire se répétait à nouveau malgré les promesses du ministère de la Sécurité publique de prendre des mesures pour empêcher la répétition de cette méthode d'évasion.

Revenons à Saint-Jérôme cependant. La question à laquelle aucune réponse n'a été fournie reste encore aujourd'hui la suivante: où étaient les gardiens pendant cette très longue séquence de 6 minutes?

Il y avait bien l'opérateur de la caméra de surveillance. Il y en avait un autre sûrement au téléphone pour demander de l'aide de la police sinon aviser ses supérieurs. Mais les autres, ceux que l'on ne verra jamais dans la vidéo, que faisaient-ils? Je peux certainement comprendre que la solution de se servir d'une arme à feu pour tirer sur l'appareil ne devait pas être la solution.

Ce faisant, on aurait pu déstabiliser le Robinson et causer un écrasement qui aurait certainement provoqué des blessures graves, sinon la mort des personnes impliquées.

Les gardiens de la prison ne sont pas intervenus sur le toit. C'était un problème d'accès peut-être. La crainte de se retrouver face à face avec un ou des individus armés a sûrement joué aussi. À moins que ce soit un problème d'équipement. Est-ce que les gardiens avaient les moyens pour intervenir sur le toit? Sont-ils formés pour intervenir lors d'une situation d'urgence quand une évasion survient devant leurs yeux et leurs caméras? Et cette corde qui pend depuis l'hélicoptère qui, une fois posé sur le toit, se rend quand même jusqu'au sol non? Encore une fois, aucune intervention des gardiens au sol durant, permettez-moi de le répéter, 6 longues minutes.

Et s'il n'y avait tout simplement pas de plan prévu dans les établissements de détention pour réagir à cette possibilité. J'ose à peine y penser!

Depuis ces évasions, Saint-Jérôme et Québec, des promesses émanant des autorités avaient été faites pour empêcher ce genre d'évasion. Aujourd'hui, on apprend que rien ou presque n'a été fait. Où sont les mesures de protection du style filet/grillage au-dessus des cours où peuvent aller les détenus?

Et on entend encore les mêmes revendications de la part du syndicat des gardiens. Ils veulent intensifier les fouilles et les mesures pour faire en sorte que les appareils cellulaires utilisés par de nombreux détenus soient saisis. C'est sans parler des drogues et autres articles de contrebande qui circulent presque librement dans les prisons.

Je leur souhaite d'avoir des réponses positives à leurs revendications pour efficacement faire leur travail. J'aimerais aussi qu'ils aient la volonté, les moyens et l'équipement pour intervenir lors d'évasions.

Parce qu'une séquence de six minutes provenant des caméras de surveillance d'une prison où les seules vedettes sont des détenus en cavale, c'est pour le moins inquiétant.

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